Les portes du palais sont grandes ouvertes pour accueillir le nouveau roi, et Fabio n’aura plus qu’à faire son choix pour 2021 entre les équipes officielles Honda, Yamaha, Ducati et Suzuki. KTM et Aprilia ont encore leur compétitivité à prouver. Courir pour une équipe d’usine est nettement mieux que pour un team satellite, c’est évident. Evident ? Pas si sûr. Voyons ici pourquoi.

Les teams officiels disposent de gros moyens financiers, avec le soutien d’énormes entreprises. Mais comparons les chiffres d’affaires des sociétés concernées par le top en MotoGP :

Chiffres d’affaire annuels :

Honda : 143,3 milliards d’U.S. dollars

Yamaha Motor : 12,3 milliards d’U.S. dollars (Yamaha Corporation est séparée)

Ducati : 731 millions d’euros (appartient au Groupe Volkswagen : 235,8 milliards d’euros)

Suzuki : 35,1 milliards d’U.S. dollars

Petronas : 62,2 milliards d’U.S. dollars

Dans ce domaine, l’équipe actuelle de Quartararo est largement aussi bien dotée que les autres. Ce ne sont pas les moyens qui manquent, ce qui est toujours positif pour avoir du bon matériel, des conditions de travail confortables et un gros salaire.

Direction de l’équipe :

De Luigi Dall’Igna à Massimo Meregalli, en passant par Shinichi Sahara et Davide Brivio, Tetsuhiro Kuwata et Alberto Puig, les quatre équipes d’usine ont des gens très compétents à leur tête. Mais dans ce domaine l’équipe Petronas Yamaha SRT n’est pas en reste avec Razlan Razali (Ahmad Razlan Ahmad Razali) qui est passionné de compétition moto et qui gère parfaitement ce team qui est la propriété du Circuit de Sepang (dont il est le directeur), qui appartient lui-même officiellement au Ministère des Finances malaisien, donc au Gouvernement.

Le team manager est l’ancien pilote Johan Stigefelt, qui en 2005 a créé son Stiggy Racing team, puis plusieurs autres dont le Caterham Moto Racing Team qui en 2014 fit courir Johann Zarco en Moto2. Le Suédois est un homme compétent et de grande expérience, tout comme le responsable des pilotes, l’ancien coureur néerlandais Wilco Zeelenberg. Celui-ci exerçait cette activité au sein de l’équipe officielle Yamaha. Plus exactement auprès de Jorge Lorenzo car Valentino Rossi n’avait besoin des conseils de personne. Une partie du succès de Fabio Quartararo et de Franco Morbidelli peut être attribuée à l’aide utile de Wilco Zeelenberg. A noter que toutes les équipes ne disposent pas dans ce domaine d’un homme aussi efficace. Les résultats de Fabio le prouvent, car n’oublions pas que c’est un rookie dans une équipe qui a débuté en catégorie MotoGP au début de cette année.

Exigences par rapport à l’usine :

Si Fabio veut une amélioration de sa moto en faisant partie d’un team d’usine, il risque d’attendre longtemps, comme Rossi et Viñales cette année. La réponse de l’usine est en général assez sommaire, du genre « toi tu pilotes et nous on s’occupe des motos. » Une équipe satellite a une réponse toute prête : « Nous on paie les motos et on exige une amélioration. Et si ça ne vous plait pas, on peut toujours acheter nos motos pour Quartararo chez un autre constructeur, qui sera enchanté. » C’est dit un peu brutalement, mais le sens y est.

Soutien populaire :

Il est important pour un pilote d’avoir beaucoup de fans, car ça augmente d’autant sa valeur marchande. La popularité ne dépend pas seulement des résultats, mais aussi du charisme, de la disponibilité par rapport aux spectateurs, du respect par rapport au milieu et de l’image en général, tant sportive qu’humaine.

La base de passionnés de courses de motos est actuellement gigantesque en Asie du sud-est par rapport à ce qu’elle est ailleurs dans le monde. Il se vend ainsi chaque année 5 millions de deux-roues motorisées rien qu’en Indonésie, contre par exemple 138 030 l’an dernier en Espagne. Rouler pour un team malaisien est donc 100% bénéfique pour El Diablo.

L’atout Yamaha :

Disposer d’une moto sur laquelle on se sent bien et avec laquelle on est performant est très important. Il faut mieux parfois éviter de changer de marque, comme l’ont constaté Jorge Lorenzo et Johann Zarco. Quartararo n’a pas toujours eu ce qui lui convenait le mieux, même si des équipes comme Honda Estrella Galicia et Leopard Racing jouissent en Moto3 d’une excellente réputation, tout comme Sito Pons et Speed Up en Moto2. Rossi par exemple a été bien content de revenir chez Yam.

Le risque Honda :

Disposer de la moto championne du monde dans l’équipe Repsol Honda serait à priori royal, mais être le coéquipier de Marc Márquez, sur une moto développée pour lui et qu’il connait par cœur, serait-ce une bonne idée ?

D’autre part, la mentalité Honda n’a pas fait que des heureux, et certains comme Valentino Rossi et Colin Edwards ont claqué la porte en s’estimant traités comme n’importe quel salarié de l’entreprise, et non en tant que champion ou pilote vedette. L’ego aussi a parfois son importance.

Un team dévoué :

Avoir une équipe à sa disposition est bien utile. Et le Team Petronas–Sepang y trouve largement son compte, car sans Fabio son meilleur résultat serait une des cinquièmes places obtenues par Franco Morbidelli cette année. L’Italien pointe à la dixième place du général, et Fabio y est donc pour beaucoup dans l’obtention du titre mondial de meilleure équipe indépendante. Pour la première saison de ce team en MotoGP, c’est un rêve qui se concrétise. Conserver son “Petit Prince” est donc une priorité.

Carré d’as :

Dans les quatre domaines essentiels de la compétition, l’équipe Petronas–Sepang dispose de solides atouts : le personnel du team est bon, tout comme la moto, la finance et l’engagement à long terme. On voit en F1, en particulier avec Lewis Hamilton, que Petronas est là pour jouer la victoire et est installé dans une spirale gagnante. Avant de s’engager pour un team d’usine, il y aura beaucoup de paramètres que Fabio devra considérer et peser avec soin.

Fabio Quartararo rookie de l’année.

Photos © Petronas–Yamaha–SRT et Quartararo perso

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