C’est l’heure des pronostics ! Chaque début de saison, cette rubrique tente de deviner ce qu’il va se produire lors des prochains mois, en se focalisant sur tous les pilotes de la catégorie. Puis, à la fin de chaque article, l’auteur se mouillera avec une prédiction, mais attendra également la vôtre en commentaires ! Aujourd’hui, l’heure est venue de parler de Fermin Aldeguer.
Un pilote très prometteur
À partir d’aujourd’hui et jusqu’à la fin de cette rétrospective, nous n’allons plus parler que des pilotes sur qui les yeux du monde entier sont braqués. Et Fermin Aldeguer fait définitivement partie de ce groupe. Suite à une exceptionnelle fin de saison 2023 en Moto2, il fut signé directement par Ducati alors qu’il lui restait une année à tirer en catégorie intermédiaire. D’ailleurs, il ne remporta même pas le titre Moto2 en 2024, et accéda, comme prévu, à un guidon Gresini en 2025.

Aldeguer avait marqué tout le monde en 2025. Photo : Michelin Motorsport
Son talent était identifié, mais pas certain. Et, au bout de quelques courses seulement, on s’est aperçus qu’on avait affaire à un véritable phénomène. Alors, oui, il était dans les meilleures conditions possibles pour un rookie : l’une des meilleures motos de tous les temps, la Ducati Desmosedici GP24, le tout dans la meilleure équipe du plateau. Mais tout de même, dès les États-Unis, il a imprimé un rythme très impressionnant.
Il a eu quelques bas, d’accord, mais aussi et surtout des hauts très hauts. Le point d’orgue de sa campagne 2025 n’était autre que sa victoire à l’occasion du Grand Prix d’Indonésie, où il a collé une véritable fessée à toute la grille. Après avoir fini 8e pour sa première saison, on peut donc s’attendre à une nouvelle marche franchie en 2026.
Une dynamique pas si positive
Tout était presque trop beau. Une moto au top, un team de rêve, et un statut privilégié, confirmé par les dirigeants de Ducati qui le qualifient de futur de la marque en Grands Prix. Mais la réalité est parfois cruelle : lors d’essais hivernaux privés, Aldeguer s’est fracturé le fémur gauche. Au début, les spécialistes ne semblaient pas trop inquiets de cette blessure, qui devait lui faire manquer les tests à Sepang. Et effectivement, il ne les a pas disputés. Mais, récemment, nous apprenions aussi son forfait pour le premier Grand Prix, en Thaïlande.
Certes, le deuxième GP de la saison, prévu au Brésil, se jouera trois semaines après Buriram. Mais si je peux me permettre, ça ne sent pas très bon. D’abord, on sait que ces trois jours d’essais à Sepang – six pour ceux qui participent au shakedown une semaine avant – sont cruciaux. Ils permettent à la fois de tester de nouvelles pièces, mais aussi de peaufiner les réglages qui seront utilisés toute la saison. C’est, en général, le premier contact avec la moto de l’année à venir. C’est là que sont verrouillées les améliorations.
Les manquer est une vraie épine dans le pied, en plus de commencer l’année blessé. J’ai plein d’exemples en tête, mais les plus flagrants sont ceux de Jorge Martin, en 2025, ou Franco Morbidelli en 2024. L’Italien, particulièrement, avait pris au moins une demi-saison pour s’accoutumer à sa nouvelle monture et à revenir en forme. La blessure d’Aldeguer a l’air moins grave, d’accord, mais ça pourrait simplement l’empêcher de pousser à fond ; le restreindre, en somme. Attention au cercle vicieux, et surtout à ne pas se blesser encore plus gravement en tentant de retrouver de la confiance, ce qui est le plus gros piège, en témoigne le cas Martin.
Je ne parle même pas du premier Grand Prix manqué, qui représente, pour un bon classement au général, un handicap dès l’entrée. J’espère que tout se passera bien, mais je ne peux m’empêcher de craindre que l’entame soit compliquée pour lui.

Le rétablissement est peut-être un peu plus long que prévu pour Fermin Aldeguer. Photo : Michelin Motorsport
Une moto au niveau ?
Ne pensez pas que j’ai une vision pessimiste, car j’ai exposé ce qui est sans doute la pire issue possible ci-dessus. Après tout, il peut parfaitement revenir à 100 % et performer dès ses premiers tours de roue en 2026, c’est également déjà arrivé par le passé. Cependant, un autre point m’inquiète le concernant : sa moto.
L’année dernière, il débutait son aventure MotoGP sur Desmosedici GP24, une excellente machine. Mais cette saison, il devra composer avec la GP25, tout du moins, il n’aura pas accès à une GP26. On ne sait pas si la GP25 sera réellement celle qui a posé autant de problèmes à Bagnaia et Di Giannantonio, ou plutôt, une GP24.9. Mais dans tous les cas, elle risque d’être moins agréable à piloter que la GP24 qu’il avait.
On peut se rassurer en disant, une fois de plus, que les liens familiaux entre GP26, GP25 et GP24 sont plus flous qu’auparavant, notamment depuis cette crise de communication chez Ducati née après les essais de Misano 2025. À cause des limitations inhérentes au rang de concession des rouges, mais aussi du développement axé sur 2027, les trois motos doivent être proches par leur nature, mais un petit détail peut faire la différence. C’est en tout cas mon avis. S’il a une GP24 améliorée, alors, ça peut le faire, mais attention aux évolutions « GP25 » largement décriées par ceux qui l’utilisaient l’année passée – y compris Marc Marquez en Indonésie.
L’heure du pronostic !
J’ai fait mes pronos’ avant de savoir qu’il allait manquer le premier Grand Prix, mais je ne vais pas le changer pour autant. Personnellement, je vois Fermin Aldeguer terminer entre la 5e et la 7e place du classement général en 2026. Ceci implique donc une convalescence réussie. Au dessus, ça me paraît un poil trop fort, trop expérimenté, et trop rapide pour lui-même si sa marge de progression est très élevée.
Aldeguer n’est pas dénué de défauts ; il doit encore corriger son irrégularité assez gênante et limiter son agressivité, car c’était vraiment chaud sur quelques dépassements en 2025. Honnêtement, j’ai eu beaucoup de mal à le départager de Fabio Di Giannantonio. Le plafond de l’Espagnol est plus élevé, a priori, mais la dynamique dans laquelle il baigne en ce moment n’est pas la meilleure. Puisque je me mouille intégralement, je le mets devant « Diggia », mais de très peu, en espérant que sa moto ne soit pas un frein à son apprentissage.
Que prévoyez-vous pour Fermin Aldeguer en 2026 ? Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Ducati ne refera pas la même erreur. On ne saura pas exactement ce dont bénéficieront les pilotes, GP24, GP25, ou GP26. Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport
































