Alors que Yamaha promet une révolution technique avec son tout nouveau moteur V4 pour 2026, son mercato pilote, lui, tourne au ralenti avec une frilosité déconcertante. La marque aux diapasons semble jouer la sécurité à outrance, au point de risquer de gâcher le potentiel de sa future machine en confiant les clés à des pilotes qui ne font plus rêver.
Ainsi, après un suspense e plusieurs semaines, Yamaha a finalement opté pour la solution la plus conservatrice : Jack Miller reste chez Pramac et se retrouvera aux côtés de Toprak Razgatlioglu. Officiellement, son expérience est précieuse pour développer la nouvelle moto. Mais dans les paddocks, on s’interroge : l’expérience de pilotes régulièrement distancés est-elle vraiment le sésame pour retrouver la gloire ?
Les déclarations de Miller lui-même en disent long sur l’ambiance qui a régné pendant les négociations : « j’ai été assez patient avec Yamaha… Si vous me voulez, vous me voulez. Sinon, non. Le temps passe et je sens que Yamaha ne me veut pas ». Un pilote qui se sent presque toléré plutôt que désiré, est-ce vraiment le signal fort d’une équipe qui aspire à reconquérir le monde ?
Ce choix sécurisant, mais peu inspirant, a suscité des critiques acerbes, Autosport allant jusqu’à affirmer que « le processus de Yamaha pour choisir son pilote 2026 aurait pu être bien meilleur ». Un doux euphémisme.
Le paradoxe Yamaha : un moteur du futur, une mentalité du passé
Pendant ce temps, Yamaha a brillé par sa capacité à laisser filer les talents ou à leur fermer la porte au nez. Ainsi, Diogo Moreira, un des espoirs les plus brillants du Moto2, a signé chez Honda – un constructeur compatriote pourtant en pleine traversée du désert. Manu Gonzalez, autre pépite, a été laissé sur le carreau. Yamaha, en pleine reconstruction, regarde passer l’avenir sans broncher.
Le contraste est saisissant. D’un côté, Yamaha investit des millions et une énergie folle dans un projet technique audacieux pour rattraper son retard de puissance. De l’autre, la marque adopte une stratégie pilote d’une frilosité dépassée, privilégiant l’expérience (même stagnante) à la prise de risque et au talent brut.
Du coup, dans le paddock d’aucuns s’interrogent : comment croire en la renaissance d’une équipe quand sa direction sportive semble avoir oublié que ce sont avant tout les hommes qui font gagner les machines ? On ne construit pas l’avenir avec une logique de comptable.
Yamaha a peut-être trouvé la puissance pour 2026. Mais à force de jouer la carte de la prudence, la marque risque surtout de se retrouver à sec d’inspiration et de résultats. Le compte à rebours est lancé.