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Brésil

On ne va rien se cacher. J’attendais beaucoup du retour du Brésil au calendrier, car j’aime quand les sports qui se disent mondiaux assument pleinement leur statut. Et de ce point de vue, il était une aberration que le MotoGP ne pose pas ses valises au Brésil. Finalement, tout le monde a été très déçu de cette représentation, pilotes comme observateurs.

 

Carton rouge pour le Brésil

 

Avant de commencer à asséner ma vérité, je me dois de faire un préambule. Croyez bien que le contenu de cet article est difficile à écrire, car je n’aime pas lorsqu’on tape sur un pays émergent pour rien. Ces contrées n’ont pas la même culture, pas le même héritage, et pas les mêmes traditions que nous ; n’essayons pas de faire de nos standards européens des normes mondiales. Cela vaut pour le MotoGP, mais pas que. De ce fait, lorsque les « journalistes » occidentaux avaient grandement critiqué l’Inde, en 2023, pour aucune raison, j’étais monté au créneau pour défendre l’événement et l’organisation indienne. Mais cette fois, le Brésil est indéfendable.

 

Brésil

De toute évidence, ça n’était pas prêt. Photo : Michelin Motorsport

 

Rien n’allait ce week-end. L’asphalte était bosselé de partout, la piste partait en lambeaux, les fans s’approchaient bien trop près des pilotes, et puis, comment ignorer ce trou béant au milieu de la piste samedi. Au final, aucune des trois journées ne s’est déroulée de manière normale, un record. Beaucoup de séances furent interrompues, et je ne parle même pas du retard ni du raccourcissement de la distance de course dimanche, catégorie MotoGP. Je ne m’étendrai pas plus sur les détails, car de nombreux articles sur ce site en parlent déjà.

Là où la pilule ne passe pas de mon côté, c’est que le Brésil, ça n’est pas l’Inde. Voyez-vous, historiquement, le Brésil est l’un des plus grands pays de sports mécaniques, tout simplement. Des dizaines de champions sont nés là-bas, et même si l’on exclut Ayrton Senna, certains font partie des meilleurs de tous les temps : Emerson Fittipaldi, Nelson Piquet, Felipe Massa, Rubens Barrichello, José Carlos Pace, et j’en passe. Bien sûr, ils sont plus rares à motos, mais Alex Barros était quand même un candidat très sérieux dans les années 1990 et 2000.

Ce que je veux dire par là, c’est qu’il y a une véritable culture des sports mécaniques là-bas, un héritage que l’Inde, la Thaïlande ou la Malaisie, par exemple, n’ont pas. Le spectacle proposé est d’autant moins excusable. L’aspect financier n’est pas un problème non plus, puisque le Brésil n’est pas en manque de très grandes entreprises capables de soutenir pilotes et circuits. Pour un pays de ce standing, ce qu’il s’est passé est juste inacceptable.

 

Un circuit pas prêt au Brésil, sérieusement ?

 

Autre élément qui m’échappe : le circuit. À Buddh, en Inde, par exemple, on savait que le tracé était un peu poussiéreux, car les derniers grands événements disputés là-bas dataient de la décennie précédente. On avait aussi des interrogations concernant Mandalika ou Buriram. Mais normalement, Goiânia, un circuit historique au Brésil, aurait dû mieux mettre à profit sa légitimité ! Comment se fait-il qu’un complexe aussi réputé soit dans un tel état ?

De plus, le Brésil regorge de tracés aussi magnifiques les uns que les autres, d’Interlagos à Velo Citta en passant par Jacarepagua. Personnellement, j’ai bien aimé le tracé de Goiânia en lui-même, mais je crois qu’il y avait tellement mieux à faire pour un retour d’un pays si important au calendrier.

 

Le MotoGP n’est pas là où il voudrait être

 

En voyant les images de Carlos Ezpeleta et son équipe autour du trou au milieu de la piste, vous pourriez croire que le Brésil s’est ridiculisé. Mais en réalité, c’est bel et bien le MotoGP qui est le grand perdant de cette affaire. Sur tous les plans, notre championnat préféré a perdu à Goiânia. Qui passe pour des amateurs ? Qui perd de la crédibilité ? Le MotoGP, qui veut devenir, sous l’égide de Liberty Media, un spectacle mondial à la mode.

J’ai une petite question pour vous en convaincre : en football, avez-vous le souvenir d’un coup d’envoi d’un match de Ligue des Champions donné une heure et vingt minutes après l’horaire annoncé, le tout à cause d’une pelouse mal tondue ? En basketball, imaginez-vous qu’un match de NBA soit raccourci parce que le parquet s’arrache ? Non, ce genre de problème n’arrive que dans les sports de petite envergure.

 

Brésil

Il y a du potentiel, oui, bien sûr, mais il faut beaucoup de travail. Photo : Michelin Motorsport

 

En Formule 1, le championnat est globalement beaucoup plus carré. Si l’on regarde les dernières années du championnat MotoGP, les problèmes de ce type sont assez fréquents, on a souvent des soulèvements causés par l’état des pistes, à la sécurité, et à d’autres péripéties qui sont normalement prévisibles. Là, c’est juste que les curseurs étaient poussés au maximum.

 

Conclusion

 

Le Brésil doit-il disparaître du calendrier ? Non, je ne crois pas. Ça reste un pays important et un très gros marché, même s’il n’y avait pas foule en tribunes. Il faut l’investir pour prétendre être un championnat mondial. Mais pas dans ces conditions. Goiânia doit absolument être revu de fond en comble, ou être abandonné au profit, pourquoi pas, d’Interlagos, assurément l’un des plus beaux tracés du monde. J’espère qu’on ne va pas assister à une répétition de la situation indienne, car quitter un pays après un essai seulement décrédibilise encore plus le MotoGP.

Qu’avez-vous pensé de ce Grand Prix du Brésil, le premier disputé depuis 2004 ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Brésil

Bien sûr, les inondations n’ont pas aidées, mais Goiânia a été ouvert en 1974, ils devaient s’y attendre !

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport