Fabio Quartararo a encore fait illusion en 2025. Encore une fois, le Français a porté Yamaha à bout de bras, masquant les failles d’une M1 Inline devenue pratiquement inutilisable en bagarre. Et cette fois, ce n’est pas un observateur extérieur qui le dit, mais Jack Miller, pilote Yamaha lui-même, passé par Honda, Ducati et KTM.
Son verdict est sans appel : le talent de Quartararo est hors norme… mais la moto rend la course “quasiment impossible”. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Quartararo termine la saison huit places devant le deuxième meilleur pilote Yamaha, Jack Miller. Il est le seul pilote M1 à être monté sur un podium, à avoir frôlé la victoire en Grande-Bretagne et empilé les exploits le samedi. Cinq pole positions. Troisième du BMW Award, derrière les Ducati des frères Marquez.
Pendant ce temps-là : Miller, meilleur résultat 4e, Rins : 7e, Oliveira : 9e. Et pourtant, Miller n’est pas tendre avec lui-même. Il sait très bien où se fait la différence. Miller ne tourne pas autour du pot : « Fabio Quartararo est exceptionnel. Sur un tour, son talent est indéniable. »
Un compliment ? Oui. Mais aussi un aveu terrible pour Yamaha. Car selon l’Australien, le problème n’est pas le pilote. Le problème, c’est la moto. « C’est juste dommage que la moto n’ait pas été très agréable à piloter. » Quartararo fait donc des miracles… sur une machine qui refuse le combat.

Jack Miller regrette une Yamaha incapable de se battre
Le constat de Miller est brutal, presque clinique : « ce n’était pas très convivial lorsqu’on était en groupe. » La M1 Inline 2025 ne supporte pas les changements de trajectoire, les attaques tardives, la défense en entrée de virage.
« Elle n’apprécie pas. C’était impossible » insiste « JackAss » sur crash.net. Impossible de freiner plus tard. Impossible de fermer la porte. Impossible de tenter une attaque propre.
« Si vous voulez tenter une passe, c’est quasiment impossible, sauf en cas d’erreur. » Autrement dit : Quartararo devait attendre que les autres se trompent. Le drame d’un talent sans armes.
Miller va plus loin, et touche le cœur du problème : « compte tenu de ses qualifications, s’il avait eu une moto avec laquelle il aurait pu mieux se battre ou se défendre, cela lui aurait facilité grandement la tâche. »
Voilà tout le drame de Quartararo version 2025 : un tueur du samedi, désarmé le dimanche. Un pilote capable de faire la pole… mais condamné à regarder les Ducati s’échapper dès le premier tour.
Ce constat n’est pas anodin. Miller a tout vu : Honda, Ducati, KTM, et maintenant Yamaha. Son regard est précieux. « C’est intéressant de voir les données de Fabio. De comprendre ce qu’il fait différemment. » Et ce qu’il voit est clair : Quartararo fait des choses que la moto ne lui rend pas.
Valence 2025 a marqué la dernière apparition de la Yamaha Inline M1. En 2026, le V4 arrive. Et à entendre Miller, il était temps.
Car une chose est certaine : Fabio Quartararo n’a pas perdu son talent. C’est Yamaha qui l’a privé de ses armes.
La vraie question désormais est simple, et explosive : combien de victoires Quartararo aurait-il déjà gagnées avec une moto capable de se battre ?
Et surtout… que se passera-t-il quand ce talent débordant aura enfin une Yamaha faite pour la course, pas pour survivre ?
































