La saison de WSBK s’ouvre ce week-end en Aragon et avant même que les motos ne se lancent sur la piste, on s’agite dans les coulisses. En cause, ce tableau, apparu il est vrai tardivement, mentionnant les régimes moteur maxi imposés aux constructeurs en lice. Des valeurs qui ont été une mauvaise surprise pour Kawasaki qui va devoir faire avec 1 500 tr/mn de moins que le grand rival Ducati. Tant sur la forme que sur le fond, ça coince, et Pere Riba a tenu à faire entendre sa voix.

Pere Riba est l’ombre de Jonathan Rea dans le box Kawasaki et une pièce essentielle dans un dispositif de la marque qui enfile les titres depuis 2015 comme d’autres les perles. Le WSBK est le terrain de jeu de ce binôme qui ravi l’usine d’Akashi. Une domination peut-être un peu trop forte que le nouvel opus de la ZX-10R veut asseoir encore un peu plus. Est-ce pour cela que le Ninja s’est vu castrer au niveau du régime maximum de son moteur ?

On espère que non, mais la nouvelle est arrivée tardivement, ce qui ne manque pas d’interpeler le chef mécanicien espagnol : « il n’est pas acceptable de couper le régime moteur trois jours avant le début du championnat du monde » a-t-il déclaré sur GPOne. Mais il relativise aussitôt l’impact de la mesure : « nous savons quoi faire, nous ne sommes pas inquiets ».

Il explique : « nous avons essayé de développer la moto du mieux que nous pouvions, tout d’abord en la rendant équilibrée. Nous n’avons pas eu besoin de bouleverser la Kawasaki, mais simplement d’essayer d’apporter une évolution à notre projet. Nous avions en fait atteint 99% et il nous fallait juste un pas de plus ».

Kawasaki est encore plus motivé

« Il est impossible d’avoir une moto qui permette à Johnny d’être une seconde plus rapide, cela n’existe pas. Avec la nouvelle ZX-10RR, cependant, nous avons réussi à faire un pas en avant important avec l’aérodynamique, ainsi qu’avec l’électronique, un domaine très compliqué, où vous pouvez prendre différentes directions et risquer de faire des erreurs. Comme je l’ai déjà dit, cette moto est une simple évolution, aussi parce que le cadre est le même qu’il y a dix ans ».

Puis il revient sur ses 14 600 tr/mn imposés : « être rapide dans la ligne droite est important, mais ce qui compte, c’est d’avoir une moto équilibrée. Ici, en Aragon, les machines effectuent un tour en 1’50, mais dans la ligne droite, ils ne restent que 10 à 15 secondes. L’équilibre est fondamental, surtout la traction à la sortie et nous sommes compétitifs à cet égard, car nous compensons ».

Riba termine donc : « nous ne sommes pas inquiets. Nous savons quoi faire et nous agirons pour être compétitifs et aller au-delà de cette limite. Comme je l’ai dit, l’équipe a la bonne conscience de ses moyens en vue du début du Championnat du Monde et Johnny est dynamisé ». Kawasaki semble puiser dans cette mesure une motivation supplémentaire…




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