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Johann Zarco

C’est l’heure des pronostics ! Chaque début de saison, cette rubrique tente de deviner ce qu’il va se produire lors des prochains mois, en se focalisant sur tous les pilotes de la catégorie. Puis, à la fin de chaque article, l’auteur se mouillera avec une prédiction, mais attendra également la vôtre en commentaires ! Aujourd’hui, l’heure est venue de parler de Johann Zarco.

Hier, nous sommes revenus sur le cas de Fermin Aldeguer ; cliquez ici pour retrouver l’article en question.

 

Un pilote imprévisible

 

À coup sûr, Johann Zarco est l’un des pilotes les plus difficiles à traiter depuis le début de cette rétrospective. Je ne peux vraiment pas dire s’il va réussir ou non, car il est capable de faire des miracles, mais aussi de tomber dans des spirales négatives très embêtantes.

Vu qu’il est très compliqué à pronostiquer, je vous propose aujourd’hui un article qui va d’abord recenser ses points forts, puis ses points faibles.

 

Johann Zarco

Johann Zarco semble optimiste à quelques jours du début de saison 2026. Photo : Honda LCR

 

Zarco est l’un des meilleurs de la décennie

 

Commençons donc par énumérer les raisons qui me pousseraient à dire qu’il va réussir en 2026. Et, comment ne pas juste parler de son talent intrinsèque. Pour moi, Johann Zarco fait évidemment partie des tout meilleurs pilotes de la décennie passée, c’est aussi simple que ça. Depuis son arrivée en MotoGP à l’aube de la saison 2017, il a marqué de son empreinte le sport en France, certes, mais aussi à l’international. Nul doute qu’il prendra sa retraite en tant que deuxième meilleur pilote de l’hexagone de tous les temps.

C’est pour ça qu’à l’époque, j’avais été déçu de sa signature chez Honda, car j’étais persuadé que dans une meilleure équipe, il pouvait continuer à jouer la victoire. Par exemple, en 2024 comme en 2025, on a vu quelques pilotes dominer seulement, et, derrière, je trouvais ça un poil plus faible. Pour me convaincre que Johann Zarco n’a pas le niveau d’un Alex Marquez, d’un Marco Bezzecchi ou d’un Enea Bastianini, il faudrait me sortir de sacrés arguments. Mais bon, il a fait le choix – compréhensible – de Honda, donc on ne va pas refaire l’histoire.

Tout ça pour dire qu’en 2026, encore, je crois qu’il peut s’illustrer régulièrement. Son niveau seul suffirait à expliquer une bonne année, c’est d’après moi un argument assez solide en lui-même.

Parce qu’un pilote reste quand même dépendant de sa monture, parlons un instant de la Honda RC213V. Comme dit dans de précédents articles, je pense que la machine ailée sera assez performante en 2026, au moins au niveau de la KTM. Les troupes Honda ont l’air très motivées, et le projet fait désormais envie. Avoir une moto qui lui correspond dès l’entame pourrait clairement le porter sur la première moitié de saison, un peu comme en 2025. Donc, point positif.

Pour terminer sur ce qui me ferait le placer assez haut au classement général, pourquoi ne pas mentionner sa polyvalence. C’est, pour moi, le mot qui décrit le mieux Johann. C’est l’un des rares, sur la grille, qui n’a pas vraiment de défauts dans le pilotage, quand il reste sur ses roues. Il est doté d’une excellente condition physique, ne se blesse jamais, sait être régulier dans la performance sur une saison entière comme au chrono sur un Grand Prix. Il est également très rapide en qualifications, ce qui est déterminant à notre époque, sait dépasser plutôt proprement, et, finalement, peut s’illustrer sur le sec comme sur le mouillé. Et dans une saison que j’imagine très disputée entre quatre à cinq pilotes, je pense que des profils comme le sien ou celui de Marini, donc des hommes capables de scorer de gros points souvent, peuvent être récompensés. C’est en tout cas ma lecture.

