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Bezzecchi

Après avoir longuement parlé du fameux dépassement de Marc Marquez sur Pedro Acosta en Sprint, revenons sur le vainqueur du Grand Prix, Marco Bezzecchi. L’Italien a été extrêmement impressionnant tout le week-end durant, mais tout n’a pas été parfait.

 

L’Aprilia RS-GP est-elle la meilleure moto ?

 

C’est une question qu’on peut légitimement se poser après ce week-end : l’Aprilia est (peut-être) devenue la meilleure MotoGP. Avant d’en être sûr, il faudra encore attendre quelques courses, et je pense que nous aurons une meilleure vision d’ensemble à Jerez. Ceci dit, j’ai remarqué deux éléments importants à ce propos.

 

Bezzecchi

Bezzecchi n’a pas tardé à retrouver son niveau de 2025. Photo : Michelin Motorsport

 

Premièrement, la RS-GP a été dominante en Thaïlande pour la première fois. L’Aprilia, par le passé, avait été très performante ponctuellement, sur des circuits fluides aux longs freinages (nécessitant de la stabilité et de la vitesse en courbe), tels qu’Assen, Silverstone, Termas de Rio Hondo ou Catalunya. Mais à Buriram, la RS-GP n’avait jamais été impressionnante. Les meilleurs résultats en Sprint (quatrième) et en Grand Prix (cinquième) avaient été glanés par Ai Ogura l’année dernière, à la surprise générale. Bezzecchi y était bon, mais sans être extrêmement performant non plus. C’est donc une très grande avancée de ce point de vue.

Deuxièmement, l’Aprilia a été meilleure que la Ducati. Ça peut paraître anecdotique comme phrase, mais si l’on regarde l’intégralité des résultats depuis la prise de pouvoir de Borgo Panigale – disons, le premier titre constructeur, soit 2020, ça n’est arrivé que quelques fois. J’ai en tête quatre clairs exemples, mais pas plus : l’Argentine en 2022, la Catalogne en 2023, puis l’Australie et Valence en 2025, mais sans Marc Marquez pour défendre les rouges. Pour le reste (notamment Grande-Bretagne 2023), c’était serré, la Ducati était au moins aussi forte. Là, il n’y avait pas photo : le dimanche, les quatre RS-GP étaient dans le top 5, ce qui est juste dingue.

Ma conclusion est la suivante : on ne peut pas encore dire que l’Aprilia est une meilleure moto que la Ducati, mais ce qui est certain, c’est que Ducati n’a plus de net avantage. Pour une comparaison honnête, constatez juste l’écart de niveau entre les deux marques italiennes au Grand Prix de Thaïlande 2025 – lors duquel Marc Marquez avait gagné en laissant passer son frère pour contrôler sa pression – et maintenant. C’est sans équivoque, sur un tour comme sur une vingtaine.

 

Un pilote n°1 bien identifié

 

Il y a Aprilia, et il y a Bezzecchi. Je fais vraiment cette distinction entre les deux, car personne, depuis la mi-saison 2025, n’égale le « Bez » chez Aprilia. Il est le clair n°1. Raul Fernandez était très performant également, mais il n’a jamais pu contenir son collègue. Ça n’engage que moi, mais je crois que le pilote Trackhouse n’aurait pas remporté le GP d’Australie 2025 si Bezzecchi n’avait pas écopé de deux long laps de pénalité. C’est un autre débat.

Toujours est-il que chez Aprilia, le « Bez » domine. Et c’est mérité, car, contrairement à Jorge Martin, je le sens vraiment investi dans sa mission de pilote d’usine. Il a également profité de l’absence de son coéquipier en 2025 pour développer la moto et donner une direction à suivre : Sterlacchini, le directeur technique, louait encore ses capacités dans ce domaine la semaine passée. Tout va dans le sens de Bezzecchi, comme si les étoiles étaient alignées cette année. Et pourtant.

 

Bezzecchi

Face à un Bagnaia ou un Martin, un pilote peut se permettre de faire trois, quatre résultats blancs sur l’année. Pas face à Marc Marquez. Photo : Michelin Motorsport

 

Bezzecchi doit faire attention

 

Ça pourrait ne pas suffire. Voyez-vous, lorsqu’il a chuté alors qu’il se battait pour la tête du Sprint samedi, j’ai directement pensé qu’il était très dangereux de faire ce genre de cadeaux à Marc Marquez. Pour moi et beaucoup d’entre vous, Bezzecchi sera celui qui embêtera le plus Marc cette année. Mais un tueur de la trempe de l’officiel Ducati profitera de chaque occasion qui lui est présentée pour enfoncer le clou ; il est capable de tenir une année entière à plus de 20 points de moyenne le dimanche, il l’a déjà fait et plusieurs fois. Là, ce n’est pas Bagnaia ou Martin.

Marco Bezzecchi profite d’un très bon package, il est en forme, et, surtout, son adversaire annoncé pour la couronne est encore diminué. De plus, Marquez n’est toujours pas à l’aise avec sa GP26. C’est là qu’il fallait enfoncer le clou, c’est ce week-end qu’il fallait déjà prendre une option sur le championnat. Beaucoup disent que ce n’est que le début – mais l’histoire nous apprend qu’il s’agit là d’un lieu commun. 37 points sont 37 points, qu’ils soient gagnés lors de la manche d’ouverture ou à la toute fin. Et les grands champions l’ont prouvé : il ne faut pas attendre avant de scorer, il n’y a pas de période de chauffe, qui plus est face au meilleur pilote de tous les temps.

Pour l’instant, cette chute est plus regrettable que gênante. Espérons pour le suspense au championnat que Bezzecchi évite de trop souvent tomber alors qu’un excellent résultat lui tend les bras.

Qu’avez-vous pensé de ce Grand Prix ? Personnellement, j’ai pris beaucoup de plaisir. Alors, dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Ce week-end, Bezzecchi était plus fort que Marc Marquez. Mais si Marquez n’avait pas cassé sa jante le dimanche, il serait devant au championnat. le « Bez » a eu de la chance. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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