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Ai Ogura

C’est l’heure des pronostics ! Chaque début de saison, cette rubrique tente de deviner ce qu’il va se produire lors des prochains mois, en se focalisant sur tous les pilotes de la catégorie. Puis, à la fin de chaque article, l’auteur se mouillera avec une prédiction, mais attendra également la vôtre en commentaires ! Aujourd’hui, l’heure est venue de parler d’Ai Ogura, qui entame sa deuxième année.

Hier, nous sommes revenus sur le cas de Franco Morbidelli ; cliquez ici pour retrouver l’article en question.

 

Trop timide

 

Avant de se pencher sur 2026, on va récapituler. Ai Ogura, la saison dernière, était un rookie, suite à son titre mondial Moto2 acquis à la fin de la saison 2024. On savait que c’était un bon pilote, capable du meilleur comme du pire (je n’ai toujours pas oublié 2022), mais globalement, je n’en attendais pas grand-chose. Et, finalement, nous n’avons pas eu grand-chose.

 

Ai Ogura

Que pensez-vous de ce pilote ? Personnellement, comme son coéquipier, il me laisse assez froid. Photo : Trackhouse

 

Au début, tout le monde pensait voir évoluer le nouveau crack du MotoGP après les premiers Grands Prix : dès l’ouverture en Thaïlande, il se classait parmi les meilleurs, puis a confirmé en Argentine, avant d’être disqualifié de la course dominicale pour raisons techniques. Et puis… c’est tout.

Ai Ogura n’a rien fait de transcendant sur le restant de l’année. Aussi incroyable que cela puisse paraître, son meilleur résultat du samedi et du dimanche date bien du Grand Prix de Thaïlande, lorsqu’il découvrait à peine la catégorie. Finalement, il s’est classé 16e du général, sans conviction, alors qu’il avait une moto qui jouait devant aux mains de Marco Bezzecchi et Raul Fernandez sur la fin.

Le Japonais a avoué peiner lorsqu’il réfléchissait trop sur la moto, et qu’il était plus rapide quand il se fiait davantage à son instinct. C’est compréhensible, en un sens, mais du coup, ça ne laisse que peu d’espoir pour 2026.

 

Déjà sous pression

 

Je ne vais pas vous le cacher, j’ai peur pour lui. Nous avons pu constater, depuis que la grille MotoGP a un taux de renouvellement plus faible qu’avant – seulement un ou deux rookies montent chaque année, que ceux qui arrivent ont très peu de temps pour prouver quelque chose. Remy Gardner, Augusto Fernandez, Iker Lecuona, Somkiat Chantra. Quatre exemples parmi d’autres, dont, vous l’aurez remarqué, deux champions du monde Moto2. Ça aurait été le cas de Di Giannantonio s’il n’avait pas effectué cette percée miraculeuse à la fin de l’exercice 2023.

Ai Ogura, très timide de nature, qui ne s’exprime déjà pas beaucoup dans la presse, n’est pas arrivé à faire de coups d’éclat en 2025, alors que c’est essentiel pour subsister en MotoGP à l’heure actuelle. De plus, il aura désormais la pression du résultat, car son guidon va forcément être menacé, surtout si Aprilia devient de plus en plus renommée. Ce n’est que mon avis, mais d’après l’influence de son instinct sur ses performances, je doute que cette charge mentale supplémentaire l’aide à scorer davantage de points.

 

Des points positifs

 

Je dois reconnaître que j’ai eu du mal à percevoir de vraies qualités, chez lui, en 2025. D’abord, nous ne l’avons presque jamais vu à l’écran, et puis lui-même n’est pas du genre à s’étendre en conférence de presse. Davide Brivio, l’un des architectes de l’équipe Trackhouse Racing, en était très heureux, certes, et louait sa conscience professionnelle. On peut féliciter, également, une certaine régularité dans la performance.

Cela pourrait jouer en sa faveur en 2026, une année, où, je pense, des profils comme le sien peuvent être récompensés. J’imagine qu’il aura une très bonne moto, peut-être le meilleur package de la grille. Aprilia avait une plus grande marge de développement que Ducati, et je crois qu’en 2026, les motos de Noale peuvent vraiment embêter leurs cousines transalpines. Quand on a un tel matériel, ça aide, mais attention à ne pas manquer trop de courses.

 

Ai Ogura ne doit pas visiter l’infirmerie

 

Ai Ogura

Le MotoGP n’est pas tendre avec les jeunes. Beaucoup doivent performer tout de suite, ou sont remplacés sans attendre. Photo : Trackhouse

 

Il n’y a rien de pire que de se blesser dans une saison rookie. Certes, on peut revenir encore plus fort comme l’avait fait Jorge Martin, mais c’est là un exemple rarissime. Rien n’est plus embêtant que de voir son apprentissage entrecoupé d’opérations, parfois lourdes. Et Ai Ogura n’a pas seulement connu une période d’absence en 2025, mais deux ! Au total, il n’a manqué « que » quatre manches, mais je pense que ça a eu une influence non négligeable sur une année décisive dans une carrière.

S’il veut performer, il devra rester sur ses roues. C’est l’un de ses principaux points faibles : sur sept saisons disputées en Grands Prix, il n’en compte que deux complètes ! Quand on voit l’impact qu’ont eu les périodes d’absence sur des pilotes comme Alex Rins ou Miguel Oliveira, on comprend toute l’importance que revêt ce paramètre. Pour perdurer encore de longues années et espérer rejoindre une meilleure équipe, il doit d’abord arrêter de se blesser, c’est impératif.

 

L’heure du pronostic !

 

Celui-ci n’était pas facile à réaliser, je dois vous l’avouer. D’un côté, j’ai un pilote avec une très bonne moto, très professionnel, et capable d’aller vite, de toute évidence, puisqu’il est quand même champion du monde. Contrairement à de nombreux spectateurs (étonnamment), je respecte cette distinction qui veut dire beaucoup. De l’autre, malheureusement, j’ai un pilote qui se blesse très souvent, timide aussi bien dans le comportement que les résultats, et dont il est difficile de dégager de clairs points forts.

Deux choses l’une : je pense qu’il va terminer à peu près au même niveau que l’année dernière, c’est-à-dire autour de la 16e position, comprenez entre la 15e et la 17e. Oui, Ogura peut faire mieux sur certains Grands Prix, mais je ne l’imagine pas non plus faire une saison complète dans cette ère où il est très facile de se faire mal. Cependant, je ne le vois pas perdre son guidon pour autant, notamment parce qu’il est japonais : ce gros marché peut assez facilement attirer les grands sponsors, et ainsi permettre à Ai de connaître une saison supplémentaire en MotoGP – au moins.

Qu’imaginez-vous pour Ai Ogura en 2026 ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Trackhouse est une bonne équipe, j’ai confiance en eux. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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