Le paddock MotoGP ne s’attendait pas à ça. Guenther Steiner, figure volcanique de la Formule 1 et ex-patron de Haas F1 Team, a officiellement pris les commandes de Tech3 en tant que PDG et co-propriétaire, à compter depuis ce 1er janvier. Une arrivée fracassante, assortie de déclarations qui ont immédiatement fait vibrer la planète MotoGP.
Steiner ne cache pas son coup de foudre pour la discipline. Et il le dit sans détour : « c’est l’un des sports que j’ai toujours aimés parce que c’est tellement excitant. Les courses sont incroyablement serrées, et le talent des pilotes se démarque vraiment. »
Puis la comparaison qui pique, surtout côté F1 : « en MotoGP, c’est beaucoup plus lié au pilote qu’en Formule 1. Ils se battent homme à homme sur la moto – c’est plutôt cool à regarder quand ils sont si proches les uns des autres. »
Message reçu : ici, le pilote fait la différence. Steiner débarque avec une conviction forte, et une admiration intacte pour la brutalité et la pureté du combat sur deux roues.
Tech3 n’est pas une équipe comme les autres. La plus ancienne structure privée du MotoGP, un nom chargé d’histoire. Et Steiner l’a bien compris. Le fondateur Hervé Poncharal reste d’ailleurs consultant, garant de la mémoire et de l’ADN de l’équipe.
« Hervé est un super gars avec beaucoup d’expérience. Il a fait cela pendant longtemps, et le fait qu’il reste avec nous est un grand avantage. » Un passage de témoin intelligent : le feu de Steiner, la sagesse de Poncharal.
Steiner sait que le MotoGP ne se conquiert pas à coups de déclarations. Il rappelle l’histoire de Tech3 — les victoires de Miguel Oliveira en 2020, un Grand Prix mené par Maverick Viñales, un podium arraché par Enea Bastianini la saison passée — mais fixe un cap réaliste :
« Il faudra trois à cinq ans pour tout mettre en place et poser nos pieds sous la table. Je respecte beaucoup le MotoGP. On ne peut pas acheter de l’expérience – cela prend du temps. » Une leçon venue de la F1, appliquée sans arrogance.
Steiner ne veut pas débarquer en terrain conquis. Il veut comprendre avant d’agir : « je peux apporter presque 40 ans d’expérience dans le sport automobile. Mais d’abord, je dois comprendre ce que le MotoGP peut tirer de moi. »
Un discours rare, humble, presque à contre-courant — et qui en dit long sur sa méthode.

Steiner : « Marc Marquez, c’est le Verstappen du MotoGP »
Puis vient la phrase qui a mis le feu aux réseaux. Steiner compare Marc Marquez à Max Verstappen. Sans détour : « Marc est le Max Verstappen du MotoGP – il a juste cet avantage, ce petit plus. »
Une comparaison lourde de sens. Elle place Marquez au sommet de la hiérarchie mentale et technique, au-delà des statistiques, dans la catégorie des pilotes qui changent les règles du jeu par leur simple présence.
Avec Steiner aux commandes, Tech3 entre dans une nouvelle ère. Plus internationale, plus structurée, mais toujours viscéralement MotoGP. Le projet est clair : respecter l’histoire, construire patiemment, frapper au bon moment.
Le paddock observe. Les fans débattent. Une chose est sûre : le MotoGP vient de gagner un personnage… et Tech3 un patron qui ne craint pas de dire ce qu’il pense.
































