Après trois premiers Grands Prix très intéressants et instructifs, nous avons fait le point sur le plan technique avec Didier, marque par marque, avant que ne débute la campagne européenne.

Yamaha

« Le début de saison de Yamaha a été presque parfait. Il y a eu des moments un peu difficiles lors des tests avec Valentino Rossi, mais il y avait un peu d’intox. C’est un malin, et il a eu en course la réussite de son côté. Les Yamaha sont pour le moment les meilleures. Elles sont bien nées, issue d’une lignée de grande qualité. Quand ils font un proto avec tous les bons enregistrements de données dont ils disposent, c’est un peu plus facile. Leurs motos fonctionnent toujours bien depuis des années. Ils progressent en amenant de petites touches à des modèles déjà performants. Quand ils se trompent, ce n’est qu’un petit peu moins bien. Alors qu’un constructeur qui apporte d’importantes modifications aura plus de chance de se retrouver éloigné d’une grande progression.

Honda

« Honda depuis quelques temps commence ses saisons dans la difficulté, puis parvient à améliorer. Un pilote comme Marc Marquez gomme beaucoup de défauts. La moto progresse, surtout sur des circuits qui lui sont favorables comme Austin, même si elle est toujours un peu rétive. On voit que Dani Pedrosa et Cal Crutchlow ne sont pas loin derrière Marquez. Jack Miller un peu plus loin est également nettement plus performant que l’année dernière à la même époque. Il ne faut pas enterrer la Honda.

Ducati

« Ducati n’est pas un cas simple. Ils travaillent beaucoup. L’arrivée de Jorge Lorenzo laissait espérer des miracles, qui n’ont pas eu lieu. C’est laborieux, mais quand on prend l’évolution course après course, on s’aperçoit quand même que ça va dans le bon sens. Mais la route est encore longue.

Suzuki

« C’est plus difficile pour Suzuki. D’abord ils n’ont que deux pilotes, ce qui complique les choses quand on veut faire du développement. L’avantage est qu’on se concentre sur deux motos plutôt que d’avoir des stocks de pièces à gérer pour des équipes satellites. Tout est plus compliqué, plus lourd quand on a plus de motos car il faut plus de personnel et de matériel, mais d’un point de vue purement technique, pour le développement, c’est un handicap. En plus Alex Rins est blessé, ce qui complique singulièrement les choses. Il est certain que la Suzuki est une bonne moto, une base de qualité, mais je pense que si elle était utilisée par quatre bons pilotes, elle ne serait pas dans sa situation actuelle.

Aprilia

« L’Aprilia a fait des choses intéressantes, son développement a été bien mené. Eux aussi n’ont que deux motos, ce qui ne facilite pas les choses. Il serait temps que Sam Lowes s’y mette. Aprilia se retrouve donc avec un seul pilote rapide. Il est difficile de réaliser une bonne moto dans ces conditions. L’Aprilia est une bonne machine en devenir, mais faire du développement dans ces conditions n’est pas chose simple.

KTM

« KTM a encore tout à prouver et il ne faut pas leur jeter la pierre. Ils arrivent en MotoGP, la catégorie la plus difficile. Il faut laisser le temps au temps. Ils ont fait des annonces spectaculaires, probablement importantes sur le plan commercial, mais il leur faudra encore du temps pour être compétitif. »

Pol ESPARGARO SPA Red Bull KTM Factory Racing KTM MotoGP GP Americas 2017 (Circuit COTA) 21-23/04.2017 photo: MICHELIN

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