C’est officiel : Maverick Viñales et Jorge Lorenzo ont uni leurs forces. Le quintuple champion du monde devient le nouvel entraîneur de performance du pilote de Roses chez Red Bull KTM Tech3. Lorenzo ne commente plus les courses depuis son canapé : on l’a vu à Sepang, casque sous le bras, observant chaque virage, analysant en direct le comportement de la RC16.
L’objectif est clair : donner à Viñales ce qui lui a toujours manqué, soit la régularité. La vitesse pure, il l’a. Les éclairs de génie, aussi. Ce qui a souvent fait défaut, c’est la constance sur une saison complète et la capacité à transformer un week-end brillant en dynamique de championnat. Lorenzo travaille donc sur trois axes : le physique, le mental et surtout la technique.
Cet hiver, Viñales a radicalement changé ses méthodes. Il a volontairement quitté le confort pour s’exposer aux conditions qu’il évitait auparavant. Pluie, grip précaire, sensations instables : tout ce qui le mettait mal à l’aise devient désormais terrain d’entraînement.
« Si je veux que quelque chose change, je dois agir différemment, et cette année, j’ai fait quelque chose de très différent. Je roule surtout dans les pires conditions, ce que j’évitais auparavant. J’ai progressé dans ces conditions difficiles. »
L’idée est simple : être prêt dès les premiers essais, ne plus perdre de temps d’adaptation et orienter immédiatement le développement de la KTM.

Les 600 cc à basse vitesse : le laboratoire secret de Maverick Viñales
L’aspect le plus surprenant de cette préparation est l’entraînement sur des motos de 600 cc sur des circuits très courts, parfois même des pistes de karting. Le but ? Comprendre l’adhérence à vitesse réduite et travailler la gestion des glissades avec précision chirurgicale.
« Je pense qu’il n’y a rien de plus difficile que de piloter une 600 cc à 20 ou 10 km/h. C’est très compliqué ; ce sont des motos faites pour aller vite, et quand on commence à travailler la technique, surtout à basse vitesse, on a l’impression de ne plus savoir piloter » lit-on sur Todocircuito.
Ces exercices lents forcent le pilote à sortir des automatismes. Ils enrichissent sa “boîte à outils” technique.
« Le plus important est de posséder un large éventail de compétences sur n’importe quel type de moto et de les utiliser ensuite en MotoGP. »
Un point clé : l’optimisation de l’utilisation de la roue arrière, élément crucial sur la RC16.
Viñales sait que changer totalement son style est quasi impossible. Mais affiner les détails, oui.
« Honnêtement, j’espère améliorer ma technique sur la moto. Changer mon style de pilotage est difficile car tout est devenu automatique pour moi, mais recevoir des conseils… sur la gestion des gaz, le freinage, ou encore l’expérience de Jorge, l’expérience d’un champion de longue date, je pense que c’est vraiment la clé pour progresser. »
Les deux hommes partagent un ADN commun : fluidité, vitesse en virage, trajectoires propres. Maverick rappelle d’ailleurs qu’à son arrivée chez Yamaha, il s’était immédiatement adapté à la moto laissée par Lorenzo.
« Il comprend très bien la moto et sait aussi anticiper mes besoins. Nous avons fait beaucoup d’essais ici avec des motos de route, et je pense qu’il a d’excellentes idées pour faire progresser mon style de pilotage. »
Le plan est méticuleux. Pas question d’attendre la mi-saison. « Mon objectif est d’être prêt dès les essais afin d’orienter efficacement le développement de la moto. Nous n’avons que quelques jours et nous devons être précis pour être en lice dans la lutte lors des quatre ou cinq premières courses. »
Pour KTM Tech3, cette alliance est un signal fort. Maverick Viñales ne veut plus être le pilote des “et si”. Avec Lorenzo dans son box, il tente de transformer son talent en arme régulière.
Reste à savoir si cette révolution personnelle suffira à faire de Maverick un candidat crédible au titre. Mais une chose est certaine : pour la première fois depuis longtemps, son projet semble structuré, réfléchi et assumé.
































