Après s’être intéressés, hier, à la catégorie Moto3, continuons les prédictions concernant la saison 2026 avec le Moto2. Il s’agissait, d’assez loin, de la classe la plus intéressante en 2025, et c’est pourquoi il ne faudra rien manquer de ce nouvel exercice bien difficile à pronostiquer. En tout cas, Manuel Gonzalez, qui part logiquement favori, n’aura pas la tâche facile.
Le danger vient de partout… mais pas sur toute l’année
Contrairement au Moto3 qui favorise les pilotes de quelques écuries seulement, la compétition est beaucoup plus ouverte en Moto2. L’année dernière, onze pilotes différents s’étaient imposés au moins une fois ! Dès lors, j’ai beaucoup de mal à anticiper ce qui pourrait arriver dans les prochains mois.

Gonzalez l’a eu mauvaise de ne pas avoir de guidon en MotoGP, il va avoir envie de se venger. Photo : Intact GP
Bon, pour ce faire, concentrons-nous sur les favoris. Forcément, Manuel Gonzalez porte ce statut, car il a joué le titre jusqu’à la dernière course en 2025. Même s’il a perdu face à Diogo Moreira, je dirais qu’il a été au moins aussi bon que le Brésilien, et que la perte du titre ne change pas totalement ma lecture de sa saison. La couronne pouvait aller à l’un ou à l’autre sans que cela ne crée d’injustice. Donc, forcément, quelqu’un qui perd pour un rien part forcément favori pour l’année d’après quand son rival n’est plus là… mais pourtant, je ne vois pas Gonzalez l’emporter.
Déjà, commençons par évoquer l’éléphant dans la pièce, à savoir, les deux anciens rookies Aspar David Alonso et Daniel Holgado. Le dernier cité à crevé l’écran en 2025, à ma plus grande surprise, alors que j’attendais peut-être plus du talent colombien. Ceci dit, je pense qu’avec une année dans les pattes, les deux seront très dangereux, au moins de manière équivalente, et je donnerais l’avantage à Alonso si je ne devais en désigner qu’un. En fait, j’aurais du mal à l’expliquer, mais Alonso a un génie que les autres n’ont pas. C’est un personnage qui se remarque, qui brille, qui peut exploser à tout moment.
Sur une course, oui, le danger peut venir de partout. Mais sur un championnat, honnêtement, j’ai du mal à imaginer d’autres pilotes faire mieux que le trio Alonso/Gonzalez/Holgado.
Pourquoi je ne crois pas aux outsiders « tauliers »
En Moto2, il y a beaucoup d’outsiders qui peuvent briller ponctuellement. Par exemple, Izan Guevara, Colin Veijer, ou Senna Agius. Mais les tauliers un peu plus expérimentés, qui, eux, ont sans doute l’ambition d’aller chercher le trio précédemment cité, me paraissent un cran en dessous.
Débutons avec Barry Baltus, la coqueluche de nos amis belges. C’est un très bon pilote, bien sûr, capable de conserver une régularité dans la performance impressionnante sur 22 Grands Prix. Mais, sans jamais s’être imposé, a-t-il réellement le profil d’un candidat au titre ? Je ne le pense pas. D’abord, il n’a qu’une saison vraiment convaincante en Moto2, et puis, il a considérablement manqué de vitesse en 2025. Seuls deux pilotes dans le top 10 ne comptaient pas la moindre victoire (lui et Arenas), le tout avec une seule pole pour le Belge. Ne vous y trompez pas : c’est un très bon pilote, excellent même, mais j’imagine le plafond de David Alonso et Daniel Holgado beaucoup plus élevé. De plus, il évolue chez Fantic Racing, qui, certes, est une bonne formation sur Kalex, mais qui n’est pas au niveau des « machines à gagner » Aspar et Ajo.
Le bilan est un peu similaire pour son coéquipier Tony Arbolino, qui, je crois, a déjà laissé passer sa chance. Le voir s’illustrer au général me surprendrait énormément, tout comme Celestino Vietti. Ça me fait mal car je plaçais beaucoup d’espoir en ces deux éléments.
Ceux qui suivent cette chronique savent que j’apprécie beaucoup Aron Canet, mais je reparlerai de son profil dans un instant.
Des grandes interrogations

Barry Baltus peut-il le faire ?
Des questions subsistent. La plus intéressante, probablement, concerne Deniz Öncü, auteur d’un début de saison canon en 2025, mais blessé à l’entraînement au milieu de l’année. Cela lui fit manquer dix Grands Prix, ce qui signifie qu’il n’est plus réellement en forme pour directement jouer le titre. Disons que c’est improbable, mais pas impossible. Öncü, désormais chez MarcVDS, apporte avec lui une autre interrogation : celle des châssis Boscoscuro. C’est l’inconnue qui ne me permet pas de placer Aron Canet, son nouveau coéquipier, dans la course au titre.
En 2024, Boscoscuro avait réalisé l’impossible : rivaliser avec Kalex en Moto2, alors que la catégorie était le terrain de jeu de la firme allemande depuis 2013. Mais en 2025, Kalex a repris l’avantage, en plaçant huit modèles dans le top 10. Dès lors, il est difficile de savoir qui a la main, mais mon instinct me dit que les Allemands vont encore dominer, et donc, des équipes comme Ajo, Aspar, IntactGP et Italtrans, qui incarne notre troisième et dernière interrogation.
Si l’on s’intéresse à l’histoire du Moto2, on remarque que les mêmes écuries sont toujours devant depuis la prise de pouvoir totale de Kalex, autour de 2013-2014. Ces dernières années, Ajo l’a emporté trois fois de suite (2021, 2022 et 2023), par exemple, avant l’avènement des équipes Boscoscuro type MT Helmets MSi en 2024. Mais une écurie un peu plus discrète fait souvent du bruit : Italtrans, titré en 2020 avec Enea Bastianini, et en 2025 avec Diogo Moreira. Cette formation italienne est, mine de rien, souvent très bien placée. Alors, pourquoi ne pas s’intéresser à ses pilotes ?
D’un coté, Adrian Huertas, une totale inconnue. Il a dominé le championnat Supersport en 2024, mais a beaucoup déçu en 2025 aux côté de Moreira. De l’autre, le super sub Daniel Munoz, qui est monté sur le podium en Catalogne à la surprise générale alors qu’il remplaçait Öncü chez Ajo. Honnêtement, pour miser une pièce sur eux, il faut avoir une boule de cristal.
Manuel Gonzalez se vengera-t-il ?
Bon, l’heure du pronostic est arrivée. N’hésitez pas à me donner le votre en commentaires, d’ailleurs. La logique dit Gonzalez, mais mon instinct me dit Alonso ou Holgado, et puisque je dois trancher, je vais dire Alonso, pour le génie. J’imagine bien, en Gonzalez, une copie de l’histoire de Youichi Ui, qui manque de prendre un titre 125cc face à Roberto Locatelli en 2000, part donc grand favori en 2001, mais qui tombe sur un nouvel os sorti de nulle part – Manuel Poggiali – et finit encore deuxième. C’est la dure loi des Grands Prix.
Qu’en pensez-vous ?
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

David Alonso va faire très mal. Ici avec les frères Marquez en entraînement sur le circuit Aspar. Photo : Aspar
Photo de couverture : Intact GP































