C’est un Lorenzo une fois encore peu consistant qui a évolué dans une édition du Grand Prix d’Australie marquée par le froid. Por Fuera est une mécanique de précision qui ne se révèle que sous certaines conditions. La première d’entre elles est une piste sèche et bien chauffée. Sinon, c’est la Berezina.

Cette visite à Phillip Island ne restera pas parmi les bons souvenirs de Jorge Lorenzo. Et au rythme où les choses évoluent, il se pourrait bien que ce soit la saison toute entière qui ne marque pas l’esprit du quintuple titré. Celui qui accomplit sa dernière campagne pour Yamaha pourrait bien se retrouver finalement classé comme lors de sa première : soit à une quatrième position synonyme de pire pointage dans la hiérarchie.

Une conclusion qui serait en queue de poisson avant de rejoindre Ducati qui devra prier pour qu’il n’y ait plus jamais de pluie. Mais la météo est une chose et les pneus en sont une autre. L’autre constante chez le Majorquin consiste à pointer aussi Michelin du doigt : « Michelin travaille pour améliorer l’adhérence de son pneu avant, mais il y aussi du travail à faire avec l’arrière qui n’est pas extraordinaire. Quelque chose de plus doit être fait » a commenté l’Espagnol lors de sa conférence de presse privée, et qui par ailleurs regrette : « la perte d’adhérence à l’arrière a été énorme, ça m’a fait défaut dès le début mais c’est comme ça. Depuis les courses après Brno, on a du mal ».

Il continue : « les températures étaient à peu près les mêmes que lors le warm-up et nous avons plus ou moins reproduit les mêmes performances. Je faisais les mêmes chronos, dans les 1’30.4. Dès que nous sommes sur une piste qui a moins de grip, nous avons plus de difficultés et les problèmes que nous avons sur la moto s’accentuent ».

Mais pourquoi ce mal s’acharne-t-il à ce point sur sa personne alors que Rossi arrive à y trouver les ressources d’un rebond ? Lorenzo rappelle : « j’ai un style de pilotage tout en douceur et je ne suis pas adepte des freinages forts et violents. Alors lorsqu’il fait froid, comme en Australie, les difficultés se multiplient. Ceux qui ont un style plus agressif comme Rossi ou Espargaró s’en sortent mieux. Avec les Bridgestone, c’était l’inverse ».

« Lorsque l’adhérence est précaire et que nous optons pour le pneu dur, nous souffrons. La moto devient compliquée à piloter, elle bouge beaucoup, surtout dans les virages. Au Motegi, le bitume était différent et nous avons été moins pénalisés. Ici, c’était le summum. Nous ne devrions pas avoir de problème lié au froid ou au grip en Malaisie, où la piste est toute neuve. Il devrait y avoir plus de grip que l’an dernier et j’espère vraiment finir avec un meilleur résultat ».

Et ce serait bien car plutôt que de lorgner sur la seconde place au général d’un Rossi à présent à 24 points, il devrait se méfier d’un Viñales qui le remonte avec seulement un passif de onze unités : « je suis seulement concentré sur le fait de progresser sur la moto et je pense course après course. Si je finis quatrième alors ce sera mon pire classement au Championnat du Monde. Si les Michelin fonctionnent, je serai en mesure de gagner en Malaisie ».

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