Cal Crutchlow sera, ce week-end, la vedette incontournable du Grand Prix de Grande Bretagne et fêté par tout un peuple qui fera honneur à sa campagne victorieuse et pluvieuse en République Tchèque. Qui plus est, il a rallumé la flamme de la victoire éteinte depuis 35 ans dans un Royaume orphelin de son Barry Sheene. Pourrait-il remettre ça chez lui ? Le pilote LCR tempère et rappelle qu’il n’a qu’une Honda.

Une démarche qui fait redescendre sur terre tout le monde. L’Anglais espère que cela fera aussi ouvrir les yeux du premier constructeur mondial qui aurait tort de se cacher derrière les apparences. Certes, c’est son pilote de pointe Marc Márquez qui mène la course au titre avec une bonne marge de 53 et de 69 points sur un duo en Yamaha. Certes, les deux dernières victoires de pilotes indépendants sont autant de succès de la RC213V, avec Jack Miller et Cal Crutchlow. Mais le fait est que la dernière-née du HRC est tout sauf une réussite.

Un paradoxe qui, s’il n’est pas pris en compte au Japon, pourrait avoir de lourdes conséquences sur la suite. D’aucuns parlent déjà d’un syndrome Stoner qui aurait frappé le blason ailé. Entendez par là qu’il n’y a plus qu’un seul pilote capable de faire gagner la RC213v : Marc Márquez. Et sur lui repose toute la destinée du premier constructeur mondial en MotoGP. Côté staff, on met en cause l’électronique unique et on rassure que le mal n’est que passager. Mais Cal Crutchlow voit plus large : « Honda a un problème avec le châssis, le moteur et l’électronique ». En fait, tout est à revoir ! Coutumier des métaphores, le pilote LCR avait même lâché au terme des essais libres à Brno qu’il débourserait bien 200.000 euros pour acheter la GP14.2 de Barberá pour améliorer son ordinaire.

A bien y réfléchir, on se dit que Marc Márquez fait autant de mal à Honda que Stoner en a fait à Ducati. Malgré les titres et les victoires, il est entretenu l’illusion d’une bonne moto alors que tout tient par l’immense talent d’un pilote : « Marc est dans une autre dimension » insiste Crutchlow sur Sportrider. « Les choses se vivent différemment chez moi et chez Dani Pedrosa. Il n’y a qu’à voir où a fini Marc lors des qualifications à Brno et où nous avons terminé. Il était en pole-position et nous neuvième et dixième. J’ai regardé la télémétrie de Marc et j’ai pu voir qu’il freinait vingt mètres après moi. J’ai essayé de repousser ma limite de deux mètres seulement et je suis tombé ».

Il est vrai aussi que Márquez a roulé avec un autre châssis. Mais le Britannique écarte l’argument : « c’est vrai mais il serait sur ma moto il gagnerait aussi et moi je ne ferais pas mieux que maintenant. Si Márquez pilotait pour une autre marque de moto, il serait déjà à la tête de beaucoup de titres ». La dernière phrase fait mal pour Honda, mais au-delà des deux victoires sous la pluie de Miller et de Crutchlow, il faut regarder d’autres chiffres.

Ces deux-là regrettent 16 chutes chacun depuis le début de la saison. Ce sont les deux pilotes qui ont le plus chuté du plateau MotoGP. Sur la seconde machine du HRC, Pedrosa s’est qualifié quinzième, dixième, douzième et neuvième durant les quatre derniers rendez-vous terminés aux douzième, huitième, septième et encore douzième rangs. N’en déplaise à Shuhei Nakamoto, Marc Marquez est bien l’arbre qui cache la forêt chez Honda.

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