Contrairement aux tests qui se sont déroulés pendant les trois dernières journées à Sepang, ceux qui commenceront demain sont officiels et, en conséquence, l’emploi du temps des pilotes reprend son cours habituel avec, dès la veille, un point avec la presse.

Après plusieurs mois d’interruption, nous reprenons donc notre habitude de vous reporter intégralement les propos de Johann Zarco.

A côté de la communication parfois un peu formatée des traditionnels communiqués de presse, les échanges entre le pilote français et les journalistes dans l’hospitalité du team Monster Yamaha Tech3 sont d’une richesse et d’une simplicité que les vrais passionnés apprécieront (vous pouvez retrouver tous ses débriefings passés dans notre rubrique “Interviews“).

Il y a toujours le petit détail qui nous fait plonger chaque jour davantage en immersion dans le monde de la MotoGP…

Comme à notre habitude, nous reportons ici l’intégralité des propos de Johann Zarco, de façon brute, donc sans aucune mise en forme ou déformation journalistique.


 De quelle façon s’est passée votre pause hivernale ?

Johann Zarco : « j’ai passé un bon hiver. J’ai décidé de faire le Superprestigio pour avoir un entraînement supplémentaire, donc je n’ai pas eu une très longue pause, ce qui est une bonne chose. Ce n’est jamais facile de courir dans une catégorie complètement différente. Techniquement, c’est un bon entraînement, et cela est également positif pour votre mental car vous ressentez que vous êtes un bon pilote mais il y a beaucoup de pilotes qui vous battent. Vous devenez donc nerveux, et le travail est de rester calme quelque soit la situation. C’était donc une bonne chose, puis j’ai eu des vacances pour Noël et le nouvel an.
Début janvier, je suis remonté sur une Supermotard et je n’ai fait que du Supermotard jusqu’à présent. Cela a également été la sorte d’entraînement que j’ai pratiqué durant toute l’année dernière avec mon coach pour voir si j’avais un bon équilibre, si j’étais rapide et régulier dans mes chronos. Nous utilisons des pneus slicks Michelin et ils fonctionnent très bien. Une Supermotard sur une piste de karting, c’est comme une sorte de MotoGP car avec une 450cc sur une piste d’un kilomètre, vous avez beaucoup d’accélérations. Je me suis donc entraîné comme ça dès le début de janvier pour me sentir prêt, ici en Malaisie.
J’ai aussi fait de l’entraînement physique mais cela fait partie du travail normal. Et comme je l’avais fait l’année dernière, j’ai essayé de rester éloigné de tous les commentaires à propos de la moto que j’utiliserai cette année et des décisions que j’ai prises depuis novembre. Le feeling que j’ai sur la moto était très bon, et l’objectif de mon entraînement au début de ce mois-ci était de retrouver le bon feeling que j’avais en novembre dernier et de remonter sur la moto et faire les commentaires. On verra cela demain et pendant les trois prochains jours, mais oui, j’ai toujours l’esprit libre pour faire le meilleur travail possible. »

Le forfait de Jonas Folger a été un choc pour le team, mais peut-être aussi pour vous. Cela vous a-t-il perturbé d’une façon quelconque ?

« Non. Perturbé, non. C’est dommage car c’était mon coéquipier, et comme je l’ai dit, nous étions coéquipiers nous étions également ensemble dès nos tout débuts en championnat du monde, et même un peu avant quand il était à l’Academy, et que j’y étais un peu. Puis quand j’ai été champion en 2015, il était sur le podium avec moi, et à nouveau en 2016. C’est un coéquipier rapide et nous espérions tous qu’il allait revenir. C’est vraiment étrange qu’il ne le puisse pas. Si on veut toujours prendre le côté positif, les choses auraient pu être plus graves car on ne l’a pas perdu : on l’a perdu en tant que coéquipier, mais pas en tant qu’individu, ce qui est le plus important. J’espère vraiment que cette sorte de maladie ne devienne pas plus grave. »

Ressentez-vous davantage de pression après la saison dernière ?

