Dans un monde de la vitesse où chaque mot compte, Serafino Foti, patron de l’équipe *ruba.it Racing – Ducati en Superbike World Championship, a lâché une déclaration qui ne va pas passer inaperçue dans les paddocks. Son nouveau protégé, Iker Lecuona, débarque chez Ducati après avoir quitté Honda… et selon Foti, le jeune Espagnol a été littéralement « ébloui » par la Panigale V4 dès sa première prise en main. Mais derrière ce compliment flatteur, se cache une vérité qui risque de secouer davantage que les chronos.
Foti ne se contente pas d’un simple éloge. Il décrit une scène presque caricaturale : Lecuona, dès son premier test, a trouvé la Ducati moins physique que la Honda, plus facile à exploiter et dotée d’une électronique qui dépasse tout ce qu’il connaissait auparavant.
Ce n’est pas juste une préférence technique. C’est une mise en lumière indirecte de la faiblesse du package Honda ces dernières années. Et c’est un coup de projecteur violent porté sur une marque qui, dans le passé, dominait encore le débat technologique en SBK.
Foti insiste sur le fait que Lecuona n’était pas physiquement prêt à 100 % à Jerez, réduisant volontairement son temps de roulage à cause d’un problème au bras. Le meilleur et le plus beau serait donc encore à venir !
« C’est un talent pur, et avec notre machine, il va franchir un cap. Son énergie est incroyable, mais notre rôle sera de l’aider à canaliser cette passion pour être constant sur toute une saison » précise Foti.
Les sceptiques diront que la Ducati impressionne toujours quand elle est entre de bonnes mains, mais confier qu’un pilote « pas à son meilleur niveau » est déjà « très impressionné » de la moto, c’est quasi admettre publiquement que Honda était à la traîne.

Avant Iker Lecuona, il y a eu Alvaro Bautista
Foti ne s’arrête pas là … Il rappelle sur GPOne qu’il a supervisé le retour triomphal d’Alvaro Bautista chez Ducati il y a quatre ans, voit un scénario similaire se dessiner. « Je me souviens encore du visage de Bautista lors du premier essai de retour sur la Panigale après la Honda. Il parlait de lui-même », glisse le manager, laissant entendre que l’émerveillement de Lecuona est du même acabit.
Le team manager ne s’arrête pas là. Il affirme que Lecuona pourrait déjà jouer pour le top cinq, voire le podium à Phillip Island.
C’est une déclaration ambitieuse — voire provocatrice — quand on sait que Lecuona arrive avec seulement une journée de test sur la machine. Il est supposé apprendre en roulant, pas en dominant.
Pendant que Ducati fait passer ce message très offensif, la concurrence — BMW, Kawasaki, Yamaha — doit observer ça en coin de l’œil. Surtout si Ducati continue d’attirer des talents comme Lecuona, et si la Panigale V4 continue à être présentée comme plus exploitable que ses rivales.
Ce n’est plus un simple transfert de pilote. C’est un choc culturel et technique entre anciennes écoles (Honda) et nouveau pouvoir (Ducati).
Dans un championnat où chaque mot du manager est scruté comme un bidon de carburant dans le parc fermé, le message de Foti est clair, volontairement fort, et perturbateur : nous avons la machine que les autres enviaient. Nous avons un pilote jeune, talentueux, qui va briller aussitôt.
Les sceptiques répondent déjà que Ducati pousse ses propres feux en vantant un débutant. Les optimistes pensent que Iker Lecuona est un outsider prêt à surprendre.
Reste que cette sortie — aussi flatteuse soit-elle — n’est pas neutre, et pourrait devenir l’un des thèmes majeurs de la saison WSBK 2026.
Parce qu’au fond, lorsqu’un team manager dit que sa moto est plus exploitable et moins physique que celle de la concurrence… il dit autre chose entre les lignes : nous sommes les meilleurs.
































