17 ans. Cela fait désormais 17 ans que Valentino Rossi a soulevé son dernier titre de champion du monde, le septième en catégorie reine. À 30 ans, « The doctor » dut croiser le fer avec le sang neuf, des affamés prêts à tout pour la victoire finale. Une saison haletante, qui rappelle les grandes heures des « quatre fantastiques ».
Après son sacre en 2008, l’italien était considéré comme le favori. Dans la force de l’âge, peu pouvaient prétendre rivaliser avec son expérience et son intelligence de course, plus affûtées que jamais. Les principaux rivaux étaient toujours les mêmes, mais l’on note un détail important dans la réglementation 2009 : un manufacturier pneumatique unique pour la MotoGP. Michelin n’ayant pas fait de proposition, c’est Bridgestone qui dut équiper l’intégralité du plateau en gommards.
Jorge Lorenzo, génial rookie en 2008 et coéquipier de « Rossifumi », est de la partie. Casey Stoner, qui semble parfois en difficulté avec sa Ducati Desmosedici n’est pas à oublier, mais il est difficile de le considérer comme un prétendant au titre. Peut-être est-ce l’année de Dani Pedrosa, chez Repsol Honda ? Promis à un grand avenir, le petit espagnol peine à prendre ses marques en Grands Prix et ne possède pas le charisme d’un Lorenzo, Rossi ou Stoner. L’ère 800cc (2007-2011) ne mettait en avant que quelques pilotes, sur les meilleures machines. Le niveau en était très hétérogène, et un « champion surprise » comme aurait pu l’être Colin Edwards chez Tech3 était inenvisageable.

Personnellement, ce Rossi est celui que j’ai le plus aimé.
Au Qatar, Stoner impose sa loi comme à son habitude. Cette manche d’ouverture, disputée le lundi en raison de problèmes liés à la pluie, voit Dani Pedrosa marquer le pas, déjà. 11e, c’est un résultat qu’il ne faut avoir qu’une ou deux fois dans l’année quand on a affaire à de si gros poissons. Le joker est grillé. Jorge Lorenzo, troisième dans les sables qataris, rebondit à Motegi avec la victoire, au terme d’une bataille épique avec Rossi. Ce dernier prend la deuxième place et figure à un point de son coéquipier au général. La guerre des tranchées ne pouvait être plus serrée. L’avantage psychologique est du côté de l’espagnol. 1-0 Lorenzo.
Cette saison compte de nombreux retournements de situation. Le premier intervient à Jerez lors du Grand Prix d’Espagne. Quatre tours avant la fin de la course, Jorge Lorenzo tombe dans le deuxième virage, l’un des plus lents de la saison. Quatrième à cet instant, il sait qu’il lâche de gros points. Rossi, après une énorme bataille avec Pedrosa, remporte la course. 1-1, balle au centre. En France, situation inverse. Sous la pluie mancelle, Lorenzo offre une démonstration de pilotage à toute la grille quand Vale’ vit un week-end cauchemardesque. Un mauvais arrêt au stand, une chute, suivi d’un ride-through et la 16e place. 2-1 Lorenzo.
Si Stoner et Pedrosa peuvent jouer des victoires, la bataille pour le titre n’oppose que les deux officiels Yamaha, c’est une certitude. Le « momentum » ne fait que changer, mais « Por Fuera » a l’avantage avant d’arriver au Mugello. Rossi n’y a pas perdu une course depuis 2002. Rappel : nous sommes en 2009. Le n°99 est à son aise sur les courbes toscanes, et parvient à surclasser Rossi. Pas pour la première place ! Stoner s’impose d’une courte tête devant les deux hommes.
C’est ici que le mental fait la différence. Ne pas avoir l’avantage est une chose, revenir en frappant un grand coup en est une autre. Ce dépassement dans le dernier virage du dernier tour à Barcelone, une course plus tard, change tout. Inutile de revenir sur cet épisode largement couvert par les médias d’époque et disponible en vidéo. Le Grand Prix de Catalogne scella le championnat. Plus jamais Lorenzo n’arriva à inquiéter Rossi sur au moins deux courses consécutives, bien qu’il remporta le GP d’Indianapolis et la manche portugaise sur son circuit de prédilection. « The Doctor » était moins rapide qu’en 2002 ou 2003, mais absolument injouable. Il géra la deuxième partie de saison assez tranquillement, en frappant fort et ne se faisant jamais peur.

S’il avait arrêté sa carrière prématurément, fin 2009, il serait, encore aujourd’hui, considéré unanimement comme le plus grand pilote de tous les temps. Parfois, il ne fait pas bon vieillir.
Un championnat est un marathon. Stoner, en proie à de nombreux problèmes, dut s’absenter à quatre reprises, tandis que Lorenzo ne scora aucun point à deux reprises coup sur coup. Un Rossi moins dominateur qu’auparavant, mais tout aussi efficace grâce à son intelligence de course.
Finalement, il n’y eut pas tant de suspense. Vous savez, c’est ce type de saison dont Marc Márquez est friand – bon, l’exercice 2025 a fait exception à la règle : toutes les courses sont plus ou moins disputées, mais au final, il y a 45 points d’écart entre le champion et son dauphin. Lorenzo termine deuxième après une année remarquable, il faut le souligner. Dani Pedrosa profite de la période d’absence de Stoner pour passer devant l’Australien en troisième place. Il faut tout de même mentionner l’émergence d’Andrea Dovizioso, officiel Honda, qui s’imposa en Grande-Bretagne à la suite d’une course dantesque.
Cette année, Rossi entra dans la légende. 100 victoires en carrière, une démonstration au TT avec Agostini pour le « tour des dieux », et un neuvième titre. C’est bien en 2009 que Valentino changea de monde, et passa du côté des mythes alors que de beaux – et moins beaux – jours l’attendaient. Jamais sa popularité ne fut si élevée, jamais son aura ne fut si puissante.
Gardez-vous des souvenirs de l’année 2009 de Valentino Rossi ? Dites-le-moi en commentaires !

La barre mythique des 100 victoires, que Marc Marquez n’a toujours pas atteinte. Mais l’Espagnol en est à 99 !































