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La transmission est un des composants techniques les plus complexe sur une moto, et le système Seamless est la Rolex de la boîte de vitesse. Véritable ouvrage d’horlogerie, elle est très exclusive et complexe… Abordons maintenant le côté technique de celle-ci.

Il est possible d’avoir accès aux différents brevets de Honda, Yamaha, Ducati ou encore ZeroShift (qui équipe Aprilia) sur internet. D’après les brevets déposés par Honda, l’arbre primaire et les pignons forment globalement une seule pièce, tournant à la même vitesse à tout moment. Sur l’arbre secondaire, tous les pignons tournent librement, mais à l’intérieur de chaque pignon se trouve un ensemble de quatre anneaux à crabots qui permettent donc de verrouiller le pignon sur l’arbre pour transmettre la puissance. Ceux-ci sont déplacés sur des axes qui se prolongent vers l’extérieur du centre de l’arbre grâce à un ensemble de ressorts internes. Les crabots ne transmettent le couple que dans un seul sens de rotation. Ainsi, deux des crabots se verrouillent pour le rapport supérieur (accélération), tandis que deux autres se verrouillent pour le rapport inférieur (décélération).

 

Ce schéma, présent dans de nombreuses documentations sur la boite Honda, montre le système de doigts de verrouillage (flèches rouges) qui engage chaque rapport à l’arbre de sortie pour transmettre la puissance.

 

Lorsque le pilote passe le rapport supérieur, les ressorts se rétractent, mais tant que la puissance est toujours appliquée, les crabots du rapport d’origine restent verrouillés en place et ce rapport transmettra la puissance. Une fois que le rapport suivant est engagé et prend la charge, l’arbre commence à tourner plus vite que le rapport d’origine et les crabots se désengagent. Tout est inversé si la moto décélère et que le pilote rétrograde.

Puisqu’il n’y a pas d’interruption de couple, le changement de rapport est sans transition pour le pilote.

 

Ici on aperçoit les fourchettes, les crabots sur les anneaux et les engrenages

 

L’explication en vidéo ci-dessous fait moins mal au crane (l’entreprise ZeroShift équipe les Aprilia en MotoGP) :

 


Ça apporte beaucoup au pilote !

Lorsqu’elle est apparue pour la première fois en 2011 chez Honda, tout le monde a pensé au gain de temps potentiel en éliminant le neutre entre les engrenages. S’il y a, par exemple, 40 changements de rapport par tour et que le temps de coupure du shifter est de 20ms, une boîte seamless devrait apporter un gain de 0.8s, ce qui aurait dû se refléter sur le temps au tour.

 

Le HRC a été la première équipe à développer cette technologie

Mais ce n’est pas ce que les pilotes ont ressenti. Valentino Rossi le soulignait en parlant de sa Yamaha, équipée en 2015 d’une boite similaire à celle de la Honda : « Il n’y a cependant pas de grosse différence sur un seul tour, » a-t-il précisé. « Nous avons essayé de faire des comparaisons. Je pense que les progrès les plus importants se noteront sur 20 ou 30 tours parce que la moto devient plus facile à piloter, elle est plus stable à l’accélération et au freinage. »

 

La M1 de Valentino Rossi est équipée d’une boite Seamless depuis 2015

 

Soulignant les bénéfices de la boîte seamless sur le comportement de la M1, Rossi a continué : « On peut davantage utiliser les vitesses pour piloter. Je veux dire que si vous avez besoin de changer alors que vous êtes sur l’angle, vous pouvez le faire ! Il y a aussi moins de stress sur les pneus et c’est donc très bien pour les pilotes parce que lorsque la moto est plus facile à piloter, on peut la pousser à la limite sans partir aussi facilement à la faute. Je pense donc que ce sera quelque chose de très important sur la distance de course, davantage que sur un seul tour. » Effectivement, plutôt que d’entrer en courbe en sous ou surrégime, ils ont la possibilité de passer les rapports en courbe sans influence défavorable sur la trajectoire.

Et le coût ?

Un autre problème est le coût. Une boite de vitesses classique à six rapports comporte environ 80 pièces, en comptant les engrenages, les arbres, les fourchettes, les cales, les circlips, etc. Une boite seamless telle que décrite dans les brevets Honda semble avoir environ 300 pièces, avec 16 pièces individuelles par rapport, uniquement liées au mécanisme de cliquet. Certaines de ces pièces sont très petites et soumises à une charge très élevée. Les transmissions seamless en MotoGP auraient besoin d’un entretien quotidien sur la piste par un technicien dédié.

 

 

Une boite de vitesses si minutieuse coûte très cher

 

A quand une boite de vitesse « Seamless » sur route ?

Il est très peu probable que vous voyiez ce type de transmission seamless de sitôt sur votre moto, même si vous faites de la piste. L’une des raisons est que, compte tenu de la construction décrite précédemment, le neutre est difficile à intégrer. Et bien évidemment, le coût astronomique de cette technologie rebuterait plus d’un motard !

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