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L’Autódromo Internacional de Goiânia – Ayrton Senna accueillera le prochain Grand Prix MotoGP au Brésil, du 20 au 22 mars : en voici une brève histoire…

1. La naissance du projet (début des années 1970)

Au début des années 1970, le Brésil vit un véritable âge d’or du sport automobile. Les succès internationaux d’Emerson Fittipaldi en Formule 1 déclenchent une vague d’intérêt pour les courses mécaniques. Dans ce contexte, le gouvernement de l’État de Goiás décide de construire un grand circuit moderne à Goiânia pour développer le sport automobile dans la région centre-ouest du pays.

Le projet est lancé en 1972, sous l’administration du gouverneur Leonino Di Ramos Caiado qui souhaite doter la région d’un équipement capable d’accueillir des compétitions nationales et internationales.
À l’époque, le circuit est délibérément construit  à la périphérie sud-est de la ville, afin d’éviter les nuisances sonores pour les habitants et de laisser de l’espace pour les infrastructures.

Photo : Fernando Campos

2. L’inauguration en 1974

Après deux ans de travaux, le circuit dessiné par l’architecte Silas Varizzo et le pilote automobile Marcos Veiga Jardim, avec Emerson Fittipaldi comme conseiller technique, est inauguré le 28 juillet 1974 sous le nom d’Autódromo Internacional de Goiânia.
Le tracé est alors considéré comme moderne et très sûr pour l’époque. Il mesure environ 3,8 km, avec plusieurs longues lignes droites combinées à des virages rapides et techniques.
La capacité du site est importante : près de 100 000 spectateurs peuvent assister aux courses, ce qui en fait l’un des plus grands complexes sportifs du centre du Brésil malgré des tribunes quasi inexistantes.
Dès ses premières années, le circuit accueille différentes catégories nationales d’automobile et de motocyclisme, et se fait une spécialité de Stock Car (Voitures issues de la série).

Photo : Fernando Campos

3. L’essor des compétitions nationales

Dans les années 1970 et 1980, Goiânia devient une étape importante du sport automobile brésilien. Le circuit accueille notamment la Stock Car Brasil, dont une course est organisée dès 1979, lors de la première saison du championnat.
La victoire de l’idole locale Alencar Júnior lors de cette épreuve marque l’histoire sportive de la ville et renforce la popularité du circuit.
Pendant ces années, le circuit accueille également des compétitions de tourisme, des championnats régionaux, des courses de motos et de camions.

4. Le championnat du monde moto (1987-1989)

La reconnaissance internationale arrive en 1987, lorsque le championnat du monde de motocyclisme choisit Goiânia pour accueillir le Grand Prix du Brésil.

La première édition, qui a eu lieu en septembre, deux semaines après un incident de pollution nucléaire rendant la ville tristement célèbre, marque l’entrée du pays dans le calendrier du championnat du monde, avec deux catégories au programme, 250cc et 500cc, remportées respectivement par Dominique Sarron et Wayne Gardner, tous les deux sur Honda. Eddie Lawson (Yamaha) et Randy Mamola (Yamaha) complètent le podium 500.

En 1988, Dominique Sarron réédite sa victoire depuis la pole position, mais c’est cette fois Eddie Lawson qui impose sa Yamaha en 500cc.

Photo : Stan Perec

En 1989, Luca Cadalora place sa Yamaha en haut du podium en 250cc, Kevin Schwantz sa Suzuki en 500.

Ces événements donnent au circuit une visibilité internationale et attirent des dizaines de milliers de spectateurs.

Des problèmes d’organisation (instabilité économique et hyperinflation) ont entraîné la suppression de Goiânia du calendrier en 1990, et le Championnat du monde a connu une interruption de deux ans sans course au Brésil. Le retour s’est fait de manière isolée en 1992, avec un retour à Interlagos, avant de devenir le Grand Prix de Rio sur l’Autodromo Internacional Nelson Piquet, ou Jacarepaquà, de 1995 à 2004.

5. Les difficultés et le projet de fermeture (2011)

Au début des années 2010, l’avenir du circuit est sérieusement menacé…
En 2011, la spéculation immobilière bat son plein et le tracé est alors entouré d’habitations dont les propriétaires se plaignent du bruit du circuit. Un projet propose alors de vendre le terrain du circuit pour construire un nouveau complexe dans la région métropolitaine de Goiânia.
Mais le projet échoue pour plusieurs raisons :

  • opposition de la population.

  • contraintes juridiques liées au terrain (le terrain du circuit avait été donné par un particulier uniquement pour accueillir des structures d’intérêt publique, pas des bâtiments privés).

  • risques de spéculation immobilière.

Finalement, le gouvernement décide de conserver et rénover le circuit.
Des travaux sont lancés en 2013 avec un remplacement des installations existantes et la mise en conformité avec les normes FIA puis tout récemment FIM.
Il rouvre à la compétition en 2014, mais se limite alors aux compétitions nationales.
En 2024, le MotoGP annonce le choix du lieu pour une épreuve en 2026, et de nouveaux travaux sont entrepris en 2025, comme le resurfaçage intégral du circuit de 3.835 mètres, l’agrandissement du centre médical ou la pose d’immenses tribunes provisoire en échafaudage. .

6. Aujourd’hui

Les fans brésiliens sont très prolifiques et nous abreuvent de vidéos faisant le point sur l’avancement des travaux.
La métamorphose opérée ces derniers mois est vraiment impressionnante !
Tout sera sans doute prêt à temps, in extremis mais prêt.

Le Gouverneur local, Ronaldo Caicado, ayant déclaré le vendredi 20 mars un jour chômé, et expliqué « Vous êtes ici dans l’État le plus sûr du pays. Vous pouvez vous promener avec votre téléphone portable et votre montre. Ici, les criminels ne prospèrent pas. Sécurité totale et population accueillante », la fête peut commencer !

Le circuit Ayrton Senna de Goiânia est donc aujourd’hui l’un des symboles du sport mécanique brésilien. Né dans l’enthousiasme des années 1970, il a accueilli les premiers Grands Prix au Brésil, traversé des périodes de crise et failli disparaître avant de renaître grâce à des rénovations importantes pour le MotoGP.

Ayrton Senna Goiânia