Quelle performance de Pedro Acosta en Thaïlande ! L’officiel KTM a réalisé sa meilleure prestation en MotoGP à ce jour, tout simplement. Bien sûr, il faut revenir sur son week-end, car il y a des choses à dire.
Un pilote qui surclasse sa moto
Comme prévu, ou presque, Pedro Acosta fait des miracles sur une machine qui, aux mains d’autres très bons éléments, est loin derrière. Il est encore trop tôt pour esquisser une véritable hiérarchie des constructeurs, mais ce qui est sûr, c’est que Binder, Vinales et Bastianini n’ont pas été capables de produire le dixième de ce qu’a fait Acosta à Buriram. C’était un véritable festival. En plus de coller quatre dixièmes à son coéquipier sud-africain en qualifications, Acosta est capable de porter la KTM tout en haut.

Acosta roule sans complexe aucun. Photo : KTM
Pendant les deux courses, il m’a régalé. Pedro a fait typiquement ce que j’attends de lui ; c’est-à-dire, électriser une épreuve, la rendre passionnante. Sa passe d’armes avec Marc Marquez était juste sensationnelle lors du Sprint, et je suis désolé de le dire pour les fans du nonuple champion du monde, mais Acosta l’a surclassé. Ses dépassements étaient tous propres, les tentatives bien senties, et, même s’il n’est pas arrivé à faire la nette différence dans ce dernier virage toujours très compliqué à défendre, il a, pour moi, forcé Marquez a oser un dépassement trop ambitieux. C’est pour cette raison que la victoire d’Acosta me semble parfaitement méritée, ce qu’il reconnaît aujourd’hui à travers une déclaration qui ne manquera pas de faire parler : « Personne ne m’a rien donné. »
Nous sommes en train d’assister à l’évolution d’un homme en direct ; le prodige rattrape les promesses.
Pedro Acosta ne lâche rien
Dans les domaines où Acosta se démarque, un se place très haut : la résilience. Dans une course, il ne cesse jamais d’aller de l’avant, de pousser, de tenter des choses. C’était particulièrement visible pendant le Grand Prix, où il était pris dans un affrontement titanesque qui l’opposait à deux champions du monde MotoGP. L’officiel KTM se battait comme un beau diable, et on pouvait croire qu’il allait en rester là au vu de l’intensité du moment, de la chaleur, et de sa moto, qui, l’an dernier, souffrait de « drops » pneumatiques très importants à la mi-course. Mais non. Acosta, une fois débarrassé de ses rivaux, est parti chasser Raul Fernandez, puis l’a doublé avec une lucidité déconcertante pour s’offrir la deuxième place.

Acosta a un peu changé d’avis sur le Sprint de Buriram. Photo : KTM
Bezzecchi était un ton au-dessus, certes, mais quatre Aprilia figuraient dans le top 5 à l’arrivée. Les autres KTM, elles, pointaient en septième, douzième, et seizième place. C’est révélateur.
Un candidat au titre ?
À l’heure où ces lignes sont écrites, Pedro Acosta est le leader du Championnat du monde MotoGP ; bien sûr, c’est anecdotique à ce stade de la saison. Maintenant, la vraie question : peut-il prétendre à la couronne ? S’il continue comme ça et progresse encore, alors, je ne vois pas pourquoi il ne le pourrait pas. Tout dépendra de ses adversaires, car Marc Marquez, pour l’instant, est loin d’être aussi dominant que l’an dernier. Mais en termes de pilotage et de confiance, aucun argument objectif ne l’exclut d’une course au titre, si ce n’est, peut-être, sa moto. La KTM reste, d’après moi, un cran en dessous de la Ducati et deux en dessous de l’Aprilia. Mais Acosta, comme Marc Marquez, est typiquement le genre de pilote qui peut faire mentir ces affirmations en surclassant totalement son matériel.
Qu’avez-vous pensé du week-end de Pedro Acosta ? Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

La manière dont il était dégoûté de gagner comme ça samedi en dit long sur sa mentalité. Un vrai tueur. Photo : KTM
Photo de couverture : KTM
























