Massimiliano Garavini a eu le privilège de pouvoir interviewer Davide Tardozzi, le team manager de l’équipe Ducati en MotoGP, pour le site Corsedimoto.

Il en résulte un intéressant entretien, passionné et dynamique, duquel nous avons extrait les trois réponses suivantes.

La gestion éventuellement difficile des deux forts caractères que sont Dovizioso et Lorenzo…

Davide Tardozzi: « Pas vraiment. Tous deux sont de grands professionnels, deux champions conscients de leur valeur. Avec les deux, nous avons trouvé une bonne base de travail et, avec Gigi (Dall’Igna) et Paolo (Ciabatti), je dirais que nous avons donné une tranquillité d’esprit à la fois technique et sportive. Nous sommes sûrs d’avoir dans le box deux pilotes de pointe qui tenteront de défier le meilleur l’année prochaine, qui, en ce moment, est Marquez ».

Valencia 2017 n’a-t-il pas laissé de traces ?

« Dovi est un garçon très intelligent. Ce n’est pas discutable. C’est à nous de lui donner la moto qu’il demande pour lui permettre de jouer jusqu’au bout. La moto parfaite n’existe pas, le pilote parfait n’existe pas. Il est clair que quelque chose s’est passé à Valence, mais si vous voulez savoir ce que je pense, je pense que si Lorenzo avait réussi à remonter sur les deux premiers dans les deux derniers tours, il aurait aidé Dovizioso. Peut-être ouvertement ? Peut-être, mais il l’aurait fait ! Malheureusement, cela n’a pas été le cas. Cependant, il est vrai que lorsque l’équipe vous envoie un message, il faut le respecter, mais il est aussi vrai que seuls les pilotes connaissent la situation en course ».

Accéder à la MotoGP sera-t-il bientôt réservé aux pilotes disposant de gros budgets ?

« En ce sens, je crois qu’une excellente opération a été faite avec la catégorie 300: un choix que j’approuve. Une catégorie d’entrée accessible et éducative en pleine harmonie avec l’esprit de compétition. Ainsi, une nouvelle génération de pilotes peut être formée sans exclure a priori qui que ce soit. Le parcours pour arriver au Championnat du Monde est très coûteux, souvent trop cher pour les familles de pilotes prometteurs. On ne dit pas que pour faire grandir les futurs champions, la route doit nécessairement être celle de la moto3 qui demande beaucoup d’argent. Prenons Franco Morbidelli, il a toute mon estime pour ce qu’il a fait sur la piste, mais surtout pour son attitude, sa détermination et son dévouement, et c’est un gars qui n’avait pas de grands moyens: il a dû tout gagner avec son talent, d’abord en Supersport (ndlr : Superstock 600 ), puis il est arrivé au titre moto2. Je pense que les histoires des pilotes devraient être mieux connues, car ce n’est pas vrai qu’ils sont tous privilégiés et qu’ils vivent dans un monde enchanté. J’aimerais que vous fassiez connaître davantage ces jeunes et les sacrifices qu’ils font pour leur passion, en plus des actions des champions consacrés ».

L’article intégral est disponible ici, en italien.