Il fut un temps où l’on parlait de mobilité douce, d’avenir propre et de villes apaisées. En Australie-Occidentale, ce temps est révolu. Face à la dérive incontrôlée des vélos et scooters à propulsion électrique illégaux, les autorités ont cessé de discuter. Plus d’amendes, plus de rappels à l’ordre : les engins sont saisis… puis détruits. Sans détour. Sans retour possible.
Le problème n’est pas l’électrique. Il ne l’a jamais été. Le problème, ce sont des machines qui n’entrent plus dans aucune catégorie légale.
Dans les rues de Perth et de sa périphérie, la police ne parle plus de vélos électriques classiques. Elle décrit des engins sans pédales, dotés de moteurs surpuissants, capables d’atteindre des vitesses proches de celles d’une moto légère. Sur le papier, ce sont des “e-bikes”. Dans les faits, ce sont des deux-roues motorisés déguisés.
C’est là que la situation a basculé. Selon les forces de l’ordre, nombre de ces véhicules étaient utilisés par des mineurs parfois âgés de 11 ou 12 ans, sans casque, sans assurance, sans immatriculation, sans la moindre formation. Dans un cas confirmé, une moto électrique atteignait 80 km/h.
Entre les mains d’un adulte, c’est déjà problématique. Entre celles d’un enfant, sur la voie publique, cela devient une menace directe pour tous.
À mesure que les plaintes des riverains se multipliaient, un autre phénomène est apparu : la mise en scène. Dérapages contrôlés sur route ouverte. Passages de feux rouges. Jets d’objets sur piétons et voitures. Le tout filmé, monté, diffusé sur les réseaux sociaux.
Personne n’a été gravement blessé. Mais la police reconnaît elle-même que ce n’était qu’une question de chance.

Tolérance zéro pour les engins à propulsion électrique survoltés aux antipodes, et demain, ailleurs ?
À partir de là, la réponse était inévitable. Les autorités ont décidé d’appliquer une logique déjà utilisée pour les voitures et motos impliquées dans des conduites extrêmes : les véhicules illégaux sont confisqués et définitivement détruits. Broyeur. Fin de l’histoire.
Le message est volontairement brutal : ces machines ne remettront jamais une roue sur la route.
Cette politique intervient alors qu’une nouvelle réglementation est en préparation. Elle prévoit notamment l’interdiction pour les moins de 16 ans d’utiliser ces engins, l’interdiction de les stocker dans les établissements scolaires, un encadrement plus strict de leur commercialisation.
Les autorités pointent aussi un problème souvent passé sous silence : de nombreuses familles ne savent pas réellement ce qu’elles achètent, ni comment leurs enfants utilisent ces machines.
Contrairement à ce que certains voudront y voir, il ne s’agit pas d’un rejet idéologique de la mobilité électrique. C’est un point de rupture.
Lorsque des véhicules puissants, des failles juridiques, une utilisation irresponsable et la glorification du danger sur les réseaux sociaux convergent, la pédagogie ne suffit plus. La tolérance disparaît.
Ce qui se passe en Australie-Occidentale n’est pas un cas isolé. L’Espagne observe. D’autres pays aussi. Car partout, la même question se pose : jusqu’où peut-on tolérer des engins rapides, mal encadrés, utilisés par des mineurs, au nom d’une mobilité prétendument “douce” ?
Quand l’opinion bascule, la réponse n’est plus progressive. Elle est radicale. Visuelle. Définitive. La broyeuse devient le dernier avertissement.

































