Fernando Alonso estime que la Formule 1 moderne s’est éloignée de l’essence même du pilotage avec des moteurs devenus trop artificiels et complexes. À Montréal, Alonso a livré une charge extrêmement sévère contre les nouvelles réglementations techniques et l’obsession de l’électrification en F1.
Alonso :« le monde pense que l’électrification est l’avenir »
À 44 ans, Fernando Alonso a connu presque toutes les générations modernes de la Formule 1. Les V10 rugissants, les V8 ultra agressifs, les débuts du turbo hybride… et désormais la nouvelle révolution technique 2026.
Et le verdict de l’Espagnol est brutal.
En marge du Grand Prix du Canada, le pilote de l’Aston Martin Aramco Formula One Team n’a pas mâché ses mots pour dénoncer la direction prise par la discipline ces dernières années.
« Nous avons perdu une décennie de pure course », a lancé Alonso, visiblement lassé par des monoplaces qu’il juge de plus en plus éloignées de l’ADN historique de la F1.
Et contrairement à ce que certains pourraient penser, cette colère ne vient pas simplement des difficultés actuelles d’Aston Martin en piste. Alonso cible beaucoup plus profondément la philosophie même des règlements hybrides modernes.
Pour l’Espagnol, les ajustements décidés récemment par la FIA, notamment le futur retour à davantage de puissance thermique dès 2027 ne régleront pas le problème de fond.
Selon lui, la Formule 1 est devenue une discipline où les pilotes passent davantage de temps à gérer batteries, récupération d’énergie et systèmes électroniques qu’à réellement attaquer.
« Cet ADN ne changera pas », estime Alonso. « On continue de privilégier une approche où il faut constamment gérer l’énergie plutôt que piloter naturellement. »
Le double champion du monde vise également l’obsession de l’électrification qui influence de plus en plus les décisions techniques de la FIA et des constructeurs.
« Le monde pense que l’électrification est l’avenir », explique-t-il. « Mais cela ne s’applique pas forcément à la course automobile. »
Pour Alonso, le sport automobile répond à une logique totalement différente de celle de l’industrie automobile traditionnelle. Et vouloir transformer la F1 en laboratoire technologique ultra-complexe ferait perdre au championnat ce qui le rendait unique.
L’Espagnol reconnaît toutefois un point positif : les dirigeants semblent enfin écouter les critiques répétées des pilotes concernant les moteurs 2026 et les nouvelles règles de gestion énergétique.
Mais dans le paddock, beaucoup commencent désormais à partager son inquiétude.
Ces derniers jours, Lewis Hamilton, Max Verstappen et Kimi Antonelli ont eux aussi critiqué publiquement les nouveaux groupes propulseurs, jugés trop artificiels et compliqués.
À Montréal, Alonso a simplement dit tout haut ce qu’une partie croissante du paddock pense désormais tout bas : la F1 moderne serait peut-être devenue trop technologique… au détriment de la course pure.






