 

Johann Zarco

Je n’oublie pas l’âge non plus. À 35 ans, c’est difficile de rivaliser avec des Acosta, des Aldeguer et autres Moreira sur le plan de la forme et de l’explosivité. Photo : Honda LCR

 

Pourquoi je ne peux pas voir Zarco si haut

 

Alors, n’imaginez pas que je vais le mettre tout en haut du classement non plus. Si Zarco n’a pas de failles lorsqu’il est en piste, sur ses deux roues, il accuse quand même quelques défauts qui viennent noircir le tableau. Tout d’abord, son mental. Je n’ai jamais été le plus grand fan du Français, notamment à cause de ça. En 2025, par exemple, il y eut cette fameuse « affaire Zarco », où il dit publiquement qu’il visait la place d’officiel, car il n’avait de facto pas le même matériel que Marini et Mir. Et après cette révélation datée du Grand Prix de Hongrie, plus rien n’a jamais été pareil.

Alors, oui, je pourrais dire que Zarco chute beaucoup. Mais contrairement à ce que pensent la majorité des observateurs et journalistes, je ne crois vraiment pas que ça soit dû à son style. Rien à voir avec Marc Marquez, par exemple. Non, moi, je suis persuadé que Zarco, lorsqu’il n’a pas les bonnes sensations, cherche à pousser pour les trouver jusqu’à chuter. Ceci implique donc que plus le matériel lui convient, moins il chute. Étudiez sa saison 2011 en 125cc, ou ses deux premiers exercices en MotoGP chez Yamaha Tech3. Il n’était pas un casse-cou, mais plutôt, l’un de ces « réguliers » qui savait prendre les points de la cinquième ou sixième place. Chuter autant qu’en 2025 n’est pas dans sa nature.

Mais ceci peut tout de même représenter un gros problème, car Zarco, en grande forme physique, n’est pas invincible pour autant. Dans l’année de ses 36 ans, il ne faudrait pas retomber dans une spirale négative comme en 2025 alors qu’il est aujourd’hui plus facile de se blesser que jamais. Je dois reconnaître que ça m’inquiète, car quand on voit les cartons qu’il a pris l’année dernière, c’est un miracle de le voir toujours en pleine forme.

 

L’heure du pronostic !

 

J’avais deux choix pour mon prono’ le concernant. Un scénario optimiste, et un pessimiste. J’ai donc tranché au milieu. J’imagine une saison correcte pour Zarco, peut-être pas marquée par une victoire comme en 2025, non, mais plus solide sur la longueur, car j’ai davantage confiance au package Honda 2026. Cependant, je ne pense pas, sur cette moto, qu’il puisse passer de pilote qui chute le plus à train sur rails, comme Marini en juste un an. Et puis, beaucoup d’interrogations concernent son mental. Saura-t-il faire abstraction d’une possible nouvelle injustice par rapport aux officiels Honda ? Nous sommes en droit d’avoir des doutes.

Pour son classement au général, je l’imagine terminer entre la 10e et 12e place, et derrière Luca Marini. À vrai dire, l’Italien était déjà meilleur en 2025 alors que Zarco, 12e, avait pris une victoire, exploit que je ne l’imagine pas nécessairement réitérer en 2026. Je le vois bien à la bataille avec Raul Fernandez et Franco Morbidelli ; de toute manière, Zarco est toujours pris dans des bagarres pour des positions au scratch qui durent jusqu’au Grand Prix de Valence. Cette prédiction peut tout à fait voler en éclat si la Honda se révèle bien meilleure (au niveau de l’Aprilia, par exemple), ce que je ne peux absolument pas anticiper à l’heure où ces lignes sont écrites.

Pensez-vous que je suis trop généreux avec Johann, ou, au contraire, trop pessimiste ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Je suis très curieux de voir ce qu’il nous réserve en 2026. Photo : Honda LCR

 

Photo de couverture : Honda LCR

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