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Adélaïde

Hier, dans un long papier, j’ai livré mon enquête concernant l’abandon de Phillip Island au profit d’Adélaïde par Liberty Media, ou plutôt, la nouvelle entité nommée MotoGP Sports Entertainement Group. Pour bien saisir les tenants et aboutissants de l’article d’aujourd’hui, je vous recommande chaudement sa lecture ; vous pouvez le retrouver en cliquant ici.

Après avoir longuement évoqué la dimension politique, je voulais revenir, un peu plus personnellement cette fois, sur cette décision qui lance une nouvelle ère pour le MotoGP.

 

Adélaïde

Adélaïde est une ville d’environ un million d’habitants. C’est forcément un très gros marché.

 

Au revoir, Phillip Island

 

Bien sûr, mes premières pensées vont au circuit de Phillip Island, véritable joyau de l’hémisphère sud. Je pense que beaucoup de spectateurs sont déçus par ce changement brutal car ce tracé était vraiment typé moto, c’était à nous, en quelque sorte. Un peu comme Assen, par exemple. Phillip Island a aussi le mérite d’avoir un cadre somptueux, unique au monde à ce niveau de compétition. Et puis, comment ne pas évoquer l’action en piste ; c’est peut-être mon plus grand regret. Rares sont les antres qui garantissent une belle course. Le GP d’Australie est toujours un régal à suivre, et si l’on exclut la morne édition 2025, tous les Grands Prix disputés là-bas depuis la retraite de Casey Stoner ont été intéressants.

 

Une décision nécessaire

 

Je vais peut-être vous surprendre, car vous connaissez mon amour pour ces petites traditions et ces circuits sacrés, mais je crois que Phillip Island ne pouvait raisonnablement plus accueillir un Grand Prix si l’on considère la politique d’expansion désirée par Liberty Media. D’abord, à tout moment, il peut se faire annuler en raison de la météo. Ces dernières années, particulièrement, nous ne sommes pas passés loin de la catastrophe : rappelez-vous 2023, et la première victoire de Johann Zarco en MotoGP. C’était un samedi ! En effet, le Sprint avait été reporté au dimanche – puis supprimé – pour laisser place au GP. Pour une discipline aussi professionnelle que le MotoGP, et qui désire le devenir encore davantage, ce n’est plus tenable.

Le fait qu’il soit encore au calendrier en 2026 relève du miracle. Je n’ai même pas évoqué le peu de personnes qui s’y rendent. Forcément, pour une île difficile d’accès, les chiffres sont respectables. Mais pour un marché aussi gros et passionné que l’Australie, nul doute qu’il y a un potentiel plus conséquent à aller chercher. D’expérience, je vous conseille de vous méfier des chiffres officiels concernant le nombre de spectateurs présents sur chaque course. Ne me demandez pas pourquoi. En revanche, les images des espaces presque vides et du petit comité sous le podium ne mentent pas.

Si l’on ajoute ces deux critères objectifs à l’appréciation du président de la FIM Jorge Viegas, alors la situation n’était plus tenable. D’après lui, les autorités promettaient une restauration des infrastructures depuis dix ans, sans résultat. Forcément, ça ne pouvait plus le faire.

 

Bienvenue à Adélaïde !

 

Ce n’est pas Le Mans, c’est sûr. Photo : Michelin Motorsport

 

Passons maintenant au deuxième gros sujet, à savoir, la nomination d’Adélaïde comme ville d’accueil. Le fait qu’il s’agisse d’un circuit urbain ne me pose absolument aucun problème. L’histoire des sports motocyclistes s’est aussi écrite sur des routes publiques, et puis, tout sera sans aucun doute très sécurisé. Je ne comprends pas vraiment pourquoi ce point précis suscite tant de réaction négatives. Il existe de très beaux circuits urbains dans le monde, et certains, comme Macao, font partie de mes favoris. Pourquoi ne pas lui laisser une chance ? Et puis, ce n’est pas comme si Adélaïde était une ville sans intérêt.

En effet, c’est un critère primordial. Si Phillip Island avait été supprimé au profit d’une cité sans lien avec les sports mécaniques au Moyen-Orient, j’aurais sans doute été un peu moins clément. Mais là, en l’occurrence, Adélaïde a une histoire, un passé extrêmement riche. Le Grand Prix de F1 qui s’y déroulait dans les années 1980 et 1990 offrait toujours des moments exceptionnels, du titre d’Alain Prost en 1986 à la touchette entre Schumacher et Damon Hill en 1994. De plus, pour bien connaître le tracé, je le trouve très beau. Il n’est juste pas adapté aux motos pour le moment, car assez tortueux et doté de virages à l’angle. Mais en termes de circuits urbains, il se place là, largement devant Albert Park à Melbourne par exemple, toujours d’après moi.

 

Conclusion

 

Je demande à voir, et j’avoue être enthousiaste à l’idée de découvrir un nouveau projet aussi ambitieux. Phillip Island avait la faveur des fans, oui, mais tout fan devrait aussi savoir lire la réalité à travers le prisme économique, central à notre époque dans n’importe quel domaine de la vie. Que ça déprime, c’est compréhensible, mais il est difficile de s’étonner de l’abandon de Phillip Island en 2026, à l’heure où la F1, elle, tourne à Bakou, Jeddah, bientôt Madrid, etc. Là, je suis assez curieux de savoir comment Adélaïde, ville légitime à bien des égards, sera transformée pour accueillir la discipline que nous chérissons tant.

Qu’en pensez-vous ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Voici les différentes configurations disponibles. La dernière section est juste magnifique.