pub

VR46 MotoGP

L’équipe Pertamina Enduro VR46 Racing Team, plus communément appelée Ducati VR46, continue son petit bonhomme de chemin en MotoGP. Elle figure actuellement à la troisième place du classement équipes, et ses pilotes sont tous les deux dans le top 7 du championnat du monde. Pourtant, beaucoup en attendent plus. Qu’en penser ? Analyse.

 

Des résultats honnêtes

 

Cet article existe car je trouve les gens généralement assez durs avec Ducati VR46. Personnellement, je pense que c’est une très bonne équipe en MotoGP, et la seule qui est affiliée à une académie de pilotes, un point louable – dont nous reparlerons ultérieurement. Tout d’abord, les résultats sont très corrects.

 

VR46 MotoGP

Morbidelli était dans le coup en Hongrie, bien plus qu’Aldeguer. Photo : Michelin Motorsport

 

L’écurie, en quelques années seulement, s’est imposée comme une référence dans le paddock, avec, notamment, une très bonne campagne de Marco Bezzecchi et Luca Marini en 2023. Depuis, c’est certes plus difficile, d’accord, mais cette saison 2025 est parfaitement acceptable du point de vue de la performance. Franco Morbidelli, sauvé après un passage mitigé chez Pramac Racing en 2024, est assez costaud sans casser la baraque non plus. Conformément à un autre papier publié la semaine dernière, je pense toujours que sa future prolongation est une erreur, mais on ne peut pas dire non plus qu’il soit mauvais en piste. Alors, oui, on sait qu’il ne progressera plus trop passé 30 ans, mais il est encore capable de finir sur le podium, et malgré deux Grands Prix manqués pour blessure – il ne faut pas l’oublier –, il est toujours sixième du classement général. Impossible de dire qu’il fait une mauvaise saison.

Ensuite, Di Giannantonio, qui, finalement, déçoit de nombreux observateurs cette année. Lui-même était surpris, en conférence de presse, qu’un journaliste lui demande où le « Diggia » de 2024 était passé. Moi non plus, je ne vois pas le problème. Je pense effectivement qu’il est plus fort cette saison, et que la Desmosedici GP25 n’est pas un cadeau. Marc Marquez arrive à l’imposer parce que c’est sans doute le meilleur pilote de l’histoire, mais on voit bien, par l’intermédiaire de Pecco Bagnaia, qu’elle n’est peut-être pas aussi aisée à emmener que sa prédécesseuse. La donner à quelqu’un qui n’avait pas eu l’expérience d’une moto d’usine auparavant était un risque, et je trouve que « Diggia » s’en sort plutôt bien avec. Lui aussi est capable de jouer le podium à chaque sortie, mais pourtant, est toujours classé septième du général.

Il ne faut pas oublier le contexte : Di Giannantonio est extrêmement malchanceux ces derniers temps. Certes, il n’a pas performé à Brno. Mais au-delà de ça, il était confortable deuxième au moment de sa chute en Allemagne, a cassé un moteur en Autriche, et a eu un problème mécanique avant même le départ en Hongrie ! Ça se joue à peu de choses, mais avec un peu plus de guigne et une bourde facile à commettre en moins, Di Giannantonio pourrait être bien plus haut dans le classement. C’est pour toutes ces raisons que je ne peux pas être déçu de son année, aussi marquée par des moments de grâce assez exceptionnels. Dans l’ensemble, donc, Ducati VR46 n’est certainement pas en train de faire une mauvaise saison ; elle est même meilleure que la précédente.

 

 

Le maillon faible de Ducati ?

 

Ducati VR46 a beau être troisième du championnat par équipes, il s’agit de la dernière formation cliente de Ducati. Et le pire, c’est que Gresini Racing, deuxième, est sûrement déjà trop loin pour être rattrapée. À cela, je voudrais ajouter une nuance. Certains rappellent constamment l’écart avec l’ancienne « écurie-sœur » Pramac Racing, ou avec Gresini. Mais savez-vous depuis combien de temps VR46 existe en MotoGP ? Cinq saisons à peine !

Gresini est une véritable institution, qui écume les plateaux depuis la fin des années 1990. Pramac est aussi un véritable monstre dans le monde des équipes satellites, et a joué à égalité avec l’usine Ducati pendant de nombreuses années, pas qu’en 2024. Il ne faut pas oublier qu’avec le temps s’installe une culture de la gagne, et une accession en MotoGP, comme pour VR46 qui venait du Moto2, prend du temps. Au contraire, je trouve que l’ascension de cette formation est impressionnante, et qu’on devrait davantage féliciter Uccio Salucci et Pablo Nieto pour les travaux.

 

Un accent trop italien ?

 

VR46 MotoGP

En 2023, pour la deuxième année d’existence de l’équipe en tant qu’entité exploitant deux motos, Ducati VR46 a terminé devant Gresini Racing. Photo : Michelin Motorsport

 

Je désirais aussi revenir sur la particularité de ce team. Ça ne vous aura pas échappé, mais l’équipe privilégie les Italiens, comme Franco Morbidelli, et notamment ceux liés à la fameuse VR46 Academy. Mais où est le problème ? N’est-ce pas louable qu’un grand champion comme Valentino Rossi privilégie les siens et tente de les faire percer au plus haut niveau ? Que dire des Morbidelli, Marini, Bagnaia, Bezzecchi et autres Di Giannantonio que nous avons actuellement ? Personnellement, cette démarche plutôt ancienne – il fut un temps où des écuries nationales existaient – me plaît beaucoup, et je regrette qu’aucune légende française ne fasse de même.

Au moins, cela permet aux Italiens de survivre dans un monde archi-dominé par les Espagnols, qui vont encore arriver en masse. Qu’en est-il des Français ? Il n’y en a pas un seul en Moto3 comme en Moto2, ce qui veut dire qu’il n’y en aura sûrement aucun autre en MotoGP dans les cinq, six prochaines années au bas mot. Grâce à cette initiative, Rossi a permis à de merveilleux pilotes d’arriver en catégorie reine.

Le seul défaut, à mon avis, est justement d’avoir sacrifié les programmes Moto3 et Moto2 au profit de l’équipe MotoGP. Désormais, en catégories inférieures, seul Celestino Vietti incarne le futur espoir de la VR46 Academy, qui sera obligée, elle aussi, de se tourner vers les Espagnols à un moment donné. C’est vraiment dommage, mais je pense que cette décision n’a pas été prise de gaîté de cœur, car c’était le but premier du programme VR46. Pour cette raison, la prolongation de Franco Morbidelli me paraît un peu trop conservatrice, comme si Uccio et ses hommes voulaient retarder l’inévitable introduction d’Ibériques dans les rangs au profit de la performance pure.

Je suis curieux de savoir ce que vous pensez de cette équipe, mais laissez-moi juste vous poser une question. Ne seriez-vous pas heureux si Tech3 donnait une ultime chance à Johann Zarco dans le cas où celui-ci venait à être en danger chez Honda ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

La VR46 Academy joue clairement en la faveur de la légende de Valentino Rossi. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

Tous les articles sur les Pilotes : Fabio Di Giannantonio, Franco Morbidelli, Valentino Rossi

Tous les articles sur les Teams : VR46 Racing Team