À Buriram, tout le monde a regardé les chronos. Presque personne n’a regardé… les casques. Et pourtant, un détail inhabituel sautait aux yeux pour qui observait attentivement la forme des coques ou l’absence de certains logos. Plusieurs pilotes ont roulé avec des casques « camouflés » en raison de la nouvelle homologation FIM 2 devenue obligatoire en 2026. Parmi les cas les plus visibles : Francesco Bagnaia, Enea Bastianini et Diogo Moreira…
Aucune rupture de contrat. Aucun divorce avec les sponsors. Mais une réalité réglementaire implacable : les modèles prévus dans leurs accords n’étaient pas encore officiellement homologués selon la nouvelle norme FIM 2.
Résultat : Bagnaia, sponsorisé par Suomy, utilisait un casque attribué à Alpinestars. Bastianini, lié à KYT, roulait avec un modèle ressemblant fortement à un Arai. Moreira, lui aussi sponsorisé par KYT, semblait porter un Shark.
Les livrées étaient conservées pour ne pas créer de choc visuel, mais la coque racontait une autre histoire.
À partir de cette saison, la Fédération Internationale de Motocyclisme impose exclusivement des casques homologués selon la norme FIM 2.

Le mystère des casques « trompe-l’œil »
Et cette norme n’est pas un simple ajustement administratif. Elle introduit des tests d’impact plus sévères, des limites abaissées concernant la force transmise au cerveau, une attention particulière à l’accélération rotationnelle, désormais considérée comme un facteur majeur des traumatismes crâniens, des contrôles renforcés sur le système de verrouillage de la visière et un code QR unique pour chaque casque, enregistré et traçable … Après une chute importante, le casque est immédiatement marqué comme « endommagé » et ne peut plus être utilisé. Finies les marges d’interprétation.
Pour les fabricants, la transition vers FIM 2 représente un défi technique et logistique majeur. Chaque modèle doit passer une procédure d’homologation complète et être enregistré officiellement avant d’être autorisé en piste. Le moindre retard bloque l’utilisation. En pleine saison. En MotoGP.
Les pilotes concernés ont donc dû s’adapter en urgence, parfois en changeant de fournisseur technique tout en maintenant une cohérence visuelle avec leurs sponsors.
Ce week-end en Thaïlande a été scruté pour ses bouleversements sportifs. Pourtant, ce sont peut-être les casques qui symbolisent le mieux l’évolution actuelle du MotoGP : une discipline où la sécurité devient ultra-scientifique, presque chirurgicale.
Dans un championnat où les motos dépassent les 350 km/h, la moindre amélioration dans la gestion des impacts peut faire la différence entre une simple chute… et un traumatisme grave.
Les fans ont vu Aprilia dominer. Ils ont vu Ducati vaciller. Ils ont vu Yamaha souffrir. Mais en coulisses, une autre révolution était déjà en marche. Invisible, obligatoire. Irrévocable.

























