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KTM

Il y a quelques années, nous étions tous surpris du fameux rebranding GasGas par le groupe KTM, qui essayait d’imposer cette licence dans de nombreux sports mécaniques, dont le MotoGP et ses catégories inférieures. Puis vint la fameuse crise financière, dont les conséquences sont encore aujourd’hui perceptibles… et, depuis, plus rien. Tech3 a récupéré des KTM, et Aspar roule désormais des CFMoto en Moto2 comme en Moto3. Pourtant, l’histoire de GasGas mérite d’être connue. La voici.

En 1973, deux hommes, Josep Pibernat et Narcìs Casas, travaillent chez Bultaco en Catalogne, plus précisément à Salt. Pour rappel, Bultaco est une marque populaire en Espagne, qui triompha en tout-terrain (notamment en trial) mais aussi en Grands Prix : Ángel Nieto et Ricardo Tormo remportèrent chacun deux championnats du monde 50cc à la fin des années 1970 aux guidons des Catalanes.

 

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GasGas est une institution en Espagne. Ou plutôt, était.

 

Quelques années plus tard, le tableau se ternit pour Bultaco. La firme ‘au pouce levé’ connaît d’importants problèmes financiers et la faillite n’est plus très loin. Qu’à cela ne tienne : les deux employés quittent la maison mère et décident d’importer des tout-terrains italiens. La marque en question, SV.VM (généralement simplifiée SWM), est assez obscure et l’aventure ne dure qu’un temps.

La passion pour le tout-terrain est réelle et les années d’expérience chez Bultaco donnent une légitimité aux deux hommes pour lancer leur propre affaire. La première moto GasGas, un prototype de trial, sort des ateliers en 1985. Mais d’ailleurs, d’où vient ce nom atypique ? Les fondateurs désiraient un nom « qui claque », que l’on pourrait reconnaître tout de suite. Sur une moto, il faut accélérer pour être performant. « Mettre Gaz » en langage motard. Aussi simple que ça. ‘GasGas’ sonne bien, espagnol, et donne directement une idée du produit. Pour l’anecdote, le nom a dû être traduit par l’importateur américain pour que les anglophones comprennent : ‘FAST FAST’, ou ‘Rapide Rapide’ en français.

Quatre ans plus tard, en 1989, GasGas se met à la production de machines d’enduro, une discipline mêlant motocross et trial. Immédiatement, la performance est au rendez-vous. Jordi Tarrés fait confiance à la nouvelle firme et remporte ses quatre, cinq et sixièmes titres outdoor de 1993 à 1995 sur les modèles catalans.

La figure de proue de la firme reste Adam Raga, l’un des plus grands de l’histoire du trial. Le rival historique de Toni Bou remporta deux championnats du monde de trial outdoor (2005-2006) et quatre en indoor sur GasGas. En 1997, puis 2000, Steve Colley fut le premier à triompher pour la marque aux Six jours d’Écosse, épreuve majeure dans le monde du trial. Dougie Lampkin réitéra l’exploit à trois reprises de 2012 à 2014, faisant entrer la firme dans la légende.

En enduro, Paul Edmondson, Petri Pohjamo et Wayne Braybrook furent tous sacrés sur GasGas, prouvant la diversité et le savoir-faire de la marque. Elle bénéficie par ailleurs d’une très forte popularité aux USA et c’était peut-être l’une des raisons du double engagement Moto3/MotoGP.

 

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La MC250 d’Adam Raga, tout simplement l’un des meilleurs trialistes de tous les temps.

 

En 2014, GasGas fusionna avec une autre marque mythique spécialisée dans le trial, Ossa. Les affaires se poursuivirent jusqu’au rachat par KTM en 2019. Grâce à cet engagement (similaire à Husqvarna), l’empire autrichien réalise un beau coup de communication tout en remettant un nom mythique au goût du jour. Cela se concrétise avec Tech3 en MotoGP à partir de 2023, et avec Aspar en Moto3 et Moto2. En 2024, Tech3 reprend le nom en Moto3 également, alors que l’équipe de Jorge Martinez planche désormais sur le succès de CFMoto (des KTM également) dans la plus petite des catégories. En Motocross, c’est le triomphe également. Jorge Prado fut sacré champion du monde MXGP 2023 au guidon d’une des créations de la firme de Mattighofen.

Depuis, tout a changé. GasGas a disparu des plateaux MXGP, MotoGP, Moto2, Moto3… et même des championnats de trial pour 2026, alors qu’elle était connue principalement pour ça ! En effet, fin 2025, une annonce a été réalisée par le board concernant l’équipe d’usine : « Ce n’est pas une décision facile à prendre. Nous avons investi des ressources considérables et beaucoup d’efforts humains pour constituer une équipe compétitive composée de personnes exceptionnelles. Cependant, compte tenu de l’évolution actuelle du Championnat du Monde et du Championnat d’Espagne dans leurs catégories reines, ainsi que du ralentissement des ventes mondiales de motos de trial, le maintien d’une équipe d’usine n’est plus financièrement viable » déclarait Fabian Simmer, managing director de GasGas.

De plus, l’entreprise a été délocalisée, et les GasGas sont désormais produites à Mattighofen, comme les KTM, et non en Espagne. D’après certaines sources, une vingtaine de salariés seraient menacés par cet « arrêt provisoire ». D’après moi, ça ne sent pas tellement bon pour GasGas.

Que pensiez-vous de ces KTM rebadgées et peintes en rouge ? Dites-le-nous en commentaires !

 

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Pedro Acosta aura peut-être été le dernier pilote à faire briller GasGas. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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