Alors que le Shakedown de Sepang s’est achevé ce 1er février 2026, la stratégie de KTM pour aborder le « double chantier » (fin des 1 000 cc et naissance des 850 cc) se précise. Pit Beirer a choisi de ne pas spécialiser ses pilotes d’essai, mais de miser sur la complémentarité de leurs styles pour que la future RC16 850 cc soit la machine la plus polyvalente du plateau. Voici les piliers de cette méthode de développement croisé.
Pendant que le paddock se projette déjà vers 2027, KTM, lui, ne veut rien laisser au hasard. La saison 2026 sera la dernière sous l’ère des 1 000 cc avant le basculement vers les 850 cc. Résultat : double chantier, double pression… et une organisation millimétrée.
Le directeur de KTM Motorsport, Pit Beirer, l’a confirmé : Dani Pedrosa et Pol Espargaró ne seront pas répartis sur des projets distincts. Ils travailleront ensemble, simultanément, sur les MotoGP 2026 et les prototypes 2027.
« Nous les avons tous les deux sur les deux projets », explique Beirer sur crash.net. « Cela nous permet également d’utiliser le même test pour travailler sur les deux projets. »
Mais au-delà de la logistique, l’approche est stratégique : « il est vraiment important pour nous d’obtenir l’avis des deux parties. »
Et pour cause. Les deux pilotes d’essai ont des profils radicalement différents. Dani Pedrosa incarne la finesse, la précision chirurgicale. Pol Espargaró, lui, pousse la machine dans ses retranchements.
Pit Beirer KTM : « tout le monde ne peut pas rouler aussi souplement que Dani Pedrosa le souhaite »
Beirer détaille cette complémentarité : « il y a différentes choses qui sont super importantes pour Dani, et qui, selon nous, pourraient être utiles aux gars plus tard. »
« Et il y a des choses qui viennent de Pol, qui parfois pousse la moto un peu plus loin, mais cela se produit aussi en course de la part des pilotes. »
Puis il glisse une phrase révélatrice : « tout le monde ne peut pas rouler aussi souplement que Dani le souhaite. »
L’objectif ? Trouver l’équilibre parfait entre fluidité et agressivité. « Cette combinaison, qui confère à la moto la fluidité et la légèreté que Dani souhaite, tout en le rendant maniable sous une pression plus forte, me semble importante. Donc, cela est partagé entre eux deux. »
KTM avait déjà pris une longueur d’avance en testant sur piste son premier prototype 850 cc dès la fin de l’année dernière. Une manière d’envoyer un message clair : la marque autrichienne ne veut pas subir la transition réglementaire, elle veut la dominer.
En revanche, aucun joker n’est prévu pour 2026. Ces dernières saisons, Pedrosa et Pol Espargaró avaient disputé des Grands Prix en tant que pilotes invités, apportant des données précieuses en conditions réelles. Mais cette année, priorité au pragmatisme.
« Aucun joker n’est prévu pour le moment », précise Beirer. « Il n’existe actuellement aucun plan directeur concernant les éléments imprévus dans notre projet. »
Il insiste : « nous sommes tellement occupés et nous envisageons tout davantage à court terme. »
La décision se prendra au cas par cas : « si nous pensons que c’est bon pour le projet, parce qu’on a le circuit avec les pilotes et qu’on obtient des pneus supplémentaires grâce aux courses, on l’utilisera. »
« Mais si nous pensons qu’il est préférable de faire deux jours de tests, nous le faisons aussi. Donc, il n’y a pas de plan précis à ce sujet pour le moment. »
En clair, KTM avance en mode laboratoire permanent. Deux motos, deux cylindrées, deux visions de pilotage… mais une seule ambition : arriver en 2027 avec une base solide, cohérente, et prête à encaisser la révolution des 850 cc.
Dans cette transition technique majeure du MotoGP, ceux qui anticipent gagneront. KTM, manifestement, ne veut pas attendre que les autres tracent la route.
































