Dans le podcast de Jordi Wild (qui date de l’année dernière mais que la presse découvre seulement), Jorge Lorenzo n’a pas seulement abordé le sujet du fisc mais a également évoqué le mental nécessaire pour être champion du monde en MotoGP.
Concernant les qualités nécessaires, pour être champion, « Por Fuera » n’a pas fait dans la dentelle…
« J’ai vu une interview avec
José Elías Tuya. Il a dit, tu lui as posé la question :
« est-ce que c’est mal de
vouloir être riche et d’oublier un peu la raison pour laquelle on
veut être riche ? »
Et il t’a répondu : « avant toute chose, si tu ne veux pas être riche, tu ne le
seras jamais ».
C’est la même chose ici : si tu ne veux pas être champion du monde et si ce n’est pas ton objectif, tu ne le deviendras jamais. Autrement dit, le premier pas, c’est de vouloir être champion du monde. Parce qu’il y a des gens qui ne sont pas nés pour ça et qui détestent la compétition. Ils la détestent vraiment. Ils ne sont pas faits pour ça, ils ne la recherchent pas.
Ils ne veulent tout simplement
pas entrer en compétition, ils sont peu ambitieux, et leur
travail de bureau leur convient très bien : huit heures
par jour, point final, sans que personne ne leur dise qu’ils
doivent s’améliorer, etc. Ils font le minimum
indispensable, touchent leur salaire et voilà. En plus,
ils sont davantage tournés vers la famille, ils ne sont pas
ambitieux.
Mais les grands champions, eux, sont immensément ambitieux,
démesurément ambitieux, hypercompétitifs. »
Concernant Valentino Rossi, le Majorquin a révélé que l’animosité qui a conduit à un mur dans le box Yamaha n’était pas née dans la catégorie reine du MotoGP…
« Un journaliste, à cette
époque, m’a demandé : “Si Rossi descendait en 250, est-ce que
tu le battrais ?” Et moi j’ai répondu : “Oui, je
battrais Rossi.” Je lâchais ce genre de
choses.
Pour beaucoup de gens, cette arrogance, cette suffisance,
ne plaisait pas du tout. Mais en réalité, j’y croyais
vraiment. Je me disais : « avec la même moto, je dois au moins croire que je peux le
battre ».
Je ne pouvais pas le mythifier gratuitement. Parce que si tu
mythifies quelqu’un, comment veux-tu battre quelqu’un que tu
mythifies?
Nous nous détestions, et
lui avait très peur qu’un jeune pilote lui prenne sa
place.
Le mot n’est pas “détester”, mais je ne souhaitais pas qu’il soit
rapide. Bien sûr, je souhaitais qu’il soit plus lent que
moi. »

Mais si la rivalité entre Jorge Lorenzo et Valentino Rossi est restée dans toutes les mémoires, c’est pourtant bien un compatriote qui arrive en tête du classement de l’inimitié de l’Espagnol, Dani Pedrosa.
« C’est le pilote
que j’ai le plus détesté, sportivement. Plus encore que Rossi,
sportivement. Plus que Rossi, plus que
Márquez.
Parce qu’à 17 ans, tu vis tout de manière beaucoup plus intense. Et
en réalité, la presse alimentait aussi beaucoup ce feu,
cette rivalité, parce que ça l’intéressait.
Tu te souviens de cette fois en
2008, à Jerez, non ? Il gagne la course, moi je termine troisième.
Cette inimitié était devenue tellement populaire qu’elle est même
arrivée aux oreilles du roi d’Espagne, qui a essayé de nous
réconcilier en nous faisant nous serrer la main, une image très
célèbre !
Ça n’a servi à rien, parce qu’ensuite, on continuait à se
détester tout autant.
Pas de disputes ouvertes. On ne se parlait pas du tout.
J’ai essayé de serrer la main à Pedrosa et il me l’a
refusée. Colin Edwards regardait la scène…
Et le fait qu’il ne m’ait pas serré la main s’est su, on en parlait
plus que de la course elle-même. C’est pour ça que, selon moi,
l’affaire est allée jusqu’aux oreilles du roi. »

Les deux champions ont toutefois paradoxalement pu se rapprocher dans un combat virtuel organisé en 2024…
Contrairement à son adversaire
italien, Jorge Lorenzo a toujours eu (et a
toujours) un franc parler, et cela lui a souvent causé des
problèmes, à une époque où, on le voit, l’ambiance était beaucoup
moins lisse que l’actuelle.
A l’heure où il va faire son retour dans le paddock du MotoGP en
compagnie de Maverick Vinales, cela pourrait être
intéressant…
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