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Bezzecchi

Marco Bezzecchi se transforme en Jorge Lorenzo. Le dimanche, l’Italien est absolument inarrêtable, si bien qu’il a remporté les quatre dernières courses dominicales en dominant outrageusement la concurrence. La saison ne fait que commencer et il ne faut pas s’emballer, mais en se basant sur les deux premiers Grands Prix, on peut légitimement affirmer qu’il a le profil d’un candidat au titre.

 

Nouvelle piste, pas de problème

 

Avant d’attaquer l’analyse, je voulais revenir sur ses deux courses. Alors qu’il s’élançait deuxième, il a connu un départ et des premiers tours moyens sur le format court. Rapidement, il dut se contenter de la quatrième place, derrière son coéquipier Jorge Martin. Puis, le dimanche, il n’y a pas grand-chose de plus à dire ; vous avez tous vu la fessée déculottée qu’il a infligée à toute la grille. Très tard dans la course, il continuait de tourner très vite, le tout en gérant son avance sur Jorge Martin. Si le Grand Prix n’avait pas été raccourci, je pense que cela n’aurait rien changé ; son style résolument conservateur lui aurait permis d’aller au bout sans ennuis.

 

Bezzecchi

Grande Marco ! Photo : Michelin Motorsport

 

Quel bilan tirer de son week-end ? Eh bien, dans un premier temps, on a pu constater qu’il ne s’est jamais précipité outre mesure. Après la Thaïlande, j’avais assez peur de voir un Bezzecchi trop souvent au-delà de la limite. Il a un avantage technique sur le reste du plateau et en particulier sur Marc Marquez, alors il faut faire attention à ne pas gâcher des occasions. C’est ce qu’il a fait lors du Sprint à Buriram. Là, à Goiânia, il était très facile de chuter. Des pilotes qui ne goûtent jamais aux graviers, comme Fabio Di Giannantonio ou Luca Marini, sont partis à la faute à des moments critiques, mais Bezzecchi, qui avait pourtant un matériel qui lui permettait d’être très véloce, ne s’est jamais enflammé. Il aurait parfaitement pu, par fierté ou par volonté naturelle, chasser plus ardemment Jorge Martin lors du Sprint, mais il a su se contenir intelligemment. Si Aprilia réussit à conserver cet avantage tout au long de la saison et que Bezzecchi garde la même mentalité, il sera très difficile de le déloger, j’en suis certain.

 

La faculté impressionnante de Bezzecchi

 

Revenons maintenant au titre de l’article. L’année dernière, j’avais déjà remarqué une certaine faculté chez Marco Bezzecchi, et celle-ci s’est encore confirmée au Brésil. Voyez-vous, il m’avait choqué, lors du Grand Prix d’Autriche 2025, en prenant la pole position alors qu’il sortait de la Q1 ; ça n’est pas arrivé souvent depuis l’instauration de ce modèle de qualifications en 2013. Cela signifie qu’il est capable de se remobiliser entre le vendredi et le samedi. En clair, il ne se laisse pas influencer par le début d’une mauvaise dynamique, et parvient, grâce à sa confiance en lui et sa machine, à laisser derrière lui une séance catastrophique sans qu’elle ne vienne parasiter la prochaine. J’applaudis.

C’est une qualité inestimable, qu’on retrouvait notamment chez Pecco Bagnaia en 2022 et 2023, ses deux années sacrées où je le trouvais personnellement magnifique. Là encore, au Brésil, c’était frappant. Le vendredi, Bezzecchi est totalement passé à côté de sa Practice, à tel point qu’il était avant-dernier au chrono. Pourtant, la Practice est une séance éminemment importante, certains pilotes affirment même qu’elle détermine un week-end tout entier. Le pire, c’est qu’il avait bien du mal à trouver une explication pour justifier sa contre-performance.

Malgré ce retard à l’allumage, il sut repartir de zéro, donner les bonnes informations à ses ingénieurs – un de ses points forts d’après Fabiano Sterlacchini –, et à trouver de meilleurs réglages pour performer le lendemain. De la 20e place, il a terminé deuxième en qualifications à quelques centièmes seulement du poleman Fabio Di Giannantonio, le tout sur un nouveau circuit. Sur la grille, combien sont capables d’un tel exploit ? Bagnaia savait le faire, oui, mais de toute évidence, ce n’est plus le cas. Marc Marquez également, bien sûr, grâce à son talent intrinsèque. Je peine à en trouver d’autres.

 

Bezzecchi

L’Italien peut clairement viser le titre. Il en a les capacités. Photo : Michelin Motorsport

 

Conclusion

 

Le Grand Prix du Brésil, même s’il n’est pas représentatif – j’en reparlerai demain en détail, m’a confirmé une chose. Marco Bezzecchi est un pilote solide, voici l’adjectif qui le qualifie le mieux. Il a montré, une fois de plus s’il en fallait une, qu’il pouvait s’adapter à n’importe quelles conditions, et revenir de nulle part pour performer sur un tour, arme qu’il a rajoutée à son arsenal courant 2025.

S’il vient à s’imposer à Austin, terrain de jeu de Marc Marquez, alors il y aura de très sérieuses questions à se poser.

Mais nous n’en sommes pas encore là. D’ici la semaine prochaine, dites-moi ce que vous avez pensé du week-end de Marco Bezzecchi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Martin a le talent pour le chatouiller, bien sûr, mais au Brésil, il avait quand même l’avantage. Le doubler aurait été très difficile. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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