pub

Ce n’est rien de dire que l’offensive Ducati, en termes de développement dans des domaines autorisés par un règlement que ses concurrents n’ont apparemment pas vraiment pris la peine de lire, a courroucé. Honda, KTM, et un peu Aprilia ont tenté de remettre en cause la stratégie comme la légitimité des hommes de Borgo Panigale, en arguant que toutes leurs avancées ne serviraient jamais la cause de la série. Une argumentation de désespérés et de vaincus acculés qui est aussi une pente glissante. Car parmi les contestataires, certains ont imposé des évolutions coûteuses qui ne se retrouvent pas le moins du monde dans leurs motos dans les concessions. Alors que chez Ducati, le lien entre la compétition et les machines de sa gamme n’a jamais été aussi fort et évident.

On pourrait aussi arguer que le MotoGP concerne des prototypes qui, par définition, n’ont rien à voir avec des machines dérivées de la série, que sont les Superbikes qui s’égayent dans une catégorie dédiée. Alors pourquoi amener le débat de la défaite technique sur le terrain de la moto de la gamme ? Mais relevons tout de même les critiques à l’encontre de Ducati pour y répondre aussi clairement que possible à travers cette intéressante étude menée par motorsport-total.

Pour commencer, on peut avancer qu’aucun autre constructeur n’a introduit de nouvelles technologies dans la production en série plus rapidement que Ducati ces dernières années. La 1098R a été la première moto de route à être dotée d’un contrôle de traction. La Panigale V4R a apporté des ailerons de style MotoGP à la série. Par ailleurs, il n’y a pas de lien plus étroit entre les moteurs MotoGP et Superbike chez aucun autre fabricant. Avec la Panigale V4, Ducati n’utilise pas seulement le même concept de moteur que dans les courses de Grand Prix… Les Italiens sont aussi les seuls parmi les constructeurs à proposer à leurs clients le même contrôle des soupapes qu’en MotoGP. Dans les modèles Panigale, les soupapes sont contrôlées par le système desmodromique, qui permet également des régimes moteur élevés dans la Desmosedici.

Ducati

Ducati : « nous transférons beaucoup de choses à nos motos sportives« 

Cependant, Ducati n’a pas encore été en mesure d’introduire d’autres points forts techniques, tels que la boîte de vitesses « seamless » ou le châssis réglable en hauteur, dans la production en série. « Il ne faut jamais dire jamais. Des choses qui semblent désormais impossibles à transférer dans la série pourraient être possibles dans les années à venir. Cependant, il y a certaines choses qui sont difficiles à utiliser dans la série », note le directeur technique Ducati Davide Barana. « Cela inclut également les freins en carbone, qui nécessitent des températures élevées pour fonctionner correctement. Il est difficile de maintenir ces températures sur la route », explique Davide Barana.

Mais l’ingénieur ajoute : « dans le cas de l’aérodynamique, en revanche, nous pouvons transférer de nombreux développements. Il en va de même pour le moteur. Il y a quelques années, nous avons présenté le moteur V4, qui vient directement du moteur de course. Nous transférons beaucoup de choses à nos motos sportives », explique l’ingénieur Ducati.

Mais il n’y a pas que le transfert de technologies qui intéresse Ducati. Les Italiens utilisent également le MotoGP pour former leurs ingénieurs… « L’expérience de la course est très importante pour Ducati afin de transmettre une méthode de travail méthodique. Nous formons des ingénieurs. Il y a un grand échange avec les ingénieurs du département course et vice versa », explique Davide Barana. « Le responsable du développement des modèles de production est un bon collègue et ami avec qui j’ai travaillé pendant dix ans au service course. Nous échangeons des idées et nous soutenons très régulièrement. C’est très important pour une entreprise comme Ducati, qui n’est pas aussi grosse que les Japonaises », termine le manager de Ducati.

Un dernier argument qui confirme le discours sur la méthode fait par Davide Brivio qui explique la révolution que Ducati en particulier et les Européens en général ont produit ces dernières années en MotoGP, laissant non seulement les Japonais à l’arrêt sur le bord du chemin, mais prenant aussi de vitesse des concurrents du même continent. De ceci, nous en reparlerons bientôt…

Ducati

Tous les articles sur les Pilotes : Francesco Bagnaia

Tous les articles sur les Teams : Ducati Team