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Étrangement, la riche histoire des Grands Prix motos n’a pas été marquée par tant de constructeurs. En près de 1000 rendez-vous, seules 18 firmes se sont imposées en catégorie reine. Bien sûr, devant, on retrouve les deux mastodontes Honda et Yamaha, avec respectivement 314 et 245 succès. Mais saviez-vous qu’il y a des marques qui ne se sont imposées qu’une seule fois ? Ensemble, revenons sur ces quatre victoires particulières et ces marques méconnues, en 500cc comme en MotoGP.

 

Jawa, la puissance Tchécoslovaque

 

Dans les années 1960, la Tchécoslovaquie était un grand pays de moto. La firme Jawa proposait des machines performantes, et quelques pilotes talentueux du pays jonchaient les grilles. C’était le cas de František Št’astný, souvent considéré comme l’un des meilleurs de toute l’histoire de la contrée. En plus d’écumer les courses hors-championnat, cette légende locale était loin d’être ridicule au plus haut niveau. Au début des années 1960, il était tout simplement l’un des meilleurs pilotes en 350cc, catégorie dans laquelle il a remporté trois courses sur Jawa.

Pas aussi à l’aise en 500cc, cela ne l’empêcha pas de réaliser un très bon début de saison 1966. Après une troisième place à Assen, il s’imposa en Allemagne de l’Est, sur le Sachsenring, un peu miraculeusement il faut l’avouer. Cela fut rendu possible grâce aux problèmes mécaniques de Mike Hailwood, et à la chute de Giacomo Agostini dans le dernier tour. Ainsi, Jawa inscrivit sa première et dernière victoire en catégorie reine.

 

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Une Jawa 350cc V4 Type 673 de Bill Ivy, datée de 1969. L’une des marques importantes du XXe siècle.

 

Sanvenero, la discorde de Nogaro

 

Disparue aussi vite qu’elle est arrivée, la petite entreprise italienne a pourtant laissé son empreinte dans l’histoire en remportant une course singulière. En 1982, le circuit de Nogaro est sélectionné pour accueillir le traditionnel Grand Prix de France, mais il est loin de faire l’unanimité. Les pilotes avaient déjà critiqué le manque de sécurité lors du dernier passage du mondial, d’autant plus que le complexe était assez étriqué.

Après les essais, les discussions vont bon train. Kenny Roberts, en première ligne quand vient la question du traitement des pilotes, décide de s’en aller sans disputer la course. La majorité des autres officiels le suivent. La grille en prend un coup, mais, comme c’est souvent le cas, le Grand Prix est maintenu. Les pilotes français s’emparent de toutes les poles dans les quatre catégories. Dès lors, on rêve d’un quadruplé inédit. En 125cc, Jean-Claude Selini sur MBA prend le meilleur de ses adversaires. Il est suivi par Jean-Louis Tournadre en 250cc, puis par Jean-François Baldé en 350cc.
Reste la 500cc. Patrick Igoa et Jean Lafond ont une belle chance de marquer leur temps sur les 500cc Fior équipées de moteurs Yamaha. Verra-t-on un exploit français ? Pas de chance, puisque Michel Frutschi, un Suisse, s’impose sur Sanvenero dans ces conditions particulières. Encore à l’heure actuelle, il s’agit de la seule victoire d’un pilote helvète en catégorie reine.

 

König, un succès dans la douleur

 

Yougoslavie 1973. Le monde de la moto pleure ses morts, Jarno Saarinen et Renzo Pasolini, décédés une course plus tôt à Monza. Entre-temps, le Prix de Loka en Slovénie avait aggravé le bilan humain de cette saison maudite. Quand les équipes débarquent dans l’ancienne République fédérale, tout le monde est sur ses gardes. Le circuit d’Opatija, sur le territoire Croate, fait débat en raison de sa dangerosité. Dans ce contexte difficile, les pilotes MV Agusta, larges favoris, craignent une nouvelle tragédie. D’ailleurs, ils courent ici sous leur propre responsabilité. Aux essais, Phil Read touche une pierre ; c’est suffisant pour voir le départ de la formation italienne.

Qui profitera de la situation ? Sans aucun favori au départ de la course des 500cc, Kim Newcombe sort du lot, là aussi aidé par les casses de ses concurrents les plus sérieux. Le Néo-Zélandais n’était pas mauvais ; pilote d’essai pour la marque allemande en 500cc, il avait déjà réalisé quelques podiums en mondial. La firme König, spécialisée dans les moteurs de bateaux de vitesse, prend ici sa seule victoire sur deux-roues. En effet, les engins ont longtemps été appréciés par les pilotes de side-cars ; Klaus Enders et Rolf Steinhausen totalisent trois titres mondiaux pour le compte de l’entreprise.

 

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La 500 Sanvenero de Michel Frutschi victorieuse à Nogaro en 1982.

 

Linto, grâce à la fierté du comte d’Agusta

 

Dans les années 1960, MV Agusta marche sur les Grands Prix. En 1969, aucun suspens : Giacomo Agostini remporte toutes les courses auxquelles il participe. Puis vient le Grand Prix des Nations, habituellement couru à Monza. Mais exceptionnellement, cette saison, c’est Imola qui est chargé d’accueillir le mondial. Le comte d’Agusta refuse d’envoyer ses machines courir sur ce tracé, d’autant plus qu’Agostini est déjà titré en 350cc ainsi qu’en 500cc depuis bien longtemps.

Les outsiders, sur les autres marques, s’en frottent les mains. Sur le mythique circuit Dino Ferrari, Alberto Pagani, fils de la légende Nello, sort vainqueur. Il est au guidon d’une Linto, une marque créée en 1947. La moto est assez originale, propulsée par un moteur Aermacchi. À son guidon, le suisse Gyula Marsovszky termine même vice-champion du monde 500cc en cette même année 1969, loin derrière le roi Ago et sans remporter la moindre course.

Connaissiez-vous ces victoires insolites et ces marques ? Dites-le-nous en commentaires !

 

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Marsovszky sur une Linto, une marque oubliée.