Le dernier Grand Prix d’Allemagne sur un tracé du Sachsenring encombré et arrosé a mis sur le devant de la scène toute la difficulté de la communication entre le pilote et son stand. La physionomie de la course exigeait de prendre une décision stratégique au bon moment. Pour cela, discernement et sang-froid étaient indispensables, mais se faire comprendre était également incontournable. Pour beaucoup, c’est ce qui a pêché.

La conjoncture était compliquée pour les pilotes dimanche dernier. Concentrés sur leur pilotage sur une piste mouillée qui évoluait vers le sec, roulant en paquet, ils devaient aussi être attentifs au panneau présenté par leur stand. Qu’il fallait discriminer en une fraction de seconde parmi d’autres exhibés en même temps. Dans les box, il fallait saisir l’instant éclair pour le présenter à son poulain lancé à plus de 250 km/h. Du grand art avec un soupçon de miracle.

L’erreur était donc facile à commettre, et elle a été regrettée par les hommes qui menaient alors la course teutonne. Rossi, Dovizioso devant, Crutchlow qui ne pensaient qu’à suivre ces deux-là, tous se sont hypnotisés. Pendant ce temps, derrière, Márquez avait troqué ses bottes en caoutchouc pour celles de sept lieues et construisait sa victoire.

Au moment de tirer la leçon venue de Germanie, la question de la communication avec les stands a surgi. En conférence de presse, Michel Turco l’a clairement formulée au trio de tête. Marc Márquez, vainqueur, a écarté l’idée d’un dispositif radio dans son casque : « je n’en veux pas. Je ne me vois pas parler avec mes mécaniciens alors que je suis plein angle sur la moto. Nous ne sommes pas dans des voitures. Si vous mettez au point une bonne stratégie pour une telle course dans de telles conditions, vous gérez cette situation. J’ai appris de mon erreur en Australie en 2013 et depuis je fais de beaucoup de réunions avec mon équipe avant la course ».

Crutchlow est aussi allé dans le sens du refus avec le style qu’on lui connaît, promettant répondre à son patron, comme à sa femme, de manière aussi colorée qu’un Kimi Raikkönen en Formule 1 si on se mettait à lui parler pendant la course. Fin de série ? Non. Le troisième Dovizioso, n’est pas contre : « la radio aiderait à gérer certaines situations et dans un sens, ça serait un plus pour la sécurité. Mais bon, on n’est pas la Formule 1 et c’est peut-être mieux sans ».

De son côté, Valentino Rossi est clairement pour : « cela faciliterait bien des choses » a-t-il insisté sur GPone. « Ils ont beaucoup d’informations dans les stands et ils ne peuvent pas tout mettre sur le panneau. Par exemple dès Assen, si j’avais été informé sur ce qui se passait derrière moi, j’aurais pu éviter mon erreur. Ce serait important pour moi. On avait déjà essayé la radio il y a dix ans mais, depuis, rien n’a été fait ».

Alors, bientôt des ondes pour ne plus tomber dans le panneau ?
En tout cas, pas tant que le règlement l’interdit…