« Non, non, non. Je ne ressens pas davantage de pression et je suis heureux que les gens m’attendent dans le top. Évidemment, après la façon dont j’ai terminé les dernières courses, le souhait concernant cette année est de débuter l’année avec le même rythme que l’année dernière. Cela veut dire être capable de se battre pour la victoire dès le début, et cela peut être tout simplement fantastique pour tout le championnat. »

Valentino a dit que vous étiez cette année sur la courte liste des pilotes qui pouvaient non seulement gagner des courses, mais aussi le championnat du monde. Même si vous aviez une moto 2017. Qu’en pensez-vous ?

« Ah, ah, ah. Cela serait fantastique car cela veut dire que la moto 2017 fonctionne bien. Mais je crois que la façon dont ils ont travaillé l’année dernière sur cette moto était pour avoir un meilleur potentiel en fin de course, et par rapport à la façon dont j’ai utilisé la moto 2016, avec mon équipe technique, nous pensons que nous avons plus de potentiel pour bien finir les courses. Peut-être pas pour faire le record du tour, mais on a vu à maintes reprises que celui qui gagnait la course n’était pas toujours celui qui faisait le record sur un seul tour. Que Valentino dise que je peux me battre pour le championnat me fait simplement sourire, comme l’année dernière quand il parlait à mon sujet. C’est toujours l’idole, donc je suis très heureux. Et avec l’expérience de mes deux titres en Moto2, je dois garder cela l’esprit. Pourquoi pas ? Évidemment, pourquoi pas durant cette deuxième année ? Nous verrons. Nous prenons vraiment les choses simplement et nous apprécions tout, mais je pense que la Yamaha, d’après ce que j’ai ressenti même lors des tests privés qui ne se sont pas déroulées dans de très bonnes conditions (météo), vous donne une confiance que je n’ai jamais eue sur une autre moto avant. »

Comment abordez-vous mentalement ces trois journées d’essais ?

« Avant tout, m’habituer aussi vite que possible à la vitesse. Après deux mois sans avoir été à 300 km/h, c’est la chose la plus difficile pendant la première journée. Et quand je serai habitué à cela, cela voudra dire que je pourrais être en mesure de faire quelques bons chronos. Quand nous serons rapides, ce sera alors le même travail que nous faisons chaque année, à savoir avoir le feeling pour garder un rythme rapide avec des pneus usés. C’est un objectif simple et j’espère juste pouvoir l’atteindre au bon moment. »

Vous avez dit qu’un de vos objectifs était d’être pilote d’usine après cette année. Aurez-vous cela à l’esprit dès que vous vous assoirez sur la moto ?

« Déjà l’année dernière, je disais dans mes commentaires que l’objectif est d’avoir une moto d’usine car c’est un pas en avant important pour un pilote, également pour pouvoir se battre pour le championnat. Peut-être que je pourrais me battre pour le championnat cette année, et ce serait alors non seulement le plus beau cadeau de l’année mais aussi celui de ma vie. Mais tout le soutien que peut apporter un team d’usine est une avancée positive. J’espère donc que les résultats me feront mériter ce team d’usine. Je ne sais pas où. L’objectif est de pouvoir être chez Yamaha car j’ai un bon feeling avec la Yamaha, mais si les autres pilotes signent, cela peut être compliqué. Il est encore très tôt pour y penser. »

Il y a beaucoup d’intérêt de la part des usines à votre sujet. Cela ne va-t-il pas vous déconcentrer ?

« Non. Je pars toujours avec mon manager, coach et ami qui est Laurent. Nous nous entendons très bien et travaillons très bien quand il est sur les circuits. J’ai confiance en lui et je le laisse penser et travailler à ces choses, puis nous en parlons ensemble, mais je me repose sur lui pour ce genre de choses. J’ai confiance dans les gens avec lesquels je travaille. »