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La semaine dernière, les déclarations de Johann Zarco reprises par la presse au sujet du HRC se sont peu à peu transformées en « affaire Zarco » apte à faire bondir le plus timoré des fans de l’un des deux pilotes français en MotoGP.

Avant d’aborder purement le côté technique, reprenons la chronologie des faits  et apportons-y quelques éclaircissements nécessaires…

Le 22 août, en Hongrie, Johann Zarco déclarait à Canal+ : Jusqu’à présent, je me disais LCR / HRC, vu ce qu’on vit chez LCR, ça peut être très bien de rester chez LCR et continuer à grandir. Mais avec toute l’énergie investie, la 2e victoire à Suzuka, qui n’est pas rien et je vois que c’est très important pour Honda d’avoir créé encore plus de relations avec les Japonais, et bien j’ai eu vraiment le sentiment que, en fait, il faut que je sois pilote numéro un, j’ai envie d’être pilote numéro un. Et clairement il faut être au HRC pour être pilote numéro un, parce que malheureusement, et là j‘ai vu sur ces dernières courses qu’en restant LCR la position de pilote numéro un pour Honda, j’aurais du mal à l’avoir. C‘est un peu dommage mais du coup ça me pousse à penser que maintenant il faut viser le HRC et essayer d’aller chercher ça.” 

Il précisait ensuite :

Dans la foulée, il expliquait à notre envoyé spécial au Balaton Park : « Les officiels ont bien progressé, ils sont mieux depuis l’Autriche. Ils n’ont que des commentaires positifs. Moi, je stagne. On essaye différentes motos, et les sensations évoluent un peu. Mais rien de transcendant. Ils ont aussi eu des évolutions que je n’ai pas eu, notamment un bras oscillant et de l’aéro. C’est aussi pour ça que je veux le statut de pilote n°1. Malheureusement, chez LCR, je ne peux pas être le n°1, mais je pense qu’il y a de quoi l’être » .

Plus tard, il annonçait qu’il n’aurait pas les évolutions à Barcelone…

À part une poignée de personnes sur cette planète, personne ne sait ce qu’il y a écrit dans le contrat qui lie Johann Zarco au HRC. Mais au-delà de ce que l’on croit savoir, deux choses sont absolument certaines :

  • En MotoGP, la notion de pilote numéro 1 n’existe dans aucun contrat. Dans de rares cas, comme Fabio Di Giannantonio cette année, le contrat peut stipuler une moto d’un type différent de son coéquipier, mais « pilote n°1 » est plus une notion appartenant au passé lointain qu’une clause usitée actuellement.
  •  Autre certitude, le HRC respecte ce qu’il a signé. Les japonais sont des professionnels bardés d’avocats et, sans aucun doute, s’ils fournissent des pièces en priorité au team d’usine, c’est que Johann Zarco a signé un contrat laissant la place à cette éventualité.

Après, sur un plan uniquement sportif, on comprend très bien que le Français ait « les boules », au vu de son investissement et de ses résultats depuis son arrivée chez Honda.
On peut aussi comprendre, même si c’est moins glorieux, que les décisionnaires de Honda, sans doute Alberto Puig en tête, cherchent à faire progresser leurs résultats qui apparaissaient jusqu’à présent bien pauvres, à armes égales.

Du coup, peu importe les deux victoires aux 8 Heures de Suzuka, peu importe les résultats solides de « Jojo » en fer de lance de la firme de Tokyo, et tant pis, on n’oserait dire voire tant mieux, si le malheureux Johann Zarco est clairement déstabilisé par cette sorte de trahison éthique !

Ceci-dit, passons maintenant au plan technique, dans la mesure de nos maigres moyens…

Alberto Puig lui-même a listé les nouveaux composants dont disposent les pilotes officiels depuis l’Autriche : cadre, bras oscillant, évolution aérodynamique.

Le cadre.
Malgré nos documents photographique et ceux de Michelin, on ne verra ni l’ancien, ni le nouveau cadre.
Honda est connu pour baisser le volet du box dès que possible, et il est impossible de voir quoi que ce soit une fois les motos en piste…

Le bras oscillant.
Oui, Joan Mir a utilisé un bras oscillant en carbone en Autriche et en Hongrie.
Mais, à priori, pas Luca Marini.
Au vu des résultats, l’amélioration de la RC213V aurait donc pu venir de là en Autriche (Mir plus compétitif que Marini), avant que la situation ne s’inverse en Hongrie. Attendons Barcelone…

Evolution aérodynamique.
De ce que l’on peut voir, elle est vraiment minime. Tout est semblable, à l’exception des ailerons du carénage tête de fourche, un poil plus anguleux dans leur partie arrière et surplombant une petite proéminence du carénage.

On a évidemment du mal à croire que cette évolution aérodynamique minime ait pu faire bondir les Honda officielles à ce point…
La pièce maîtresse du progrès des Honda resterait donc le mystérieux cadre, qui devra par ailleurs faire maintenant ses preuves sur un tracé moins on/off que l’Autriche ou la Hongrie.

On verra à Barcelone ce que cela donne, en espérant que Johann Zarco n’y baisse pas les bras et, au contraire, y prenne le taureau par les cornes pour retrouver son ascendant habituel…

MotoGP Johann Zarco HRC

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