Depuis ce matin, la presse italienne fait état du nom de Yonny Hernandez comme remplaçant de Jonas Folger au sein du team Tech3, peut-être pour toute la saison 2018, mais en tout cas assurément aux prochains tests qui débuteront à Sepang vendredi prochain.

Nous avons pu faire le point sur ce sujet avec Hervé Poncharal et, comme vous allez le voir, les choses ne sont pas tout à fait aussi simples…


Hervé Poncharal, où en est-on sur le sujet du remplacement de Jonas Folger ?

Hervé Poncharal : « à l’heure actuelle, étant donné qu’une partie de l’équipe part le 23 et une autre partie le 24 janvier, et vu la difficulté que l’on a de trouver un pilote qui soit acceptable sur le plan du niveau de pilotage et qui, surtout, soit libre de tout engagement, j’ai personnellement décidé, avec le plein aval de Yamaha Motor Corporation, c’est-à-dire de Messieurs Tsuji et Tsuya au Japon, de prendre comme date limite les essais à Buriram en Thaïlande. Décider avant serait faire les choses à l’emporte-pièce, sous la pression et sous le stress, et ce n’est pas comme ça que cela se fait. On n’annoncera donc pas le pilote qui remplacera Jonas Folger avant le retour de Sepang. C’est mon objectif et j’espère qu’on sera en mesure de le tenir.

Maintenant, je tiens à dire une chose de façon très claire : j’ai été surpris et choqué par les offres de services qui m’ont été faites de la part de pilotes qui sont tous sous contrat, et des contrats qui sont bien faits et bien ficelés. Le message que je tiens donc à faire passer est que ce n’est pas parce que j’ai un problème que je vais passer ce problème à quelqu’un d’autre. Le problème auquel on a à faire face est malheureusement un problème de la vie d’un team manager qui fait de la compétition, en l’occurrence MotoGP, et c’est à moi de le résoudre. Je ne vais pas bien le résoudre, car aujourd’hui personne n’a à la fois le niveau de Jonas Folger et est disponible sur le marché. Donc on est en train de réfléchir et on prend un peu plus de temps pour y arriver. Bien entendu, si les pilotes qui m’ont contacté sont capables de me donner un document sur lequel il est spécifié que le patron de l’équipe avec laquelle ils sont en contrat aujourd’hui les déclare totalement libres d’entrer en négociation avec le team Tech3 pour la saison 2018, et ce d’ici notre retour de Sepang, ces pilotes rentreront dans notre panel de pilotes possibles pour 2018.

D’ici là je regrette le manque d’honnêteté, de reconnaissance de beaucoup de pilotes vis-à-vis des gens qui leur ont fait confiance. Ils se sont serrés la main, ils ont signé un contrat pour s’engager en 2018, et même s’il y a des opportunités qui sont un peu plus séduisantes, je pense qu’une parole donnée, une poignée de main, et encore plus une signature au bas d’un contrat, est quelque chose qui doit être respecté.

Trouver un pilote n’est pas une question de vie ou de mort pour le team Tech3. Personnellement, j’ai envie de toujours garder la tête haute et d’être en phase avec mes valeurs. Je préfère travailler avec un pilote qui sera peut-être moins performant, mais dans une saine et bonne ambiance.

De plus, je suis président de l’IRTA, qui est l’association des écuries de Grand Prix. Je suis le représentant des équipes et je ne fais pas ça par ambition personnelle puisqu’il n’y a rien à gagner avec ce job là, si ce n’est que j’ai envie de faire en sorte que l’on devienne plus professionnel. On a fait évoluer la sécurité, on a fait évoluer la vie dans le paddock, on a fait évoluer les voyages, etc., mais il y a aussi le fait que d’être professionnel, c’est aussi respecter la parole et la signature engagée. Je sais donc que je pourrais prendre ces pilotes, mais je ne le ferai jamais car c’est contre mes principes de base. »

Y aura-t-il un pilote sur la moto de Jonas à Sepang ?

« Honnêtement, je ne le sais pas. Nous avons trois options.
La première consiste à proposer à Yamaha d’utiliser un de leurs pilotes japonais pour travailler ensemble et participer à l’effort de développement, ce qui est le but de ces essais à Sepang. Yamaha réfléchit à ce sujet.
La deuxième possibilité, c’est qu’il n’y ait personne sur la moto. Tech3 roule avec Zarco, et c’est tout. Ce n’est pas impossible du tout.
La troisième possibilité, c’est que Yamaha n’ait pas besoin de nous parce que tout est déjà organisé, et, notre équipe étant sur place, pourquoi pas éventuellement faire rouler un pilote, mais ne s’engager que sur un contrat d’une semaine. Car je vous répète que la décision définitive ne sera pas prise avant le moment de partir pour Buriram ».

Aujourd’hui, le nom de Yonny Hernández qui circule en Italie figure bien sur la liste des pilotes éventuellement libres qui peuvent intéresser Tech3 à l’heure actuelle.

Même si ce n’est pas encore certain, il est donc tout à fait possible qu’il participe au test de Sepang, sans que cela augure en quoi que ce soit la suite de sa saison. Un communiqué de presse devrait être diffusé en début de semaine prochaine pour clarifier la situation.