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Toprak Razgatlioglu

Les débuts en MotoGP de Toprak Razgatlioglu ne ressemblent en rien à une promenade de santé. À Sepang, pour ses premiers essais complets avec Pramac Racing et la Yamaha V4, le triple champion du monde WorldSBK a terminé avec près de deux secondes de retard sur les meilleurs temps. Un écart brutal. Et surtout, un constat lucide.

Descendu de la moto, le Turc n’a pas cherché d’excuses. Il a expliqué, avec une franchise rare, pourquoi son style forgé en Superbike se heurte frontalement aux exigences des prototypes MotoGP.

Toprak connaît parfaitement les forces et les limites de son pilotage. À Sepang, il a même reconnu que Nicolo Bulega serait probablement plus à l’aise que lui sur ce tracé malaisien.

« Je pense que s’il venait ici, et surtout sur ce circuit, il piloterait beaucoup mieux, car ce tracé correspond mieux à son style. »

Une déclaration forte, qui en dit long. Le circuit de Sepang favorise les longues courbes rapides et la vitesse de passage en milieu de virage, précisément le domaine où Toprak souffre actuellement.

La différence tient à la trajectoire. Razgatlioglu est un maître du freinage appuyé. Il freine tard, presque à l’arrêt, redresse la moto et accélère fort en sortie : une trajectoire en V, typiquement Superbike.

« Il est généralement très rapide dans les longs virages, tandis que je privilégie le style Superbike : freinage appuyé, redressement de la moto et accélération, en décrivant un V » poursuit Toprak en se comparant à Bulega sur crash.net.

Nicolo Bulega, Toprak Razgatlioglu, Test MotoGP de Valence 2025.

Buriram sera comme un test décisif pour Toprak Razgatlioglu

Ce style spectaculaire lui a permis de dominer le WorldSBK. Il l’a perfectionné en observant notamment Jonathan Rea à ses débuts.

« Je me suis beaucoup concentré là-dessus et, quand j’ai commencé en Superbike, Jonathan Rea pilotait toujours comme ça, alors je l’ai appris de lui. »

Mais en MotoGP, la physique change. Les prototypes exigent une vitesse élevée au point de corde. Les pilotes conservent énormément d’angle et de vitesse en milieu de virage.

Quand Toprak applique sa méthode habituelle, la Yamaha V4 réagit différemment : la roue arrière patine, la traction devient délicate et le temps s’envole dans les portions rapides.

Là où ses rivaux enchaînent les courbes avec fluidité, lui doit encore réapprendre la gestion de l’adhérence et la progressivité.

Il le reconnaît sans détour : « cela fonctionnait très bien en Superbike, mais en MotoGP, nous devons adapter notre style de pilotage. »

Razgatlioglu découvre que passer du WorldSBK au MotoGP n’est pas qu’une question de talent ou d’audace au freinage. C’est une reconstruction technique complète.

Pendant ce temps, Bulega reste focalisé sur son avenir avec Ducati en Superbike, tout en participant ponctuellement au développement de la future génération 850 cc prévue pour 2027. L’Italien possède déjà une petite expérience en MotoGP, ce qui accentue le contraste. Toprak, lui, doit presque repartir de zéro.

Le prochain rendez-vous aura lieu en Thaïlande. Les essais de Buriram offriront une nouvelle chance au Turc d’affiner son approche avant le début officiel de la saison 2026.

La question n’est plus de savoir s’il est rapide, car il l’est. La vraie interrogation est plus profonde : jusqu’où est-il prêt à modifier un style qui lui a apporté des titres mondiaux ?

Car en MotoGP, le freinage spectaculaire ne suffit pas. Il faut danser au milieu du virage. Et pour Toprak Razgatlioglu, la transformation ne fait que commencer.

ToprakRazgatlioglu

 

 

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