La perspective de voir disparaître l’un des monuments du calendrier mondial provoque une immense onde de choc dans le paddock. Invaincu sur ses terres de 2007 à 2012, le double champion du monde Casey Stoner ne masque pas sa colère face au remplacement annoncé de Phillip Island. C’est avec une franchise déconcertante que Casey Stoner a décidé de se battre pour préserver son jardin, ce temple de la vitesse, face aux projets modernes dont fait évidemment partie Adélaïde.
La passion unique des fans
Le rendez-vous australien dépasse le simple cadre d’une épreuve sportive et constitue un véritable pèlerinage pour des milliers de passionnés. Venues des quatre coins du pays au prix de trajets interminables, des foules compactes se pressent chaque saison autour de ce tracé surplombant l’océan. Pour l’ancien maître des lieux, le cadre majestueux et la dévotion du public font de cet événement une expérience irremplaçable dans le paysage motocycliste. L’ex-pilote rend un hommage appuyé à cette ferveur populaire : « Beaucoup de monde descend à Phillip Island pour le week-end. Ce n’est pas seulement la course en elle-même. C’est une expérience. C’est une magnifique région du monde, que je n’ai vraiment pu apprécier pleinement que lors de notre voyage il y a quelques années. On contemple l’océan et on se dit : « Waouh, cet endroit est tout simplement époustouflant« . C’est une région phénoménale. Les fans australiens parcourent des distances considérables. En Europe, un Grand Prix de MotoGP se fait généralement en quelques heures de moto. Alors qu’en Australie, si vous allez du Queensland jusqu’au Grand Prix, il faut compter plus de 20 heures de route. Voir autant de gens se rassembler à Phillip Island pour assister à ce spectacle, autour de ce qui est à mon avis le plus grand circuit de moto au monde, est fantastique, et j’admire leur engagement. » confiait-il à son compatriote Chris Vermeulen, comme le rapporte Crash.net.
La position ferme de Casey Stoner sur Phillip Island face aux tracés urbains
Remplacer ce chef-d’œuvre par un parcours tracé au cœur de la ville d’Adélaïde apparaît comme un non-sens absolu aux yeux du champion. Tout en reconnaissant la nécessité de moderniser les infrastructures vieillissantes des stands, l’Australien dénonce une dérive vers des circuits artificiels sans âme qui dénaturent la compétition. Déterminé à faire entendre sa voix, l’ancien pilote promet de mener un combat acharné pour maintenir ce rendez-vous historique au calendrier. L’ex-champion exprime toute sa consternation devant cette décision : « Quelle déception ! Franchement, je n’aurais jamais cru que Phillip Island serait retiré du calendrier. Je comprends que certaines choses doivent changer à Phillip Island. Il faut rénover un peu les stands et ce genre de zone. Et nous devons, je suppose, moderniser un peu l’événement, lui donner un peu plus de peps. Mais année après année, ce circuit offre certaines des courses les plus spectaculaires jamais vues. Retirer un tel événement du calendrier est donc très surprenant pour moi, et le remplacer par un circuit urbain ne me semble pas être une bonne idée. Le fait que Phillip Island ne figure pas au calendrier est extrêmement décevant pour moi et je me battrai pour qu’il y revienne. Mais vu les circuits sur lesquels ils roulent aujourd’hui, des trucs générés par ordinateur qu’ils posent simplement sur un bout de terrain, il ne fait aucun doute qu’ils apprécieront toujours celui-ci. » Ça pique.
La sécurité des pilotes en jeu
Au-delà de l’aspect historique et du spectacle offert lors des sessions, la question de la sécurité préoccupe au plus haut point le champion australien. Adapter les contraintes du MotoGP à un environnement urbain bordé de murs représente un danger mortel pour des pilotes dépourvus de la moindre carrosserie protectrice. Face à la recherche du show à tout prix, le spécialiste rappelle la réalité crue des chutes à haute vitesse sur deux roues. L’ancien pilote tire la sonnette d’alarme : « Nous sommes très clairs sur la sécurité dans le sport et sur les aspects souvent négligés au profit du spectacle. Et la vie de ces hommes est en jeu. Nous n’avons pas quatre murs autour de nous. Nous n’avons pas de cockpit. Dès qu’un problème survient, qu’on bloque un frein, généralement on tombe et ça peut devenir terriblement grave. »
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