Vous saviez que j’étais obligé d’en parler. Depuis quelques années, je suis souvent émerveillé par le Q.I course de Fabio Di Giannantonio. En bataille, peu sont aussi forts que lui. Et après Pecco Bagnaia, il vient d’ajouter un autre champion du monde à sa liste de pilotes battus en duel : Marc Marquez. Alors, que penser de son week-end ?
Diggia en feu
Ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vu comme ça. Bon, en Thaïlande, il aurait pu être également très rapide le samedi, mais Alex Marquez l’a – encore – percuté au deuxième virage, ruinant ainsi son Sprint. Puis, le dimanche, il n’avait pas été ridicule, sans jouer devant pour autant. Là, ça n’avait plus rien à voir. Fabio Di Giannantonio a pris la pole de manière autoritaire au Brésil, alors qu’il était très facile de tomber sur l’asphalte morcelé de Goiânia. C’est sa deuxième en MotoGP, la première datant du Grand Prix d’Italie 2022, alors réalisée sous la pluie.

Je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas être l’outsider de cette saison. Photo : Michelin Motorsport
Rien n’était gagné pour autant. En Sprint, d’ailleurs, il s’est fait remonter par Marc Marquez, et à quelques tours seulement de l’arrivée, il a commis une toute petite erreur ; pas grand-chose, mais juste ce qu’il faut pour que le meilleur pilote de tous les temps en profite. Et, voyez-vous, « Diggia » était assez proche pour tenter un dépassement, mais n’a rien fait. Pourquoi ? Premièrement, car Goiânia ne laissait pas beaucoup d’opportunités de le faire sans tomber soi-même. Deuxièmement, car Di Giannantonio a toujours privilégié les beaux dépassements aux blockpass habituels.
C’est pour cette raison que j’étais très heureux de le voir jouer devant, et à la bataille avec Marc Marquez. Lorsqu’il est au contact d’un autre pilote, j’ai le droit de m’attendre à des coups de génie, des manœuvres somptueuses, tout en douceur. Là, ce n’était pas vraiment possible, et il dut se contenter de la deuxième place.
Le lendemain, scénario inverse. Marc Marquez, pour lui ravir la troisième place en course, n’a pas hésité à le « blockpasser ». Et si je suis assez critique de ces dépassements horribles en temps normal, celui-ci n’était pas si appuyé, le circuit ne permettait pas d’autre choix. Marquez n’a pas exagéré sur ce coup-là. Après ce fait de course, je n’imaginais pas Diggia capable de repasser troisième. Puis, Marquez, à son tour, commit une erreur, et l’Italien en profita. Dans les deux cas, les bourdes étaient probablement dues à l’asphalte, mais, si l’on affirme que l’un a craqué sous la pression de l’autre, alors il faut appliquer cette logique dans les deux cas.
Toujours est-il que Marquez perd là un énième duel en Grand Prix, son point faible en carrière. À machines égales, ça n’est pas rien.
Di Giannantonio peut-il espérer mieux ?

J’aimerais qu’il embrasse davantage le personnage du pilote explosif et si impressionnant qu’il incarne parfois. Photo : Michelin Motorsport
J’ai adoré son week-end, mais ceux-ci sont malheureusement trop rares. Sa dernière performance XXL remontait au Grand Prix d’Italie 2025, ou, allez, au GP d’Australie si l’on est plus cléments. Pourtant, je crois vraiment que « Diggia » a le potentiel de faire des performances de ce genre fréquemment, et il n’y a que comme ça qu’il peut devenir un outsider sérieux au général. Du coup, peut-on se baser sur ce Grand Prix du Brésil pour imaginer la suite ? Je crois que non.
Comme dit hier, ce rendez-vous était trop singulier pour être une référence. Il arrive que des courses de ce type aient lieu, et sans être illégitimes, leur issue n’est pas significative. Parfois, la pluie peut biaiser le débat, comme c’était le cas, par exemple, au Mans en 2025. Zarco méritait sa victoire exceptionnelle, oui, mais battre Marquez de plusieurs dizaines de secondes n’en faisait pas un candidat au titre. Si l’exemple de la pluie est bien assimilé, il arrive que des manches de ce type se déroulent sur le sec. Vous pouvez les reconnaître si vous constatez d’étonnantes fluctuations de performances entre les trois jours pour certains pilotes, ou une victoire surprise, voire, étrangement écrasante. Récemment, les Grands Prix du Portugal 2020, de Tchéquie 2020, d’Inde 2023 et d’Indonésie 2025 étaient similaires.
Si l’on ajoute à cela le fait que Goiânia faisait sa première apparition au calendrier depuis 1989, je ne crois pas qu’on puisse tirer la moindre conclusion de ce week-end. Pour se faire une idée de la hiérarchie, il faudra attendre Jerez, fin avril.
Qu’avez-vous pensé de la prestation de Fabio Di Giannantonio au Brésil ? Dites-le-moi en commentaires !

La question est la suivante : Di Giannantonio peut-il à nouveau monter sur la plus haute marche du podium ? Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport



























