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pilote mérite

Enfin ! Après quatre ans d’abonnement à la deuxième place, Aron Canet est enfin vainqueur d’un Grand Prix. Cette performance mérite qu’on parle d’elle, tout comme ce pilote d’ailleurs. L’Espagnol a l’une des personnalités les plus marquées toutes catégories confondues. Son allure de rockstar impressionne, surtout quand elle est convertie en succès comme ce fut le cas sur les collines de Portimao. Il est temps de revenir sur sa course.

 

Victoire circonstancielle, mais victoire quand même

 

Le parcours d’Aron Canet est assez chaotique. Arrivé en Moto3 au début de la saison 2016, il s’est tout de suite démarqué en s’affichant parmi les meilleurs. Seulement, il tombait très souvent. Dès sa deuxième saison, en 2017, le voici qui s’imposait, régulièrement, toujours chez Honda Estrella Galicia 0,0. En 2020, sur KTM pour le Sterilgarda Max Racing Team, il jouait devant avec une place de vice-champion du monde à la clé. Puis vint le passage en Moto2, lui aussi marqué par des hauts et des bas.

Mais globalement, et c’est extrêmement rare à ce niveau, Aron Canet a toujours été fort. Je ne sais pas pourquoi, ni comment, mais il était capable de faire la différence que ce soit sur un châssis Boscoscuro, ou Kalex comme c’est le cas depuis 2022. Seulement voilà : il ne gagnait jamais.

 

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Le n°44 orange, la Fantic… assurément l’une des plus belles machines toutes catégories confondues. Photo : Fantic Racing

 

Il comptait 15 deuxièmes places et sept poles sans aucune victoire. Même, une troisième position au général en 2022, chez Pons. Après la disparition de la mythique écurie fin 2023, il signa chez Fantic Racing, contraint de chercher plus bas dans le classement pour trouver un guidon. L’équipe avait remporté le Grand Prix d’Autriche Moto2 2023 avec Celestino Vietti, d’accord, mais n’était pas une force majeure du championnat.

Et pourtant, au Portugal, Aron Canet est parvenu à vaincre le mauvais sort. Cela devenait comme une sorte de malédiction, car à chaque fois qu’il était dans un bon jour, un favori en profitait pour sortir une performance mémorable.

Ça aurait pu encore être le cas ! À Portimao, je pense qu’il ne méritait pas sa victoire sur le pur plan sportif… mais qu’est ce qu’il s’en fiche ! Le destin a été clément avec lui, et c’est bien mérité. D’un côté, Alonso Lopez, chez Boscoscuro, accessoirement vainqueur d’un merveilleux GP du Qatar. Le jeune Espagnol était dans une forme olympique, mais chuta depuis la tête ; un fait finalement assez rare. Pourtant, il avait la chance d’être le premier pilote à remporter les deux premières courses de la saison toutes catégories confondues depuis Sam Lowes en 2021.

L’homme du jour était dans le même box que l’infortuné Lopez – et pas beaucoup plus fortuné. Fermin Aldeguer, déjà signé chez Ducati Pramac pour 2025, écopa de deux long-laps pour avoir volé le départ. Il fallait de bonnes lunettes pour le voir bouger sur la grille avant l’extinction des feux, mais lui ne broncha pas. Sa pénalité purgée, il se mit en route vers une extraordinaire cavalcade, qui le mena tout droit jusqu’à la quatrième position.

 

 

Force est de constater qu’Aron Canet aurait eu du mal à contenir le duo Speed Up, mais qu’importe.

 

Signez-le !

 

Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’aime ce côté provocateur qu’il incarne. Tatoué de la tête aux pieds, il n’hésite pas à jouer de son arrogance, car il est au courant de son grand talent. Personnellement, c’est le type de pilote que je voudrais voir en MotoGP, même si j’ai conscience que les places sont chères ces temps-ci. Les hommes de son style se font rares, trop rares, même, à l’heure des profils policés et blêmes. Si vous ne le connaissez pas et n’aimez déjà pas Jorge Martin, alors, préparez-vous à la syncope !

 

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Gros charisme. Il a même éclaté le panneau de sa première position. Photo : Fantic Racing

 

Plus sérieusement, c’est typiquement le genre de pilote qui peut se sentir pousser des ailes après sa première victoire. Elle lui résistait, elle le tentait ; c’était la seule qui le retenait d’assumer pleinement son statut de favori, d’embrasser sa condition mi-prétentieuse mi-joueuse. Aujourd’hui, il est leader du général, avec un total de points assez faible, certes – le plus petit après deux courses depuis Alex Rins en 2015 – mais il peut désormais rouler plus librement. Gardons un œil sur lui car il peut légitimement viser le titre.

 

Un Moto2 magnifique

 

Après le GP du Qatar, je me disais très heureux de la course Moto2, une catégorie qui s’enlise depuis plusieurs années maintenant. Je ne sais pas si c’est l’arrivée des pneus Pirelli qui joue son rôle, mais les courses sont beaucoup plus haletantes ainsi. Je suis totalement convaincu par cette classe, qui ne cesse de mettre en valeur les meilleurs talents actuels. Il ne manquait que la dimension spectaculaire pour rendre le Moto2 excitant de nouveau, comme au début des années 2010. À voir si cela se confirme, mais ça commence très bien.

Qu’avez-vous pensé de la victoire d’Aron Canet au Portugal ? Dites-le nous en commentaires !

Photo de couverture : Fantic Racing

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