C’est l’heure des pronostics ! Chaque début de saison, cette rubrique tente de deviner ce qu’il va se produire lors des prochains mois, en se focalisant sur tous les pilotes de la catégorie. Puis, à la fin de chaque article, l’auteur se mouillera avec une prédiction, mais attendra également la vôtre en commentaires ! Aujourd’hui, concentrons-nous sur un pilote pour qui l’enjeu est très élevé ; Alex Rins.
Un casse-tête
Notre sport est de nature imprévisible, c’est ce qui en fait sa beauté. L’année dernière, j’avais plutôt bien anticipé le sort de chacun de nos héros, en réalité, sauf pour quelques-uns d’entre eux, comme Alex Marquez ou Pecco Bagnaia. Mais je vous avertis tout de suite : cette année risque d’être bien différente tant ça a été compliqué de dresser un classement final. Depuis que je fais cet exercice, je n’ai jamais autant galéré. C’est pourquoi je vous invite, d’une part, à ne pas parier de l’argent sur le MotoGP en se fiant à l’une de mes prédictions, ou une autre, d’ailleurs. De l’autre, pour vous rendre compte de la difficulté, essayez de prendre une feuille et un stylo, puis de hiérarchiser les 22 pilotes engagés en 2026. Un vrai casse-tête.

L’année dernière, il ne s’est pas blessé, ce qui est assez rare pour être noté. Photo : Michelin Motorsport
Cette année, c’est dur pour deux raisons. La première, et la plus importante, c’est la performance imprévisible des constructeurs japonais. La deuxième, c’est le risque de blessure, qui n’a sans doute jamais été aussi élevé depuis l’avènement du MotoGP en 2002. En se fiant aux statistiques, on peut légitimement se douter que sept à huit pilotes vont manquer au moins une course, ce qui rend tout pronostic encore plus complexe à réaliser.
Peu d’espoir pour un pilote magnifique
Malheureusement, quand on combine les deux paramètres évoqués précédemment, on arrive rapidement au dossier Alex Rins, pilote Yamaha et sujet aux blessures depuis toujours. Je ne vais pas vous le cacher, je n’ai que peu d’espoir pour lui en 2026. Certes, je pense que ça sera l’une des saisons les plus compétitives de l’histoire, et, hormis lui – et peut-être un autre que j’évoquerai dans quelques jours –, je pense que tous les pilotes peuvent prétendre au podium au moins une fois dans l’année.
Mais attendre quelque chose d’Alex Rins en 2026 me paraît un peu irréaliste. En effet, l’Espagnol est sur le déclin depuis plusieurs années. On peut isoler sa victoire avec Honda à Austin en 2023, mais, globalement, il n’est plus le même depuis la fin de saison 2022 et le départ de Suzuki. Rins, qui fêtera ses 31 ans à la fin de l’année, n’est plus ce petit jeune explosif qui pouvait faire déjouer les meilleurs pilotes du monde, malheureusement.
En 2025, ses résultats étaient moroses. Pas abyssaux, non, mais inintéressants. Nous ne l’avons vu qu’une seule fois à l’écran, lors de sa percée au Grand Prix d’Indonésie. Mais hormis cela, il n’y avait rien à se mettre sous la dent.
Une Yamaha au niveau, et un pilote au niveau de la Yamaha ?
Comme dit plus haut, la Yamaha YZR-M1 V4 est une totale inconnue. D’ailleurs, je ne me fierai pas aux tests hivernaux pour cette série d’articles, et je vous invite à faire de même : personne, je dis bien personne ne sait ce que les équipes essayent, à quel point elles forcent, et à quel point elles cachent leur jeu. Parenthèse fermée. Du coup, cette Yam’, qu’en espérer ?
Ce que je vais dire n’engage que moi, et je me base simplement sur les éléments de langage des pontes de la firme d’Iwata : cette Yamaha ne sera pas mauvaise, mais pas meilleure que la précédente. J’imagine bien un scénario où tout le monde espère une révolution ou un échec, c’est selon, mais qu’au final, Yamaha affiche une performance tout à fait similaire à celle de l’année passée. Ce qui serait en fait une régression par rapport aux autres équipes, car la concurrence risque de s’améliorer nettement, à commencer par Honda. De plus, la rumeur Quartararo me conforte dans cette idée. Serait-il en discussions avancées avec un rival si le projet Yamaha lui semblait prometteur ? Je ne le crois pas.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, je pense que l’architecture du moteur ne fera pas une grande différence. Rins s’était imposé au bout de trois courses en 2023 sur un V4 alors qu’il n’en avait jamais piloté en MotoGP, avant de sombrer sur un quatre en ligne chez Yamaha depuis 2024. Photo : Michelin Motorsport
Ça ne constitue pas une preuve en soi, et autant, la machine bleue sera un missile en 2026. Je peux tout à fait me tromper, mais c’est une conviction personnelle. Et si je suis cette logique, je ne vois pas comment Alex Rins pourrait faire mieux que ses concurrents, premièrement, et que l’année dernière, dans un second plan.
D’après mes réflexions, Quartararo sera assez largement le premier pilote Yamaha. Miller, même si je n’ai aucune confiance en lui, peut encore faire de belles choses sur une course. Reste la question Toprak, qui constitue, d’ailleurs, l’un de mes pronostics les plus tranchés de cette saison. Je ne vais pas en dire plus pour garder le suspense, mais sans même parler de performance intrinsèque, Rins est beaucoup plus sujet aux blessures que ceux que j’ai énumérés.
Nous avons donc un pilote qui est sur une pente descendante depuis plusieurs années, habitué à se blesser, parfois très lourdement, qui n’a plus sa vitesse d’antan, et qui a toujours une lacune rédhibitoire pour faire de beaux résultats à notre époque, c’est-à-dire son rythme sur un tour. J’ai du mal à entrevoir une réalité où cet exercice se passera bien pour lui.
L’heure du pronostic !
Allez, c’est le moment de se mouiller. Au ton de cet article, vous vous doutez sans doute que la conclusion ne sera pas positive, et vous avez raison ! J’imagine Alex Rins finir dernier, ou, disons, dans les trois derniers de la saison 2026, qui sera, peut-être, malheureusement, sa dernière en MotoGP. C’est l’un des rares pour qui je n’imagine pas d’avenir au plus haut niveau, un peu comme je le faisais pour Miguel Oliveira l’année dernière. En 2025, il était 19e, et ne devançait que des blessés, ce qui reviendrait à peu près au même.
Je suis curieux d’avoir votre avis sur ce pilote, alors, dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Il aura fort à faire, même chez Yamaha. Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport































