Il n’a pas mâché ses mots. Depuis le bord de piste à Sepang, Jorge Lorenzo a livré un constat sans détour : Ducati aurait franchi un nouveau cap avec la GP26. Et pour les adversaires, ce n’est pas une bonne nouvelle.
Alors que Ducati a déjà écrasé la saison 2025 avec 17 victoires en 22 Grands Prix et un titre mondial décroché par Marc Marquez, certains espéraient voir la concurrence réduire l’écart. Après trois jours d’essais à Sepang, le triple champion du monde MotoGP semble doucher ces espoirs.
« Eh bien, malheureusement, il semble que Ducati ait clairement fait un pas en avant, un grand pas en avant. »
Lorenzo, aujourd’hui proche du clan KTM et préparateur de Maverick Viñales, a observé la GP26 sous tous les angles. Et ce qu’il a vu l’a marqué.
« Vue de la piste, dans les virages, on voit que la Ducati est incroyablement fluide, incroyablement stable, surtout en sortie de virage. Elles sont tellement fluides à l’angle maximal, avec 20 % d’accélération, mais aussi lorsqu’elles accélèrent, elles conservent cette fluidité pendant longtemps. »
Le mot est lâché : fluidité. Là où les autres machines paraissent plus agitées, plus instables, la Desmosedici semble posée, basse, collée à l’asphalte. « En revanche, les autres motos semblent un peu plus nerveuses » confirme « Por Fuera ».
Et les chiffres confirment cette impression visuelle : Alex Marquez, Francesco Bagnaia et Marc Marquez ont tous signé des simulations de sprint solides, constantes, presque chirurgicales.
Jorge Lorenzo : « ils ont amélioré le dispositif arrière au départ, mais aussi en sortie de virage, il semble très bas, extrêmement bas »
« Alex, Marc et Pecco ont réalisé une excellente simulation de sprint, vraiment excellente » rappelle Lorenzo qui va plus loin sur crash.net en analysant la technique.
« D’après ce que j’ai pu constater, ils ont amélioré le dispositif arrière au départ, mais aussi en sortie de virage, il semble très bas, extrêmement bas, ce qui contribue certainement à l’accélération et évite les wheelings. »
Et à l’avant ? « Nous avons également remarqué de très grands ailerons à l’avant de la moto, presque comme sur une Formule 1, et cette force d’appui contribue grandement à maintenir la moto très stable à l’accélération. »
Autrement dit : Ducati maximise l’appui, limite le cabrage, optimise la traction. Résultat : une moto qui accélère plus fort, plus proprement, plus longtemps.
Lorenzo tempère à peine : « c’est aussi un seul circuit, peut-être que nous pouvons nous rapprocher et qu’Aprilia peut se rapprocher également. Cela change tellement d’un circuit à l’autre… »
Il reconnaît que Aprilia « n’est pas si mal » et que Honda a « fait un très bon pas en avant ». Mais le ton est clair.
« L’année dernière, Ducati n’a quasiment rien amélioré, alors ils ont continué à travailler pour cette année, et d’après ce que je vois sur cette piste, ils ont clairement fait un pas en avant. »
Le message est brutal : si la GP25 était déjà dominatrice malgré ses irrégularités, la GP26 pourrait bien être la version aboutie de cette supériorité.
Et si Sepang n’est qu’un circuit, il donne parfois le ton d’une saison. Pour 2026, le signal est limpide : battre Ducati ne sera pas seulement difficile. Ce sera peut-être un exploit.
































