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Il fut le héros de Borgo Panigale, l’homme des titres 2022 et 2023, celui qui avait replacé Ducati au sommet du MotoGP. Pourtant, en l’espace d’une saison, tout semble avoir basculé pour Francesco Bagnaia. L’arrivée de Marc Marquez en 2025 a changé la hiérarchie interne… et peut-être définitivement redéfini l’avenir de l’Italien.

Car au-delà des résultats, c’est désormais une question de respect, voire de “mépris”, qui plane sur la relation entre Bagnaia et Ducati.

Sur le papier, 2025 devait être un duel d’anthologie entre les deux champions. Dans les faits, ce fut un cavalier seul de Marquez. Onze victoires en Grand Prix, un septième titre mondial décroché avec cinq manches d’avance… pendant que Bagnaia ne remportait que deux courses et terminait cinquième du championnat.

À 29 ans, l’Italien n’a jamais trouvé la clé de la GP25. Il s’est plaint à répétition du comportement de la moto, multipliant les discussions techniques avec ses ingénieurs. Ducati a tenté de réagir, allant jusqu’à intégrer des éléments de la GP24 sur sa machine, mais rien n’y a fait : cinq abandons lors des six dernières courses ont scellé une saison cauchemardesque.

Dans le paddock, les murmures ont pris de l’ampleur. Luigi Dall’Igna aurait laissé entendre que Ducati en avait « marre » des contre-performances de Bagnaia. Une phrase lourde de sens dans un environnement où la performance est reine.

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La claque à Ducati : « les contrats sont déjà signés, et la principale motivation des pilotes qui quittent une usine, c’est le mépris »

Le tournant semble s’être confirmé à Sepang. Dans le podcast Paddock Pass, le journaliste David Emmett a livré une analyse explosive :

« C’est précisément le point crucial, les contrats, ou du moins c’est ce que j’ai compris en parlant avec des gens à Sepang, les contrats sont déjà signés, c’est déjà réglé. »

Il poursuit : « en gros, tous les guidons d’usine sont pris, donc il n’y a plus de place. Cela signifie donc que soit Pecco Bagnaia pilotera une autre moto d’usine, soit il sera sur une Ducati, peut-être une Gresini ou une VR46, quelque chose comme ça. »

Autrement dit : Ducati aurait déjà avancé ses pions pour 2027, et pas autour de Bagnaia.

Neil Morrison intervient alors avec une question lourde de sous-entendus :

« Mais pensez-vous qu’il va accepter de rejoindre une équipe satellite après avoir remporté deux championnats du monde et d’être ensuite mis à l’écart par l’usine ? »

Emmett enfonce le clou : « pour moi, c’est précisément la raison pour laquelle il ne sera pas chez VR46 et ne pilotera pas une Ducati. De plus, la principale motivation des pilotes qui quittent une usine, c’est le mépris. Ils ont le sentiment de ne pas avoir été traités avec le respect qui leur est dû. »

Et il conclut sans ambiguïté : « et pour moi, c’est certain, Pecco Bagnaia n’a pas le sentiment d’avoir été traité avec respect par Ducati, et ce, à juste titre. Je pense donc qu’il est parti ailleurs. »

Dans les faits, la priorité de Ducati semble claire : Marc Marquez. Les négociations pour 2027 ont débuté avec l’Espagnol avant même que Bagnaia ne soit sécurisé. Un signal fort.

Si Pedro Acosta rejoint bien l’équipe officielle en 2027, comme les rumeurs persistantes l’indiquent, la porte se refermerait définitivement pour Bagnaia à Borgo Panigale.

Rejoindre une équipe satellite comme VR46 ? Le double champion du monde aurait déjà écarté cette option. L’orgueil et le statut pèsent lourd après deux titres en catégorie reine.

Les alternatives existent. Aprilia Racing chercherait un pilote de pointe si Jorge Martin venait à partir, tandis que Yamaha Factory Racing surveille le marché dans sa quête d’un successeur crédible à Fabio Quartararo.

Jorge Lorenzo aurait d’ailleurs suggéré à Bagnaia de considérer Aprilia, estimant que le projet de Noale pourrait lui offrir un nouveau départ loin de l’ombre de Marquez.

Ironie du sort : Ducati s’est dit satisfait des essais de présaison 2026, Bagnaia se déclarant plus à l’aise sur la GP26. Mais dans ce sport, la technique ne fait pas tout. Le facteur humain compte tout autant.

Ce qui se joue dépasse la simple performance. Lorsque la confiance se fissure entre un pilote et son usine, la rupture devient souvent inévitable.

Bagnaia a offert deux titres à Ducati. Ducati lui a offert la meilleure moto du plateau. Mais l’arrivée de Marquez a changé l’équilibre interne, et peut-être la perception qu’a l’usine de son propre leadership.

Si le sentiment de “mépris” est réel, comme le suggèrent certains observateurs, alors 2026 pourrait être la dernière saison d’un duo qui aura pourtant marqué l’histoire moderne du MotoGP.

Et en 2027, Pecco Bagnaia pourrait bien revenir… avec l’envie de prouver à Ducati qu’elle s’est trompée.

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