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Bezzecchi Marco commissaire

Il y a tellement à dire sur ce Grand Prix de Catalogne ! Aujourd’hui, j’aimerais évoquer celui qui s’en est le mieux sorti, le plus chanceux, en d’autres termes. Bien sûr, cet article se focalisera sur l’aspect sportif et ne traitera pas de Johann Zarco et d’Alex Marquez, qui, au vu des chutes, peuvent s’estimer heureux de leur sort. Non, sur la piste, personne n’a autant profité du grabuge que Marco Bezzecchi.

 

Marco Bezzecchi, chanceux jusqu’au bout

 

Jamais je n’ai vu un pilote autant profiter d’une situation sur tout un week-end, c’est-à-dire, de nos jours, deux courses. Rappelez-vous : avant d’arriver à Barcelone, le « Bez » n’avait qu’un point d’avance sur Jorge Martin, et s’était fait corriger au Mans par ledit coéquipier. L’écart de niveau entre les deux était assez stratosphérique en Sarthe, et c’est pourquoi nous attendions tous la réponse de l’Italien. Allait-il laisser Martin prendre l’avantage sur un circuit favorable à l’Espagnol, ou allait-il se relever, et ainsi assumer son statut de prétendant au titre ?

 

Bezzecchi Marco

La gestion des moments faibles est très importante. Photo : Michelin Motorsport

 

Le vendredi s’est plutôt bien déroulé, puisque sans trop comprendre pourquoi, Bezzecchi était en Q2 quand Martin, lui, n’est pas arrivé à y aller directement. Des chutes ont coûté très cher au « Martinator » dès le premier jour de compétition, et nul doute que ça a eu son importance. Mais le samedi, en revanche, c’était le jour et la nuit.

Bezzecchi n’était nulle part, décroché par le reste de ses adversaires en Q2. Alors qu’il soigne ses qualifications depuis la mi-saison 2025, il a fini tout dernier de la séance à cause d’une chute, soit 12e, à sept dixièmes du meilleur temps, et deux dixièmes de son coéquipier. Une telle méforme, pour un candidat au titre, peut coûter extrêmement cher. Sur un circuit où une bonne qualification est nécessaire pour s’illustrer – à la régulière –, partir 12e représente un sacré boulet au pied.

Et c’est justement ce qu’il s’est passé en Sprint. Bezzecchi n’y était pas, tantôt rapide, mais tantôt rattrapé par les pilotes à l’arrière. Il gravitait autour de la 10e place, soit hors des points. Puis, Martin, beaucoup plus rapide, tomba, tout seul. Ceci fit gagner une place à Bezzecchi, et lui permit donc de finir neuvième, place synonyme de point au singulier.

 

 

Le plus gros coup de chance, c’était bien sûr le dimanche. Dès le premier départ, Bezzecchi était largué, et, là encore, il gravitait hors du top 10. Les pilotes suivants le menaçaient, et le remontaient. Au moment de l’accident d’Alex Marquez, Jorge Martin était quatrième, à six dixièmes de Raul Fernandez, alors que Marco Bezzecchi était 13e ! S’il n’y avait pas eu de deuxième départ, la situation aurait été catastrophique pour le « Bez », qui se serait fait battre à plate couture par son coéquipier pour le deuxième week-end consécutif, aurait laissé la première place du championnat, et aurait même permis à Pedro Acosta, premier, de recoller aux points !

Au deuxième départ, même si la course ne dura que quelques instants, c’était un peu mieux, mais pas de quoi casser trois pattes à un canard. Il a essayé d’être un poil plus agressif, mais ne partait pas réellement mieux que la première fois.

 

Bezzecchi Marco

La différence avec le début de saison est assez inquiétante. Photo : Michelin Motorsport

 

Puis vint la troisième course. Déjà, Bezzecchi n’avait plus à se soucier d’Alex Marquez, vainqueur la veille et favori, ni de Johann Zarco, qui le surclassait largement au moment du premier drapeau rouge. Malgré cette aide indirecte, Bezzecchi était de nouveau enlisé autour de la dixième place, cette fois pressé par Diogo Moreira après quelques tours. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.

Puis vint le moment fatidique. Raul Fernandez harponna Jorge Martin dans le virage n°5, ce qui conduisit à l’élimination indirecte de ces deux pilotes qui faisaient un bien meilleur week-end que Bezzecchi sur le pur plan de la vitesse. Il n’y avait plus qu’à assurer un résultat. Mais ce n’était toujours pas fini !

Marco Bezzecchi aborda le dernier secteur de l’ultime boucle en septième place, au moment où Ai Ogura tenta l’impossible sur Pedro Acosta pour le gain du quatrième rang. Ceci élimina de nouveau deux pilotes, le propulsant cinquième. Après l’abaissement du drapeau à damier, nous apprenions le déclassement de Joan Mir pour pressions pneumatiques non conformes, ce qui résulte, finalement, en une quatrième position pour Bezzecchi, c’est juste lunaire !

En résumé : un candidat au titre totalement à côté de ses pompes a réussi, d’une part, à assurer les points de la quatrième place, et, de l’autre, à porter son avance à 15 unités face à un pilote qui était bien meilleur que lui à ce moment précis, et qui s’est fait sortir par un concurrent ! J’ignore si vous croyez au « capital chance » mais j’espère qu’il n’a pas usé de toute sa réussite attribuée cette saison sur un seul week-end, car c’est l’impression que ça donne. En tout cas, ça ne rassure pas vraiment concernant sa forme en comparaison à celle de Martin, et je doute que lui-même soit pleinement satisfait du déroulé de ce Grand Prix.

Qu’avez-vous pensé de ce week-end totalement fou de Marco Bezzecchi ? Dites-le-nous en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Toujours est-il qu’il va falloir faire mieux pour viser le titre. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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