Pour sa première vraie confrontation avec le tracé de Buriram en MotoGP, Toprak Razgatlioglu a vécu une journée d’essais particulièrement déroutante. Avant-dernier au classement et relégué à plus de deux secondes du meilleur chrono, le pilote Yamaha Pramac ne s’est pas focalisé sur le temps au tour, mais sur un phénomène technique qu’il juge inédit dans sa carrière.

Quand la Yamaha de Razgatlioglu patine étrangement en ligne droite
Le triple champion WorldSBK, Toprak Razgatlioglu une réalité radicalement différente en MotoGP 2026, notamment en matière de comportement du pneu arrière et de gestion de la traction sur les longues lignes droites thaïlandaises. Un contraste qui complique fortement son adaptation à la M1 et à l’environnement technique du championnat.
Le point le plus troublant pour le pilote turc concerne la perte d’adhérence en pleine accélération, même lorsque la moto est parfaitement droite. Un comportement inhabituel pour un pilote issu du Superbike, où ce type de phénomène est beaucoup plus rare.
Toprak Razgatlioglu s’est montré très clair sur ses sensations : « Je ressens des sensations différentes de celles de Sepang, mais j’essaie simplement de m’adapter à ce circuit. La dernière fois que j’ai couru ici, c’était en 2019 avec les Superbikes, mais la grande différence pour moi ne réside pas seulement dans la moto, mais aussi dans les pneus, qui sont très différents. »
Ce patinage en ligne droite l’a particulièrement surpris, au point de remettre en question ses repères de pilotage. « C’est la première fois de ma vie que je vois une moto glisser en ligne droite. Cela me paraît très étrange », a-t-il admis, encore perplexe face à ce comportement inhabituel observé après plusieurs tours.
Habitué aux pneus Pirelli en WorldSBK, Razgatlioglu doit désormais apprivoiser des gommes Michelin bien plus sensibles à la dégradation et aux conditions de piste. Sur l’asphalte abrasif et chaud de Buriram, cette différence devient un facteur déterminant.
Le pilote Yamaha ne cache
pas sa difficulté à comprendre ces pneus : « J’essaie encore de
comprendre les Michelin, alors que les autres pilotes savent les
utiliser. »
Il insiste également sur le rôle central du pneu arrière dans ses
difficultés actuelles : « Le plus gros problème, c’est le pneu
arrière, que j’ai encore beaucoup de mal à comprendre. Une fois
qu’il commence à glisser, il ne s’arrête plus. »
Selon son ressenti, l’usure n’affecte pas seulement les phases en courbe mais aussi l’adhérence en ligne droite, un comportement inhabituel même pour un pilote expérimenté. « Sur une piste avec une faible adhérence comme celle-ci, ça va au début avec des pneus neufs. Mais ensuite, le pneu commence à s’user et à patiner en ligne droite. C’est très bizarre », a-t-il expliqué.
Au-delà des pneus, Toprak Razgatlioglu travaille intensivement sur l’ergonomie de la Yamaha M1 afin de mieux l’adapter à sa morphologie et à son style de pilotage très spécifique. Des ajustements sur le guidon et la hauteur de selle sont actuellement à l’étude dans le box Pramac.
« Je vais revenir au guidon. Quant à la selle, je ne suis pas encore sûr. Demain, je réessayerai les deux, la plus haute et la plus basse », a-t-il précisé, soulignant une phase de mise au point encore loin d’être finalisée.
Fait notable, le pneu avant n’est pas sa principale source d’inquiétude. « Le pneu avant n’est pas mon plus gros problème ; je le gère bien maintenant, je le sens. Il est parfait au freinage, mais je ne penche pas comme les autres pilotes », a-t-il confié, révélant un manque de confiance persistant à l’angle.
Malgré ce classement modeste, Toprak Razgatlioglu garde une approche méthodique. Plutôt que de viser le chrono à tout prix, il privilégie la compréhension des fondamentaux de la moto et des pneus :
« Maintenant, la moto fonctionne bien, elle s’améliore de jour en jour. Le plus gros problème, ce sont les pneus », a-t-il résumé, conscient que son adaptation au MotoGP passera avant tout par la maîtrise des Michelin et des spécificités de circuits exigeants comme Buriram.»






















