Depuis la fin de saison dernière, le quintuple champion du monde Jorge Lorenzo a pris en charge la préparation sportive du pilote MotoGP Maverick Vinales, et les deux hommes vont vivre ce week-end en Thaïlande le premier résultat concret de leur collaboration. Que faut-il attendre de cette association ?
La réponse est évidemment difficile puisque le pilote Red Bull KTM Tech3 a dû se remettre d’une grave et longue blessure, mais peut s’appuyer sur les déclarations du Catalan, ainsi que sur ses chronos lors du test à Buriram.
Maverick Vinales a passé tout l’hiver à se préparer physiquement, mentalement, et même sportivement au guidon de motos de série, sur des circuits ou des parkings. Un programme dur mais nécessaire, ne serait-ce que pour créer une rupture avec 2025, sisons dans laquelle il n’a pu inscrire que 72 points, terminant 18e du championnat.
Et cela semble avoir fonctionné, puisque dans un premier temps Top Gun a brillamment passé le test à Sepang, concluant en 9e position à 0,724 seconde d’Alex Marquez, mais juste 10 millièmes derrière Pedro Acosta, le chef de file incontesté de l’usine KTM !
À Buriram, en Thaïlande, dans une interview croisée avec son nouveau coach, le pilote de 31 ans a répondu à quelques questions pour le site officiel MotoGP.com.
J.L. : Es-tu totalement remis de ta blessure
?
M.V. : « Pour la moto, oui. Nous nous sommes bien entraînés,
donc je dirais oui. Pour la vie quotidienne, il me faudra encore
quelques mois. Ce que je ressens, c’est qu’après trois mois de
travail ensemble, il est clair que je n’exploitais pas tout ce que
je pouvais pour révéler ou atteindre mon talent maximal. Mon
engagement a toujours été de 100 % pour le MotoGP. Mais
aujourd’hui, je dirais que c’est 150 %. »
J.L. : Je pense que
Buriram sera l’épreuve du feu. Si nous passons Buriram, nous
pourrons durer un peu plus longtemps. Buriram sera notre véritable
test…
M.V. : « Buriram, c’est trop tôt… »
J.L. : Alors, quelle sera l’épreuve du feu pour toi
?
M.V. : « Jerez. »
J.L. : Jerez ?
Nous verrons à Jerez. Qu’est-ce qui t’a poussé à t’engager
totalement pour viser le titre ? Ton objectif est à moyen terme,
n’est-ce pas ? Qu’est-ce qui a provoqué ce déclic
?
M.V. : « Oui. D’abord, l’ambition et le désir de remporter le
titre. C’est essentiel pour moi. Ensuite, j’ai un rêve depuis
l’enfance. Et surtout, je crois que je peux y parvenir. Mais pour
cela, j’ai besoin des bons outils. En travaillant avec toi, je
pense avoir ces outils. »
J.L. : As-tu le sentiment de jouer la dernière
carte de ta carrière ?
M.V. : « Non. Je ne fais que commencer. »
J.L. : Mais en termes d’années, combien t’en
reste-t-il ?
M.V. : « Beaucoup ! »
J.L. : Tu pourrais continuer jusqu’à 42 ans
?
M.V. : « Probablement. »
J.L. : Comme Valentino
?
M.V. : « Physiquement, je me sens extrêmement fort.
Mais qu’est-ce qui t’a le plus impressionné chez moi ? »
J.L. : Ta capacité naturelle à comprendre les choses et à
les assimiler très rapidement.
M.V. : « Et que dois-je
améliorer ? »
J.L. : L’aspect mental. Ta manière de croire en
certaines choses, que tu dois aborder plus positivement. Et lorsque
tu rencontres des difficultés, la façon dont tu te parles à
toi-même.
M.V. : « Quel conseil
me donnerais-tu pour le début de saison
? »
J.L. : Nous avons beaucoup travaillé, nous avons
progressé. Mais au départ, il ne faut pas trop réfléchir. C’est
l’instinct qui te mènera plus ou moins loin.
Mais après l’espoir engendré par le premier test 2026 en Malaisie , celui de deux jours en Thaïlande a apporté son petit lot de modération, aussi bien en chrono pur qu’en rythme de course.
Si le numéro 12 n’est qu’à 0,872 seconde de Marco Bezzecchi, il n’apparaît cette fois qu’au 15e rang du classement combiné, concédant plus d’une demi-seconde à Pedro Acosta, et même 0,174s à Brad Binder.
Maverick
Vinales a expliqué, devant la presse : « J’étais plus
lent que prévu. Avant les essais, je m’attendais à être bien plus
près des premières places. Mais la réalité est différente et
complexe, ce qui est sans doute aussi dû au circuit. Les conditions
d’adhérence étaient telles que j’ai sollicité le pneu arrière plus
que je ne l’aurais souhaité.
Le deuxième jour, j’ai effectué une simulation de course complète
de 26 tours, et à partir du 15e tour, le pneu arrière était usé et
surchauffait. Lors de la simulation de sprint, c’était mieux, et
j’ai encore réussi à réaliser des chronos inférieurs à 1’30 au tour
aux 10e et 11e tours. Je n’ai pas l’impression d’avoir terminé la
préparation ; je pense qu’une journée supplémentaire m’aurait été
bénéfique, mais c’est terminé.
Lors des essais de Sepang, j’ai rapidement identifié les points à
améliorer, notamment mon propre style de pilotage. Depuis, nous
n’avons pas vraiment progressé, et cela me concerne aussi. J’ai
besoin de plus de temps pour exploiter pleinement le potentiel de
ma moto actuelle. »
Maverick Vinales nous a déjà gratifié de brusques changements d’humeur par le passé. Souhaitons que cela ne soit pas le cas en 2026, et que grâce à l’apport de Jorge Lorenzo, il continue à progresser au guidon de sa RC16…

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