C’est l’heure des pronostics ! Chaque début de saison, cette rubrique tente de deviner ce qu’il va se produire lors des prochains mois, en se focalisant sur tous les pilotes de la catégorie. Puis, à la fin de chaque article, l’auteur se mouillera avec une prédiction, mais attendra également la vôtre en commentaires ! Aujourd’hui, l’heure est venue de parler de Jorge Martin.
L’interrogation totale
Dans la famille des articles difficiles à écrire, je demande celui sur Jorge Martin. Comment faire une prédiction alors que nous n’avons quasiment rien vu de lui depuis la fin de saison 2024 ? Et pourtant, je vais me prêter au jeu.
Résumons. Nous avons donc un pilote qui a passé plus ou moins toute l’année 2025 à l’infirmerie, littéralement : il s’est blessé aux essais de Sepang 2025, puis à nouveau lors du GP du Qatar, puis encore une fois au Japon, et, finalement, n’a pas été déclaré apte à prendre part aux tests de Sepang 2026. Cela fait donc plus d’un an que le « Martinator » traîne ce boulet au pied, qui lui a empêché de défendre son titre de champion du monde MotoGP durement acquis.

Jorge paraît en forme. Mais l’est-il vraiment ? Photo : Michelin Motorsport
Je ne sais même pas si je dois être optimiste ou pessimiste. D’un côté, oui, je connais son talent, identifié depuis qu’il roule en Moto3. Il dispose d’une vitesse incroyable, seulement égalée par Fabio Quartararo sur la grille – d’après moi. Ce qu’il peut faire sur une séance de qualifications est insensé. Et puis, dans le marasme de 2025, j’ai quand même retenu une course : son Grand Prix de Hongrie, où il fut l’auteur d’une remontée assez exceptionnelle sur un circuit des plus tortueux.
Mais je dois donc me raccrocher à ça pour faire une prédiction le concernant, c’est tout. En effet, de l’autre côté, il a beaucoup forcé, poussé, et pris pas mal de décisions… questionnables, comme ce retour évidemment trop hâtif à Losail, et ce strike au départ à Motegi. Si l’on excepte la Hongrie, il a disputé six courses, et aucune n’était vraiment remarquable.
A-t-il perdu sa vitesse ? Sans doute pas, mais d’aussi grosses blessures successives peuvent définitivement anéantir la carrière d’un pilote. La fracture est parfois mentale et non physique ; Franco Morbidelli ou Alex Rins sont deux pilotes qui ont été, de toute évidence, psychologiquement impactés par les blessures. Alors, oui, Jorge se raccroche à l’exemple Marquez. Mais dans l’histoire, ces types se comptent sur les doigts d’une main. Je ne dis pas que le « Martinator » n’arrivera pas à revenir à son niveau d’antan, car il a l’air motivé et reste relativement jeune (28 ans), mais simplement, que ça sera très difficile.
Peut-être se complique-t-il lui-même la tâche
L’année 2025 nous a aussi révélé la face plus sombre de Jorge Martin. Alors qu’il était blessé et que son boss, Massimo Rivola faisait des pieds et des mains pour changer le règlement en faveur d’un test privé pour son poulain, Jorge Martin, lui, copinait déjà avec Honda dans le but de changer d’écurie dès 2026. Je dois reconnaître que je n’ai pas beaucoup aimé. Et là, avant même le début des tests de Sepang auxquels il ne participait pas, on apprenait que Martin serait très intéressé par un guidon Yamaha pour 2027. A priori, ça serait presque fait, d’ailleurs.

On n’aura pas beaucoup vu le n°1 l’année dernière. Photo : Michelin Motorsport
Personne ne sait à quoi ressemblera la hiérarchie début 2027. Oui, peut-être que la future Yamaha sera meilleure que la future Aprilia. Mais je ne peux m’empêcher de penser que c’est, d’une part, bas de la part d’un champion du monde MotoGP que de « remercier » l’écurie qui l’a récupéré après son départ forcé de chez Ducati, et, de l’autre, pas vraiment intelligent. Aprilia a, je crois, le droit d’être respecté au vu du travail effectué ces dernières années. Il y a juste à voir la différence d’engagement auprès de la marque entre Martin et Bezzecchi pour comprendre la dynamique inhérente à ces deux pilotes.
Pour Martin, je crois que ce n’est pas une très bonne solution que d’agir comme ça. D’abord, sa réputation – qui n’était déjà pas la meilleure concernant les ruptures de contrat, demandez à Pit Beirer – risque d’empirer dans le paddock. A-t-on vraiment envie de signer un pilote qui s’est beaucoup blessé ces dernières années, et qui, par-dessus le marché, n’hésitera pas à rompre hâtivement l’accord passé pour profiter d’une meilleure situation ? Je vous laisse seuls juges.
Ensuite, pour sa performance, tout simplement. Aprilia n’est pas dupe, et certainement pas au service de Martin, qui a dû coûter cher du point en 2025. La firme de Noale affirmait récemment qu’elle n’arrêterait pas de développer la RS-GP en 2026, mais pensez-vous que Rivola et consorts sont plutôt d’avis d’écouter la nouvelle coqueluche de l’équipe Marco Bezzecchi ou un Jorge Martin déjà sur le départ avant même que ça ne commence ? Forcément, l’Italien sera prioritaire, que ce soit sur la direction à suivre ou les pièces à tester. Et il l’aura mérité, d’après moi.
L’heure du pronostic !
Eh bien, en réalité, je suis plutôt optimiste pour Jorge Martin. Il se dit à 100 % de sa forme, et oui, il ne va pas dire le contraire, mais j’y crois plutôt. Après tout, il reste un très bon pilote, et c’est ce qui compte. J’ai eu beaucoup de mal à lui attribuer une place, mais je le vois bien terminer entre la 7e et 9e position du classement général à la fin de la saison. Ce ne serait déjà pas mal du tout. Pour vous donner une référence, c’est derrière Fermin Aldeguer et Di Giannantonio, Alex Marquez et Pedro Acosta, bien sûr, mais devant le groupe Marini/Morbidelli/Fernandez/Zarco que j’imagine des plus serrés.
Pourquoi ? Car je crois que Martin bénéficiera tout de même d’une très bonne moto, et qu’il saura s’illustrer sur quelques courses. Attention ! Ce scénario implique qu’il ne se blesse pas de nouveau, ce qui est loin d’être garanti.
Que pensez-vous de mon analyse du cas Jorge Martin ? Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Attention à de nouvelles chutes.
Photo de couverture : Michelin Motorsport





















