Moto GP
Publié le 9 octobre 2026 • 18:00 par André Lecondé

MotoGP, Pernat voit Bezzecchi laisser filer sa chance mais prévient Marquez : « Martin est difficile à battre »

Marquez déroule mais Carlo Pernat refuse d'enterrer Jorge Martin : le pilote Aprilia reste selon lui extrêmement difficile à battre.

Marquez

Marc Marquez a presque effacé à Motegi l’avance de Jorge Martin, mais Carlo Pernat refuse d’en conclure que le championnat est joué. Pour l’Italien, le pilote Ducati possède désormais la dynamique et une capacité presque étouffante à contrôler ses adversaires. Marco Bezzecchi aurait en revanche gaspillé une grande partie de ses chances avec ses trop nombreux résultats blancs. Reste Martin. Et celui-là, prévient Pernat, possède l’expérience d’un titre gagné, d’un autre perdu et désormais plus grand-chose à préserver.

Marquez ne gagne plus seulement : il contrôle

La manière impressionne presque davantage Carlo Pernat que les résultats. À Motegi, Marc Marquez a encore réalisé le maximum : Sprint et Grand Prix, soit 37 points qui ramènent son retard sur Jorge Martin de douze à seulement deux unités.

Mais Pernat observe surtout la façon dont le pilote Ducati construit désormais ses courses. « Il regarde qui est devant lui, il les dépasse avec une fluidité et une élégance remarquables, puis il prend une seconde d’avance. »

Ensuite commence ce qu’il décrit presque comme une torture chronométrique pour ses adversaires : huit dixièmes, puis 1,2 seconde, neuf dixièmes, 1,3… « Ça fait vraiment mal à ceux qui le poursuivent. » Marquez ne semble plus avoir besoin de s’échapper de plusieurs secondes. Il construit simplement la marge nécessaire puis la maintient. « Il gère tout », résume Pernat.

« Ce championnat était à la portée de Bezzecchi »

Son jugement devient beaucoup plus sévère lorsqu’il évoque Marco Bezzecchi. Avec 284 points contre 333 pour Martin et 331 pour Marquez, l’Italien n’est pas éliminé. Mais Pernat considère qu’il a déjà laissé échapper beaucoup trop d’occasions. « À mon avis, Bezzecchi et Aprilia avaient ce championnat à leur portée. »

Son raisonnement repose sur les cinq résultats blancs accumulés par le pilote Aprilia. Pernat estime que quatre proviennent directement de ses propres erreurs. Et dans un championnat aussi serré, c’est précisément ce qu’un prétendant au titre ne peut plus se permettre.

La frustration est d’autant plus grande qu’il ne remet absolument pas en cause la vitesse de Bezzecchi. La saison dernière, celui-ci avait profité de la deuxième moitié de championnat pour devenir le principal point de référence d’Aprilia. Il avait gagné, participé au développement de la RS-GP et démontré qu’il possédait le niveau nécessaire. Mais en 2026, il ne suffit plus d’être rapide. Il faut l’être sans disparaître cinq fois du tableau des points.

Bezzecchi doit désormais provoquer quelque chose

Pernat ne ferme pourtant pas complètement la porte. « Pas tout à fait non, mais pas tout à fait oui non plus », résume-t-il lorsqu’il évalue encore les chances de Bezzecchi. À 49 points de Martin et 47 de Marquez, sa situation exige désormais davantage que de simples podiums.

« Il doit gagner au moins un ou deux Grands Prix pour que la situation change. » Et surtout éviter un nouveau zéro. Car pendant que Bezzecchi doit désormais provoquer un retournement, Martin et Marquez peuvent encore construire leur championnat course après course.

C’est cette différence qui transforme progressivement un duel à trois en confrontation entre deux hommes.

Mais Martin n’est surtout pas battu

Et c’est ici que Pernat refuse de suivre ceux qui verraient déjà Marquez marcher vers le titre. « Martin est là. Et il va prouver qu’il est incroyablement fort. » L’argument est intéressant parce qu’il dépasse la simple vitesse de l’Aprilia.

Jorge Martin sait déjà ce qu’est une fin de championnat sous pression. Il a connu la défaite dans une bataille pour le titre avant de devenir champion du monde. Et sa situation contractuelle pour 2027 lui enlève également une partie des calculs internes qui peuvent parfois peser sur un pilote.

« Il n’a rien à perdre », estime Pernat sur GPOne. Puis vient son avertissement à Marquez : « Quand Martin est au sommet de sa forme, il est difficile à dépasser et difficile à battre. »

Mandalika pourrait immédiatement vérifier la théorie Marquez

Le calendrier ne laisse justement aucun temps pour digérer Motegi. Mandalika arrive dès le week-end suivant. Et le circuit indonésien pourrait offrir à Martin la meilleure occasion possible de répondre immédiatement au 37/37 de Marquez.

Dani Pedrosa estime que les premiers secteurs peuvent particulièrement convenir à l’Aprilia et Massimo Rivola reconnaît lui aussi que, sur le papier, Mandalika devrait être favorable à la RS-GP.

À l’inverse, Marc n’y a encore jamais terminé un Grand Prix MotoGP. La dynamique appartient donc clairement à Marquez. Mais le terrain suivant pourrait appartenir à Martin.

C’est précisément ce qui empêche Pernat de considérer les deux points séparant désormais les hommes comme le prélude à une formalité. Marquez a réussi quelque chose d’impressionnant : il a effacé presque toute l’avance de son adversaire.

Mais il lui reste désormais à accomplir quelque chose de différent. Battre Jorge Martin lorsqu’il n’a pratiquement plus rien à défendre et absolument tout à gagner. Et Mandalika pourrait déjà nous dire si Motegi marquait le basculement définitif du championnat… ou simplement le début de son véritable duel.

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