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Entre le Grand prix MotoGP de Thaïlande et celui du Brésil, Raul Fernandez a rencontré les deux compères de la chaîne Youtube Fast & Curious, non seulement pour expliquer ses très bons résultats à Buriram, mais aussi pour évoquer la saison à venir…

A Buriram, le pilote Trackhouse MotoGP Team est monté deux fois sur le podium, dans le sprint et le Grand Prix. Pour autant, il n’attribue pas cela à l’Aprilia elle-même mais plutôt à une combinaison de facteurs qu’il détaille dans cet entretien.


Nous sommes ici avec Raul Fernandez. Quel week-end incroyable en Thaïlande ! Comment l’as-tu vécu ? On peut dire que c’était l’un de tes meilleurs week-ends en MotoGP.
« Oui, il y en a eu quelques autres bons, mais l’idée en Thaïlande était surtout de voir où nous en étions réellement. Ce n’est pas un secret : depuis la chute au Portugal l’an dernier, je m’étais blessé à l’épaule et il fallait vérifier comment elle allait réagir.
Tout vient d’une bonne pré-saison. Cette fois, il n’y a pas eu de complications, contrairement aux deux années précédentes où mes pré-saisons avaient été difficiles, ce qui conditionnait toujours le début de championnat. Nous nous sommes donc concentrés sur une préparation solide.
Je n’arrivais pas encore à trouver le bon feeling avec la moto avec le pneu tendre, mais quelque chose s’est débloqué le vendredi. C’était une journée un peu étrange, mais nous avons trouvé des solutions. En analysant les données et en essayant de changer un peu notre approche mentale, tout s’est débloqué.
Le samedi, quand je suis sorti en piste, tout fonctionnait bien. La moto allait bien, je me sentais bien physiquement et j’ai décidé de terminer la course coûte que coûte, parce que c’était important de marquer des points et de bien commencer une saison qui va être très longue. Finalement, le résultat a été encore meilleur que ce que j’espérais. »

On a vu que c’était la meilleure performance des Aprilia lors de cette première course. Penses-tu que vous pourrez maintenir ce niveau toute la saison ?
« Je pense que oui, parce que ce n’est pas vraiment un circuit qui correspond naturellement à l’Aprilia. L’an dernier, la moto y avait déjà bien fonctionné, mais ce n’est pas un tracé qui lui est particulièrement favorable. Cela montre que la moto a beaucoup progressé.
Quand je suis arrivé dans le projet il y a trois ans et demi, la situation était très différente. Aujourd’hui tout semble fonctionner, mais le processus a été très dur. L’évolution de la moto au cours de la dernière année et demie a été énorme. C’est incroyable de pouvoir à nouveau ressentir la moto comme compétitive, de pouvoir la piloter comme nous le souhaitons, et la gestion des pneus s’est énormément améliorée.
L’arrivée de Fabiano a été très importante pour Aprilia. Cela a marqué un moment clé dans le développement. »

On a l’impression que l’Aprilia a fait un grand bond en avant. Dans quels domaines la moto s’est-elle le plus améliorée ?
« Avant, la moto fonctionnait surtout dans le froid, sur des circuits comme Phillip Island ou Valence. Maintenant elle est aussi compétitive dans la chaleur, ce qui était un problème auparavant. Nous devons encore aller à Sepang, qui reste un circuit difficile pour nous, mais même dans ces conditions la moto a montré qu’elle pouvait être compétitive.
Tout le monde a apporté sa contribution. À partir du milieu de la saison dernière, Marco et moi avons eu plus de responsabilités dans le développement, notamment parce que Jorge n’était pas là. Nous avions des commentaires très similaires et nous pilotions la moto d’une manière assez proche, ce qui a permis de faire évoluer la machine dans une direction plus facile à exploiter.
Avant, c’était une moto très critique, qui ne fonctionnait que sur certains types de circuits avec des virages très fluides. Aujourd’hui elle fonctionne beaucoup mieux sur les circuits avec de gros freinages et des accélérations fortes. C’est là que la moto a vraiment progressé.
Depuis que je suis arrivé dans le projet, je voyais que la moto avait du mal à préserver les pneus en fin de course et que nous étions un peu limités en électronique. Depuis la moitié de l’an dernier, nous avons beaucoup travaillé sur ces aspects : l’électronique, la gestion de l’usure des pneus et surtout la facilité de pilotage. L’objectif était d’avoir une moto plus facile à exploiter pour tous les pilotes.
En parallèle, Aprilia a fait un travail incroyable, notamment sur l’aérodynamique. Ils passent énormément de temps dans la soufflerie à chercher des gains infimes, mais ce sont ces petits détails qui font la différence. »

Ta situation a aussi beaucoup changé : tu te bats maintenant avec les meilleurs pilotes. Cela doit être un grand changement…
« Oui. Je l’ai déjà dit vendredi et samedi matin : même si j’ai été compétitif à la fin de la saison 2025, il manquait encore certains pilotes, comme Marc ou Jorge. J’ai encore beaucoup à apprendre.
Je ne suis pas candidat au titre. Notre objectif est d’être régulièrement dans le top huit et, si une opportunité se présente comme l’autre jour, d’en profiter. Mais il me manque encore de l’expérience.
C’est tout de même spécial pour moi de me battre avec des pilotes comme Marc. Quand j’étais enfant, je le regardais à la télévision. Quand nous courions en petites catégories, nous le regardions déjà. Maintenant se battre en piste avec lui, avec Maverick ou avec les autres, c’est une sensation étrange.
Avec Marc, je n’avais jamais vraiment pu me battre auparavant, parce qu’au moment où j’ai commencé à être compétitif il a eu sa blessure. L’autre jour, me retrouver à lutter pour le podium avec lui m’a un peu impressionné, mais c’était aussi très beau. »

Pourquoi ne te considères-tu pas comme un candidat au titre ? De l’extérieur, on voit que tu as une bonne moto, un bon team, de la confiance…
« Je préfère rester discret. Ce n’est pas une question de pression, c’est simplement que je pense qu’il me manque encore une dernière étape. Je n’ai pas encore fait de pole position en MotoGP, je n’ai pas encore gagné une sprint. Il me manque encore certaines choses avant de penser à me battre pour un championnat.
Pour moi, les candidats au titre sont Bezzecchi, Márquez, Pedro… Je les vois encore un peu plus complets que moi aujourd’hui. Ils doivent être la référence, et nous devons être le pilote qui peut parfois venir se mêler à la lutte. »

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