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Aprilia utilise pour la saison 2026 du MotoGP une sorte de « F Duct », un élément interdit en F1 depuis plus de 15 ans, et c’est très intéressant, car lors de la première course en 2026, Aprilia a gagné avec plus de 5 secondes d’avance. De là à faire un lien direct, il y a au moins un sujet qui mérite d’être approfondi
Après Randy de Puniet sur Canal+ et Sylvain Guintoli sur sa chaîne Youtube, voici une troisième explication (voir la vidéo en anglais plus bas) de la dernière innovation de Noale, qui possède au moins plusieurs qualités.
La première, à nos yeux, est de souligner le timing parfait établi par Aprilia, qui a attendu le test à Buriram pour essayer et adopter cette évolution, rendant impossible tout copiage de la part de la concurrence.
« Aprilia a parfaitement choisi le moment de sa sortie. Ils ont délibérément gardé le secret durant les tests de pré-saison et est resté caché jusqu’à la période d’homologation.
Quand quelqu’un l’a repéré, il était trop tard. Et il ne semble pas que ce soit près d’être interdit, du moins pas pour 2026, car la réglementation de cette année ne le prévoit pas. 
La deuxième est de rappeler, ou d’apprendre, qu’un système analogue a déjà été utilisé en F1, avant d’y être interdit.
« Pour comprendre pourquoi le nouveau système d’Aprilia est si ingénieux, il faut revenir à la Formule 1, et plus précisément à l’année 2010.
Les Formule 1 et les MotoGP présentent le même compromis. L’appui aérodynamique est bénéfique dans les virages, mais il ralentit la voiture dans les lignes droites. Et en 2010, toutes les écuries de F1 étaient confrontées à ce compromis. Sauf une.
Lorsque McLaren a dévoilé sa nouvelle voiture, la MP4-25, tout le monde s’est immédiatement mis à parler de cette étrange petite prise d’air sur le nez de la voiture. On l’appelait le « F duct », du fait qu’elle était située juste à l’avant, à côté de la lettre F sur le capot de la voiture.
Le problème, c’est que personne ne savait à quoi elle servait. En pratique, cela permettait de modifier le flux d’air dans toute la voiture. Le pilote disposait d’un petit trou dans le cockpit au niveau du genou, qu’il pouvait obturer.
McLaren a expliqué à tout le monde que ce trou servait à rafraîchir le pilote, laissant simplement entrer un peu d’air dans l’habitacle pour son confort. Circulez, il n’y a rien à voir.
Lorsque le pilote bouchait cet orifice avec son genou, l’air, au lieu de pénétrer dans le cockpit, était dévié et faisait esquiver l’aileron arrière. Cela permettait à la voiture d’atteindre une vitesse nettement supérieure en ligne droite.
Environ 10 km/h de plus, ce qui ne paraît pas énorme, mais représente une différence considérable en sport automobile. Vous pourriez peut-être vous dire que boucher un tout petit trou ne changerait sûrement pas grand-chose.
Eh bien, ce n’était pas ce système qui assurait l’essentiel du travail. La conception reposait sur un principe appelé commutation fluidique : le genou du conducteur déviait une infime quantité d’air, mais cette infime déviation contrôlait un flux d’air beaucoup plus important qui arrivait depuis l’arceau de sécurité, qui est la prise d’air située au-dessus de la tête du pilote.
Imaginez que vous actionnez un interrupteur. Votre doigt n’allume pas la lumière, il ne fait que rediriger le courant électrique. Dans ce cas précis, le genou du pilote était le déclencheur. La FIA l’a inspecté, l’a validé, et à ce moment-là, la panique s’est emparée du plateau. Sauber a eu sa propre version à la deuxième course, Ferrari à la cinquième, et Red Bull à la dixième. Mais ces copies étaient plus délicates. Les pilotes Ferrari lâchaient le volant à près de 320 km/h juste pour activer leur version de ce F duct.
Et certains membres de l’équipe ont soulevé des inquiétudes tout à fait justifiées concernant la sécurité. Le F duct a donc été interdit avant la saison 2011. »
La troisième est de rendre l’honneur qui lui est dû à Marco De Luca, dont nous avons déjà parlé ici à plusieurs reprises, et nous nous reparlerons encore prochainement… 
Pour le reste, nous sommes honnêtes, et si nous entendons bien les différents propos (plus de vitesse avec les F ducts bouchés par les bras, plus d’appui avec les F ducts ouverts), nous ne sommes pas encore pleinement convaincus, ou du moins nous ne comprenons pas comment le système fonctionne vraiment.
Nous avons donc beaucoup de questions sans réponse, la première d’entre elles étant « ces conduits d’air sont-ils reliés à autre chose, derrière le carénage ? »
Autant le système est compréhensible pour la McLaren 2010, autant le mystère reste entier pour l’Aprilia 2026…
Le journaliste Craig Scarborough est peut-être plus proche de la vérité, en avançant que le système ne fait que gagner de la vitesse en ligne droite, en modifiant et restreignant le flux des trois sorties latérales d’air chaud d’évacuation du radiateur, pour les empêcher d’aller s’écraser sur les ailerons arrières (et donc, comparativement, de retrouver l’appui normal en virage, mais sans l’augmenter pour autant).
Nous avons ici la chance d’avoir de nombreux et compétents membres du paddock, alors leur confirmation serait la bienvenue…

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